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L’Amour est dans le Pré : Karine Le Marchand Choquée par le Sort de la Laine

Dans le dernier portrait de L’Amour est dans le Pré, un éleveur révèle une pratique courante qui a scandalisé Karine Le Marchand : la laine finit directement à la poubelle. Pourquoi un matériau aussi précieux est-il jeté ? L’animatrice lance un cri du cœur…

Imaginez une matière douce, chaude, 100 % naturelle, renouvelable chaque année, capable d’isoler une maison en hiver et de réguler l’humidité… et pourtant jetée par tonnes dans des bennes ou brûlée. C’est la réalité que vivent de très nombreux éleveurs de moutons en France aujourd’hui. Une aberration qui a fait bondir d’indignation une animatrice que tout le monde connaît.

Quand la laine devient un déchet devant les caméras

Dans le troisième épisode des portraits de la saison 21 de L’Amour est dans le Pré, diffusé début février 2026, les téléspectateurs ont découvert Daniel, un éleveur d’ovins passionné qui complète ses revenus en tondant jusqu’à 150 moutons par jour pendant la saison. Un homme taiseux, habile de ses mains, habitué aux gestes précis et rapides. Mais c’est une phrase anodine, presque murmurée, qui a créé un véritable électrochoc dans le salon de milliers de Français.

Alors que Karine Le Marchand s’intéresse au sort de la toison une fois tondue, Daniel lâche, presque fataliste : la laine ne se vend plus, il n’y a plus de marché, alors on la jette. Silence. L’animatrice accuse le coup. Ses yeux s’écarquillent, sa voix monte d’un cran. Elle ne peut pas y croire.

« Mais c’est pas vrai ! Il faut relancer la filière, c’est un super isolant thermique… C’est scandaleux ! »

En quelques secondes, le ton léger de l’émission bascule vers une prise de conscience collective. Karine Le Marchand ne se contente pas d’exprimer sa stupeur : elle transforme son émotion en appel direct aux industriels, aux innovateurs, aux citoyens qui regardent l’émission.

Pourquoi la laine française finit-elle à la poubelle ?

Pour comprendre ce paradoxe, il faut remonter aux années 1990-2000. À cette époque, la concurrence des fibres synthétiques à bas coût (polyester, acrylique…) et l’arrivée massive de laine importée d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou d’Argentine ont fait s’effondrer les cours de la laine européenne. Les tondeurs français se sont retrouvés à vendre leur production à des prix dérisoires, parfois inférieurs au coût de la tonte elle-même.

Aujourd’hui, pour beaucoup d’éleveurs, le coût de la tonte dépasse largement ce que leur rapporte la laine. Résultat : ils paient un tondeur professionnel pour entretenir leurs animaux (par souci sanitaire et réglementaire), mais la toison part directement à la déchetterie ou est incinérée. Un non-sens écologique et économique absolument aberrant.

  • Coût moyen d’une tonte professionnelle en France : entre 3 et 6 € par mouton
  • Prix moyen payé pour 1 kg de laine brute en France : souvent entre 0,10 € et 0,50 €
  • Quantité moyenne de laine par mouton : 3 à 5 kg
  • Bilan financier pour l’éleveur : négatif dans la très grande majorité des cas

Face à ce constat, certains ont choisi de ne plus faire tondre du tout leurs brebis rustiques… au risque de graves problèmes sanitaires (mycoses, parasites, surchauffe). D’autres, comme Daniel, continuent de tondre mais considèrent la laine comme un déchet.

Les incroyables qualités oubliées de la laine

La laine est pourtant l’un des matériaux biosourcés les plus performants qui existent. Voici pourquoi elle mérite mieux que la poubelle :

  1. Isolation thermique exceptionnelle – jusqu’à 30 % supérieure à certains isolants minéraux
  2. Régulation hygrométrique – elle absorbe jusqu’à 30 % de son poids en humidité sans sensation d’humidité
  3. Matériau ignifugé naturellement – ne fond pas, dégage peu de fumée toxique
  4. Antibactérienne et anti-odeurs – grâce à la lanoline et à sa structure kératinique
  5. 100 % biodégradable et renouvelable chaque année

En bref, la laine coche presque toutes les cases d’un isolant écologique idéal pour la construction, la rénovation thermique et même les textiles techniques. Alors pourquoi continue-t-on à l’ignorer ?

Des initiatives existent… mais elles restent marginales

Partout en France, des groupements d’éleveurs, des petites entreprises, des artisans et quelques industriels tentent de redonner ses lettres de noblesse à la laine locale. On peut citer :

  • des filatures artisanales qui lavent, cardent et filent la laine française
  • des fabricants de panneaux et matelas isolants en laine de mouton
  • des créateurs textiles qui misent sur le « made in France » et la traçabilité
  • des collectes locales organisées par des associations ou des collectivités

Malheureusement ces structures manquent cruellement de volume pour faire baisser les coûts et devenir compétitives face aux importations. Il manque un véritable effet d’entraînement, une volonté politique forte et des investissements conséquents.

Et si l’émission devenait le déclencheur d’un changement ?

Le cri du cœur de Karine Le Marchand pourrait bien avoir un impact inattendu. L’émission réunit chaque lundi soir plusieurs millions de téléspectateurs. Ce n’est pas rien. Quand une personnalité aussi suivie pointe du doigt une aberration écologique aussi visible, cela crée une fenêtre d’opportunité.

Quelques heures après la diffusion, des messages ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux : des architectes, des ingénieurs, des entrepreneurs, des étudiants en écoles d’ingénieurs… tous se disent prêts à plancher sur le sujet. Certains proposent déjà des pistes concrètes : transformation en ouate de cellulose de laine, incorporation dans des bétons végétaux, création de feutres techniques pour l’automobile, etc.

« Je suis sûre qu’il y a des industriels qui nous écoutent. Si vous avez des idées et envie d’innover, il faut relancer cette filière. »

Karine Le Marchand – février 2026

Ce n’est pas la première fois que l’animatrice utilise sa notoriété pour alerter sur des sujets qui lui tiennent à cœur. Mais cette fois, le sujet touche à la fois l’écologie, l’agriculture, l’économie locale et le bon sens paysan. Un cocktail explosif.

Daniel, l’éleveur au cœur du débat

Au-delà du scandale de la laine, le portrait de Daniel a aussi ému par sa sincérité brute. L’homme a raconté sans fard comment sa vie a basculé du jour au lendemain. Un soir, après une longue journée de travail, il rentre chez lui et découvre une maison vide. Sa femme est partie avec leurs deux enfants, lassée par les horaires, l’isolement, le manque de perspectives communes.

Comme beaucoup d’agriculteurs solos qui participent à l’émission, Daniel cherche aujourd’hui une compagne qui accepte de partager cette vie atypique : lever tôt, dépendre de la météo, vivre loin des commodités, accepter les odeurs, les bruits, les imprévus.

Derrière l’image du tondeur expert se cache donc un homme blessé qui refuse pourtant de baisser les bras. Et c’est peut-être cette résilience qui rend son témoignage encore plus fort.

Que peut-on faire concrètement dès aujourd’hui ?

Si le sujet vous touche et que vous souhaitez agir à votre niveau, voici quelques pistes réalistes :

  • Repérer les artisans et industriels qui travaillent la laine française et les soutenir en achetant leurs produits
  • Parler de ce sujet autour de vous, partager l’information
  • Contacter votre député ou votre conseiller régional pour demander des aides ciblées à la filière laine
  • Si vous construisez ou rénovez, étudier sérieusement l’option des isolants en laine de mouton
  • Soutenir les collectes locales de laine quand elles existent près de chez vous

Chaque geste compte. Et parfois, c’est une émission grand public qui permet de faire bouger les lignes plus efficacement que des rapports officiels.

Un symbole plus large de l’agriculture française en difficulté

Le sort réservé à la laine n’est malheureusement qu’un symptôme parmi d’autres. Prix agricoles écrasés, charges qui explosent, normes environnementales toujours plus contraignantes sans compensation financière, concurrence internationale déloyale… les éleveurs ovins sont parmi les plus touchés.

Relancer une filière laine française dynamique et rentable serait donc un signal fort : oui, il est possible de produire autrement, de valoriser les ressources locales, de créer des emplois non délocalisables et de répondre aux attentes écologiques des consommateurs.

Et maintenant ?

Depuis la diffusion de l’épisode, plusieurs acteurs économiques ont déjà fait savoir qu’ils suivaient le dossier de près. Des discussions informelles ont débuté. Des start-ups spécialisées dans les matériaux biosourcés ont contacté des collectifs d’éleveurs. Rien n’est encore acté, mais une petite graine a été plantée.

Reste à savoir si elle donnera un arbre ou si elle finira, comme tant d’autres belles idées, oubliée au fond d’un tiroir. Une chose est sûre : grâce à un éleveur tondeur et à une animatrice qui n’a pas mâché ses mots, des centaines de milliers de Français ont soudainement pris conscience qu’un matériau formidable était en train de pourrir dans des bennes.

Et parfois, c’est exactement ce genre de déclic qui permet de faire bouger les montagnes.

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