Au cœur des tensions persistantes entre Israéliens et Palestiniens, une lueur d’espoir émerge. Selon des sources proches des négociations, le Hamas et le Fatah, mouvements palestiniens longtemps opposés, sont parvenus à un accord crucial concernant l’administration de la bande de Gaza au lendemain d’une guerre dévastatrice.
Un comité pour gérer l’après-guerre à Gaza
Cet accord, conclu sous l’égide de l’Égypte, prévoit la formation d’un comité de 10 à 15 personnalités indépendantes chargées de superviser les affaires humanitaires, l’éducation, la santé, l’économie et la reconstruction de Gaza. Le comité travaillera en coordination avec le gouvernement de l’Autorité palestinienne basé à Ramallah.
Le comité aura également la responsabilité d’administrer la partie palestinienne du point de passage de Rafah, seule ouverture de Gaza vers l’extérieur hormis Israël. Cet aspect revêt une importance cruciale pour l’acheminement de l’aide et la liberté de mouvement des Gazaouis.
Une situation humanitaire critique
L’annonce de cet accord intervient alors que la bande de Gaza fait face à une situation qualifiée d’« apocalyptique » par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le dernier conflit entre le Hamas et Israël a fait des ravages, causant la mort de plus de 44 000 Palestiniens, en majorité des civils, et de plus de 1 200 Israéliens.
La guerre a entraîné la mort de 1 208 personnes du côté israélien, majoritairement des civils, et d’au moins 44 466 Palestiniens, principalement des civils également.
– Selon des données compilées par l’AFP
Des pressions diplomatiques intenses
Cet accord s’inscrit dans un contexte de renouveau des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit, sous l’impulsion des États-Unis, en coordination avec le Qatar, l’Égypte et la Turquie. Washington exerce une pression intense sur les Palestiniens pour s’assurer que le Hamas ne joue aucun rôle à Gaza après la guerre, une condition fermement rejetée par le gouvernement israélien.
De son côté, le Hamas a exprimé ces derniers mois son souhait de ne pas avoir à gérer les affaires courantes de Gaza une fois les armes déposées. Cet accord semble donc répondre aux attentes des différentes parties, ouvrant la voie à une potentielle reconstruction et réconciliation.
Vers une validation par Mahmoud Abbas
Le projet d’accord doit désormais être validé par un décret du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Les délégations du Hamas et du Fatah, menées respectivement par Khalil al-Hayya et Azzam al-Ahmad, œuvrent en ce sens.
Si la route vers une paix durable semble encore longue et parsemée d’obstacles, cet accord représente néanmoins un pas significatif. Il témoigne d’une volonté partagée de mettre fin aux divisions et de se concentrer sur la reconstruction et l’avenir de Gaza et de ses habitants, durement éprouvés par des années de blocus et de conflits.
Reste à voir si cet élan saura se concrétiser sur le terrain, et si la communauté internationale sera au rendez-vous pour épauler Gaza sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation. Les prochaines semaines seront décisives pour jauger de la solidité de cet accord et de la réelle volonté de toutes les parties d’écrire une nouvelle page de l’histoire tourmentée de la bande de Gaza.