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La saison 2 de « Squid Game » arrive en plein chaos politique sud-coréen

La saison 2 de "Squid Game" sort dans un contexte de crise politique sans précédent en Corée du Sud. Cette dystopie résonnera-t-elle encore plus fort avec la réalité du pays ? Le réalisateur Hwang Dong-hyuk s'exprime...

La sortie imminente de la très attendue saison 2 de « Squid Game » crée des remous en Corée du Sud, alors que le pays traverse une période politique tumultueuse. Cette série phénomène, véritable raz-de-marée culturel, avait déjà marqué les esprits en 2021 avec sa vision glaçante d’une société rongée par les inégalités. Mais alors que de nouveaux épisodes s’apprêtent à déferler sur les écrans, la réalité semble rattraper la fiction de manière troublante.

Un pays au bord de l’implosion politique

Tout a basculé il y a quelques jours, lorsque le président Yoon Suk Yeol a décrété de manière soudaine et controversée la loi martiale. Cet acte désespéré, vivement contesté par l’opposition, a plongé le pays dans le chaos. Des scènes surréalistes se sont déroulées au Parlement, où des députés ont dû voter en urgence, sous la menace de soldats en armes, pour tenter d’invalider cette mesure extrême.

Depuis, le président se retrouve sur un siège éjectable, lâché par son propre camp qui cherche à gouverner sans lui. L’opposition, elle, crie au « coup d’État » et promet une destitution rapide via une motion. Dans les rues, la colère gronde et des manifestations massives se profilent. La Corée du Sud semble au bord du gouffre, déchirée par des luttes de pouvoir intestines.

La dystopie de « Squid Game » prend tout son sens

C’est dans ce contexte explosif que « Squid Game » s’apprête à faire son grand retour le 26 décembre prochain sur Netflix. Cette série choc, véritable phénomène planétaire, dépeint une société ultra-violente où les plus démunis sont réduits à s’entretuer dans des jeux mortels pour l’appât du gain. Une métaphore glaçante des dérives d’un système inégalitaire poussé à l’extrême.

Il est extrêmement malheureux et rageant que la nation ne puisse pas dormir à cause de circonstances aussi absurdes.

Hwang Dong-hyuk, réalisateur de « Squid Game »

Pour Hwang Dong-hyuk, le créateur de la série, cette saison 2 résonnera d’autant plus fort au vu des événements actuels. Lors d’une conférence de presse à Séoul, il s’est dit « abattu » face à cette crise qui secoue son pays. Selon lui, les Sud-Coréens devront passer le reste de l’année dans « l’anxiété, la peur et la dépression ». Des mots qui font étrangement écho à l’univers sombre et oppressant dépeint dans sa série.

De nouveaux personnages pour refléter une société en crise

Si le héros iconique Seong Gi-hun, magistralement interprété par Lee Jung-jae, sera de retour, la saison 2 introduira aussi son lot de nouveaux personnages. Parmi eux, un « expert en cryptomonnaies » criblé de dettes et une personne transgenre ne pouvant financer sa transition. Des profils qui illustrent les difficultés traversées par de nombreux Sud-Coréens marginalisés, en proie à une précarité grandissante.

Reste à savoir si cette nouvelle saison parviendra à capturer l’air du temps avec autant d’acuité que la première. Une chose est sûre : dans un pays au bord de l’implosion, gangrené par les divisions, « Squid Game » promet de faire résonner sa critique sociale avec une force redoublée. La fiction, miroir troublant d’une réalité de plus en plus dystopique.

Un vent de révolte souffle sur la Corée du Sud

Au-delà de l’univers de la série, c’est tout le secteur culturel sud-coréen qui semble en ébullition. Plus de 3000 cinéastes, parmi lesquels le réalisateur oscarisé de « Parasite » Bong Joon-ho, ont signé une tribune au vitriol accusant le président Yoon de mettre en péril le rayonnement du « Hallyu », cette vague culturelle coréenne qui déferle sur le monde depuis plusieurs années.

Pour les cinéastes sud-coréens, Yoon Suk Yeol n’est plus le président. Il n’est qu’un criminel pris en flagrant délit de trahison.

Extrait de la tribune des cinéastes

Des mots d’une rare violence qui témoignent du fossé béant qui se creuse entre le pouvoir et le monde de la culture. Comme si la dystopie de « Squid Game », où les puissants écrasent les faibles dans l’indifférence générale, était en train de contaminer la réalité. Un parallèle que Hwang Dong-hyuk souligne sans détour : pour lui, les spectateurs pourront retrouver dans la saison 2 « des scènes connectées aux conflits absurdes, aux divisions et aux bouleversements qui surviennent dans le pays ».

Alors que la Corée du Sud s’enfonce dans une crise politique et sociale d’une ampleur inédite, « Squid Game » s’annonce comme le miroir sans concession d’un pays au bord du point de rupture. Une œuvre coup de poing qui promet de faire écho, avec une intensité renouvelée, aux déchirements d’une société en plein questionnement. Rendez-vous le 26 décembre pour un nouvel électrochoc.

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