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La guarania, « l’âme du Paraguay », inscrite à l’Unesco

La guarania, cette musique romantique et mélancolique, vient d'être inscrite par l'Unesco au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Découvrez comment ce genre musical incarne l'âme et l'histoire du Paraguay, de sa culture métissée et du rôle clé de ses femmes. Une invitation au voyage...

Un rythme lent, doux, mélancolique… La guarania, ce genre musical emblématique du Paraguay, vient d’être inscrite par l’Unesco au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Véritable « bande sonore » et « âme » de ce pays d’Amérique du Sud, elle est le reflet de son histoire mouvementée, de sa culture métissée et du rôle central de ses femmes. Plongeons ensemble dans l’univers envoûtant de la guarania.

La naissance d’un genre musical romantique

C’est en 1925 que le jeune musicien José Asunción Flores, alors âgé de seulement 21 ans, crée la guarania. S’inspirant des ballades et canzonettas italiennes, il y insuffle les rythmes syncopés et polyrythmiques typiques de la musique populaire paraguayenne. Un savant mélange qui donne naissance à ces chansons romantiques, au tempo lent et à l’atmosphère mélancolique si caractéristiques.

Flores cherchait à capter certains états d’âme du peuple paraguayen, encore marqué par les tragédies passées. Les paroles, tantôt en espagnol, tantôt en guarani (la langue amérindienne parlée par 80% des Paraguayens), évoquent l’amour, la nature, les racines indigènes mais aussi et surtout les femmes, figures centrales de la société.

L’hommage aux femmes paraguayennes

Deux guaranias sont particulièrement révélatrices de cette célébration du rôle clé des femmes dans l’histoire et la culture du pays :

  • India, qui chante la beauté métisse de la femme paraguayenne, « déesse et panthère » à la fois.
  • Anahi, hommage à une jeune indigène héroïque, qui selon la légende se serait sacrifiée face aux conquistadors.

Il faut dire qu’après la terrible Guerre de la Triple Alliance (1864-1870) qui décima la population masculine, ce sont les femmes qui portèrent en grande partie le poids de la reconstruction nationale. Une époque charnière qui a façonné l’identité paraguayenne.

Un genre populaire et intemporel

Tout au long du XXe siècle, la guarania est restée extrêmement populaire au Paraguay. Certains « tubes » ont même été repris par des artistes internationaux comme Julio Iglesias ou Joan Manuel Serrat, parfois directement en guarani ! D’autres ont été adaptés en mode jazz, boléro ou musique tropicale, preuve de l’incroyable richesse de ce genre musical.

La guarania, c’est une terre promise, un paradis rêvé, fait d’espoirs et de vie. Une terre où naissent les fleurs, les passions fortes et les actes épiques, soit l’envers des tragédies passées.

Luis Szaran, chef d’orchestre et musicologue paraguayen

Avec son inscription au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité, c’est toute la richesse de la culture paraguayenne qui est mise à l’honneur. La guarania, bien plus qu’un simple genre musical, est une ode à la résilience et à la beauté d’un peuple qui a su transformer ses blessures en art. Une merveilleuse leçon de vie, en somme, qui méritait bien cette reconnaissance internationale.

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