Imaginez la scène. Vous venez de vous déchirer les ligaments du genou dans un contact violent. La douleur est insoutenable, votre saison est probablement terminée. Et pourtant, au lieu de vous effondrer, vous trouvez la force de vous relever, de patiner seul vers le banc… et d’offrir une assistance décisive sur le chemin. Ce n’est pas le scénario d’un film hollywoodien. C’est ce qui est arrivé à Kyle Palmieri lors d’un match de saison régulière entre les New York Islanders et les Philadelphia Flyers.
Le moment où tout bascule pour Kyle Palmieri
Deuxième période, UBS Arena. Les Flyers mènent au score et pressent haut. Palmieri, 33 ans, ailier droit expérimenté des Islanders, se bat pour récupérer un palet libre derrière sa cage. Un défenseur de Philadelphie le percute de plein fouet. Le genou gauche plie dans le mauvais sens. L’Américain reste au sol plusieurs secondes, le visage déformé par la douleur. Tout le monde comprend immédiatement que c’est grave.
Mais au lieu d’attendre les soigneurs, Palmieri se relève. Seul. Il sait qu’il ne pourra plus jouer, mais il refuse d’abandonner ses coéquipiers en infériorité numérique. Il entame alors sa longue traversée de la glace, direction le banc, en boitant lourdement.
L’improbable vol de palet qui change tout
Ce que personne n’avait prévu, c’est que le porteur du palet des Flyers, croyant Palmieri hors jeu, se retrouve dos à lui. L’ailier des Islanders, malgré la souffrance, voit l’opportunité. D’un ultime effort, il tend la crosse, chippe le palet dans le dos de l’adversaire, le récupère et le glisse immédiatement vers Jonathan Drouin.
Drouin lève la tête, voit Emil Heineman démarqué et le sert parfaitement. Le jeune attaquant ne tremble pas : tir puissant sous la barre. But. L’aréna explose. Et pendant que ses coéquipiers célèbrent, Palmieri, lui, continue son chemin vers les vestiaires, le visage fermé, conscient que son calvaire ne fait que commencer.
« Je voulais juste sortir de la glace pour ne pas laisser l’équipe à 4… je n’ai même pas réalisé que j’avais touché le palet avant de voir le but »
Kyle Palmieri, quelques heures après le match
Pourquoi cette action vaut officiellement une assistance
En NHL, la règle est claire : les deux derniers joueurs de l’équipe qui touchent le palet avant le buteur sont crédités d’une assistance, même s’ils sont blessés, même s’ils quittent la glace. Le simple fait que Palmieri ait dévié le palet vers Drouin suffit. Résultat : un point dans la feuille de match pour un joueur qui venait de se déchirer les ligaments croisés.
Cette règle, souvent méconnue du grand public, a déjà donné lieu à des situations cocasses par le passé. On se souvient de Mario Lemieux marquant un but en tombant dans le filet adverse, ou encore de joueurs crédités d’une assistance alors qu’ils étaient déjà sur le banc. Mais rarement avec une blessure aussi grave et une telle symbolique.
Six à huit mois d’absence : un coup dur pour les Islanders
Les examens passés le lendemain n’ont laissé aucun espoir : déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche. Entre six et huit mois d’arrêt minimum. À 33 ans, avec un contrat qui expire en 2026, cette blessure tombe au pire moment pour Palmieri, qui réalisait un excellent début de saison (12 points en 22 matchs).
Pour les Islanders, déjà en difficulté au classement, perdre leur vétéran expérimenté est un coup dur. Palmieri apportait du leadership, de la constance et surtout une présence dans les deux sens de la glace. Son absence va obliger le staff à revoir complètement ses lignes et probablement accélérer l’intégration de jeunes joueurs.
Ces autres moments où le hockey a écrit sa légende sur la douleur
Le hockey sur glace a toujours été un sport où la frontière entre courage et folie est mince. L’histoire de Palmieri rappelle inévitablement d’autres exploits réalisés dans la souffrance :
- 1964 : Bobby Baun marque le but victorieux en prolongation avec une jambe fracturée
- 2009 : Gregory Campbell termine son pénalty avec une jambe cassée
- 2011 : Patrice Bergeron joue la finale de la Coupe Stanley avec un poumon perforé
- 1993 : Mario Lemieux revient d’un cancer et domine la ligue
Palmieri s’inscrit désormais dans cette lignée. Pas par l’ampleur de l’exploit sportif, mais par ce qu’il représente : l’ADN même du hockey, ce mélange de résilience, d’instinct et d’abnégation.
La réaction des joueurs et du monde de la NHL
Dès la fin du match, les hommages ont afflué. Sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’action a dépassé les cinq millions de vues en 24 heures. Coéquipiers, adversaires, anciens joueurs : tous ont salué le cœur de Palmieri.
« C’est probablement l’action la plus “hockey” que j’ai vue de toute ma carrière »
Un vétéran de la ligue, sous couvert d’anonymat
Même les supporters des Flyers, pourtant vainqueurs ce soir-là (4-3 aux tirs au but), ont applaudi l’Américain dans l’enceinte. Un rare moment d’unité dans une rivalité historique.
Que réserve l’avenir à Kyle Palmieri ?
À bientôt 34 ans, la récupération ne sera pas évidente. Les déchirures du LCA chez les joueurs de plus de 30 ans laissent souvent des séquelles. Mais ceux qui connaissent Palmieri savent qu’il reviendra. Peut-être pas au même niveau immédiatement, mais avec la même hargne.
Son contrat court jusqu’en 2026, avec un salaire de 5 millions de dollars par saison. Les Islanders devront décider s’ils le conservent ou s’ils tentent de le transférer pour libérer de la masse salariale. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là.
En attendant, cette assistance improbable restera comme le symbole d’une carrière marquée par le travail et la disc089. Un point gagné dans la douleur, mais qui vaut bien plus que des statistiques.
L’image est déjà historique
Un joueur au sol, qui se relève.
Un genou détruit, qui trouve encore la force de voler un palet.
Une assistance offerte en quittant la glace pour toujours (ou presque).
Voilà ce qu’est le hockey.
Des années après sa retraite, on parlera encore de cette action. Pas parce qu’elle a changé le cours d’un match (les Islanders ont perdu), ni parce qu’elle a sauvé une saison. Mais parce qu’elle incarne tout ce que ce sport a de plus beau et de plus dur à la fois.
Prenez soin de vos genoux, messieurs. Et respect éternel à Kyle Palmieri.









