Imaginez un instant : un royaume déchiré par la mort soudaine d’un roi sans héritier direct, des prétendants prêts à tout pour s’emparer du trône, des alliances qui se nouent et se défont dans l’ombre des châteaux, des champs de bataille où le sort d’une nation se joue en une seule journée sanglante. Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle saison de fantasy épique, mais bien d’un chapitre bien réel de l’histoire européenne. Depuis le 12 février 2026, Canal+ nous invite à revivre cette période charnière avec King & Conqueror, une série qui fascine déjà les amateurs de grandes sagas historiques… et qui intrigue particulièrement les fans de Game of Thrones.
Pourquoi un tel engouement ? Parce que derrière les armures et les couronnes médiévales se cachent plusieurs visages familiers de Westeros. La question que tout le monde se pose est simple : King & Conqueror est-elle une sorte de successeur spirituel de la saga HBO ? La réponse est à la fois oui et non, et c’est précisément cette ambiguïté qui rend la série si captivante.
Plongée au cœur de l’année 1066 : quand l’Histoire devient épopée
L’intrigue de King & Conqueror se déroule en 1066, une année gravée dans le marbre de l’histoire anglaise. À la mort d’Édouard le Confesseur, le trône d’Angleterre se retrouve sans héritier légitime incontesté. Trois hommes revendiquent alors la couronne : Harald Hardrada, roi de Norvège, Harold Godwinson, puissant comte de Wessex, et Guillaume, duc de Normandie.
La série se concentre principalement sur le duel entre Guillaume et Harold. Pas de dragons, pas de marche blanche, pas de White Walkers. Ici, la magie est absente, remplacée par la cruauté bien réelle des ambitions humaines et des stratégies militaires de l’époque.
Un casting qui fait immédiatement écho à Westeros
Le premier lien évident avec l’univers de George R.R. Martin réside dans le casting. Nikolaj Coster-Waldau, inoubliable Jaime Lannister pendant huit saisons, incarne ici Guillaume de Normandie. L’acteur danois retrouve un rôle de guerrier charismatique, ambitieux, prêt à tout pour atteindre le pouvoir suprême.
Mais ce n’est pas tout. Face à lui, James Norton prête ses traits à Harold Godwinson. Si cet acteur n’est pas apparu dans Game of Thrones, il est loin d’être étranger à l’univers étendu de Westeros : il rejoindra prochainement le casting de la saison 3 de House of the Dragon dans le rôle d’Ormund Hightower, un personnage clé dans la guerre civile targaryenne.
Ces deux présences ne sont pas anodines. Elles créent immédiatement un pont émotionnel pour les spectateurs qui ont suivi les intrigues de pouvoir à Port-Réal ou à Peyredragon. On retrouve cette même tension palpable, ces mêmes regards qui en disent long, cette même façon de porter la cape et l’épée.
Fantasy vs Histoire : les vraies différences
Malgré ces visages familiers, King & Conqueror ne cherche pas à imiter Game of Thrones. Là où la série HBO multipliait les intrigues parallèles sur plusieurs continents, ici l’action reste centrée sur l’Angleterre et la Normandie. L’intrigue est linéaire, ancrée dans des événements documentés.
Autre différence majeure : l’absence totale de surnaturel. Pas de prophéties, pas de visions, pas de marche blanche. La cruauté existe, mais elle est humaine, politique, militaire. Les trahisons sont motivées par l’ambition, la peur ou la loyauté, jamais par une quelconque magie noire.
« C’est l’Histoire elle-même qui est suffisamment dramatique et cruelle pour ne pas avoir besoin d’y ajouter des éléments fantastiques. »
Créateur de la série
Cette volonté de rester fidèle aux sources historiques donne à la série une authenticité que certains spectateurs apprécient particulièrement après les dernières saisons controversées de Game of Thrones.
Les thèmes communs qui créent le lien émotionnel
Même sans dragons, plusieurs thèmes chers aux fans de Westeros sont bel et bien présents :
- La question de la légitimité du pouvoir : qui a vraiment le droit de régner ?
- Les successions contestées et les serments brisés
- Les alliances familiales et les mariages stratégiques
- La place des femmes dans un monde dominé par les hommes de guerre
- La brutalité des champs de bataille et leurs conséquences humaines
- Le poids écrasant de l’ambition personnelle sur le destin d’un peuple
Ces éléments créent une résonance immédiate chez les spectateurs habitués aux intrigues des Lannister, des Stark, des Targaryen ou des Baratheon.
Une réalisation soignée qui évoque les grandes heures de HBO
Visuellement, King & Conqueror n’a pas à rougir face aux productions les plus ambitieuses. Les costumes sont d’une grande précision historique, les décors restituent parfaitement l’atmosphère du XIe siècle, et les scènes de bataille promettent d’être impressionnantes.
La série adopte un format de huit épisodes d’environ 50 minutes, diffusés à raison de deux par semaine chaque jeudi sur Canal+. Ce rythme permet de développer correctement les personnages et les intrigues sans tomber dans la dilution que l’on a parfois reprochée à certaines productions récentes.
Pourquoi cette série arrive au bon moment
En 2026, le public semble avoir besoin d’un retour aux sources. Après plusieurs années marquées par des reboots, des remakes et des préquels fantastiques, une série historique ambitieuse qui ne cherche pas à singer les codes de la fantasy apparaît presque comme une bouffée d’air frais.
Le succès récent de productions comme Vikings: Valhalla, The Last Kingdom ou Barbarians prouve que le genre historique médiéval reste extrêmement populaire lorsqu’il est traité avec sérieux et ambition.
King & Conqueror s’inscrit parfaitement dans cette vague, tout en y apportant sa touche particulière grâce à son casting prestigieux et son ancrage dans un moment précis et décisif de l’histoire européenne.
Ce que les premiers retours disent de la série
Les premiers épisodes ont globalement été bien accueillis. Les spectateurs saluent particulièrement :
- La performance de Nikolaj Coster-Waldau, qui réussit à faire oublier Jaime Lannister pour imposer un Guillaume complexe et fascinant
- L’alchimie entre les deux acteurs principaux
- La reconstitution historique soignée
- Le rythme soutenu qui ne laisse que peu de temps mort
- La tension politique permanente
Certains regrettent cependant que la série ne prenne pas plus de risques narratifs, restant très fidèle aux événements connus plutôt que de proposer une relecture plus audacieuse.
Un pont entre deux mondes : historique et fantastique
Finalement, King & Conqueror ne cherche pas à être un clone de Game of Thrones, mais plutôt à occuper le même espace émotionnel chez le spectateur : celui des grandes fresques où le pouvoir se gagne à la pointe de l’épée, où les destins individuels s’entremêlent avec celui des nations, où chaque décision peut changer le cours de l’histoire.
En réunissant des acteurs emblématiques de l’univers de Westeros, la série crée un pont naturel entre ces deux mondes : le fantastique médiéval imaginé par George R.R. Martin et l’histoire réelle du XIe siècle. Ce pont est d’autant plus intéressant qu’il fonctionne dans les deux sens : les fans de Game of Thrones découvrent l’événement historique qui a inspiré tant d’intrigues de succession dans la saga, tandis que les amateurs d’histoire pure peuvent retrouver le plaisir de suivre des personnages charismatiques portés par des acteurs qu’ils connaissent déjà.
Perspectives pour la suite
Si la première saison est bien accueillie, il est probable que Canal+ envisage une suite. L’histoire de Guillaume le Conquérant ne s’arrête pas à la bataille d’Hastings. Sa consolidation du pouvoir, les révoltes anglaises, la construction de la Tour de Londres, les relations avec l’Écosse et le Pays de Galles, sans oublier les tensions avec la France… le matériau narratif ne manque pas pour plusieurs saisons supplémentaires.
De plus, le lien avec House of the Dragon via James Norton pourrait créer une synergie intéressante entre les deux séries, même si elles appartiennent à des univers différents.
Conclusion : une série à ne pas manquer pour les amateurs d’épopées
Que vous soyez fan inconditionnel de Game of Thrones à la recherche de nouveaux visages familiers, amateur d’histoire médiévale ou simplement curieux de découvrir une grande fresque épique ancrée dans des faits réels, King & Conqueror mérite clairement votre attention.
Dans un paysage audiovisuel saturé de suites, de reboots et de remakes, cette série rappelle avec force qu’il existe encore des histoires vraies suffisamment puissantes pour captiver sans avoir recours aux artifices du fantastique. Et parfois, la réalité historique est bien plus fascinante que la fiction la plus élaborée.
Alors, prêts à remonter le temps jusqu’en 1066 pour assister à la naissance d’une nouvelle Angleterre ? Les jeudis soirs sur Canal+ promettent d’être intenses.
À retenir : King & Conqueror n’est pas la suite de Game of Thrones, mais une série historique qui partage avec elle plusieurs acteurs clés et une même passion pour les luttes de pouvoir sans compromis. Un mélange parfait pour les amateurs de grandes sagas où l’ambition humaine tient lieu de seule magie.
Maintenant que vous connaissez les véritables liens entre ces deux univers, il ne vous reste plus qu’à vous installer confortablement et à laisser l’Histoire vous raconter sa version des faits. Et croyez-nous, elle n’a rien à envier aux plus grandes fictions.









