Imaginez : vous revenez d’un voyage de rêve en Tanzanie, le cœur rempli d’émotions fortes, prêt à partager les plus beaux moments avec vos abonnés… et patatras, en quelques heures votre publication devient le centre d’une tempête médiatique. C’est exactement ce qui est arrivé récemment à Kamila et Noré, deux visages bien connus des amateurs de télé-réalité.
Ce couple, révélé au grand public grâce à l’émission Secret Story, n’en est pas à son premier bad buzz. Mais cette fois, l’affaire prend une toute autre dimension, mêlant voyage touristique, respect des cultures, accusations graves et défense passionnée.
Quand un safari se transforme en polémique internationale
Le couple avait décidé de s’offrir une parenthèse enchantée loin du tumulte français. Destination : la Tanzanie, ses paysages grandioses, sa faune exceptionnelle et surtout la rencontre avec le peuple Massaï, l’une des communautés les plus emblématiques d’Afrique de l’Est.
Ce qui devait être un partage bienveillant s’est rapidement retourné contre eux. Deux séquences en particulier ont mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux.
La fameuse vidéo avec Waka Waka en fond sonore
La première montre des guerriers Massaï exécutant leur danse traditionnelle, sauts impressionnants et chants puissants. Jusque-là, rien d’anormal pour un touriste qui souhaite immortaliser une expérience authentique.
Le problème ? Kamila a choisi de monter cette séquence avec le célèbre titre Waka Waka de Shakira, hymne officiel de la Coupe du Monde 2010. Pour beaucoup d’internautes, ce choix relève du cliché colonial le plus éculé : superposer une musique pop occidentale ultra-connue sur une pratique culturelle africaine ancestrale.
« C’est une horreur, on dirait un numéro de cirque avec une bande-son de supermarché »
Commentaire anonyme très partagé
Les réactions ne se sont pas fait attendre et ont rapidement dépassé le simple désaccord esthétique pour glisser vers des accusations beaucoup plus graves.
La lionne sans crocs ni griffes : le symbole qui fâche
Une seconde vidéo montrait le couple marchant devant une lionne visiblement très calme, presque apathique. Plusieurs personnes ont immédiatement dénoncé une mise en scène touristique douteuse, évoquant des animaux drogués ou carrément édentés pour garantir la sécurité des visiteurs.
Cette image a cristallisé les critiques : celle d’un tourisme de luxe qui transforme la sauvagerie africaine en décor de carte postale, au détriment du respect animal et humain.
Le cocktail était explosif : musique cliché + animal potentiellement maltraité + couple de télé-réalité déjà clivant = bad buzz puissance 10.
Un précédent qui avait déjà chauffé les esprits
Il faut dire que Kamila et Noré n’arrivaient pas sur ce terrain polémique sans antécédents. Quelques semaines plus tôt, leur célébration d’Halloween avait déjà provoqué une levée de boucliers au sein d’une partie de leur communauté.
- Costumes d’écolière pour la mère et la fille
- Costume de squelette pour le père et le fils
- Nombreux commentaires dénonçant une fête « occulte » incompatible avec la religion musulmane
Certains abonnés avaient alors été très clairs :
« Apprenez à vos enfants à se préparer pour la prière du vendredi plutôt que de fêter Halloween »
Ce premier couac avait déjà fragilisé leur image auprès d’une frange de leur audience. La vidéo tanzanienne n’a donc fait qu’amplifier un ressentiment déjà latent.
La réponse de Kamila : entre colère et incompréhension
Face à la violence des commentaires, Kamila a choisi de s’exprimer directement sur TikTok dans une vidéo devenue virale. Son ton oscille entre l’indignation et la blessure profonde.
Elle commence par rappeler l’état d’esprit dans lequel elle avait abordé ce voyage : bienveillance, joie, envie de découverte sincère. Des mots qui contrastent fortement avec les accusations qu’elle reçoit.
« Ça me met hors de moi d’être traitée de colonisatrice alors que j’étais remplie d’amour et de respect »
Kamila dans sa vidéo TikTok
Elle affirme ensuite que l’idée de mettre de la musique sur la danse traditionnelle serait venue directement des Massaï eux-mêmes, et non d’une volonté de « dénaturer » leur culture.
Cette précision est-elle suffisante pour calmer les esprits ? Rien n’est moins sûr. Beaucoup d’internautes estiment que, même avec la meilleure intention du monde, certaines images et associations restent problématiques à l’ère des questionnements post-coloniaux.
Un débat plus large sur le tourisme et les réseaux sociaux
Au-delà du cas particulier de Kamila et Noré, cette affaire pose des questions de fond sur la manière dont les influenceurs voyagent et partagent leurs expériences.
Comment filmer une rencontre avec une communauté traditionnelle sans tomber dans le folklorisme ? Où se situe la frontière entre hommage et appropriation culturelle ? Les réseaux sociaux permettent-ils encore l’authenticité ou imposent-ils une forme de mise en scène permanente ?
Autant de questions que se posent aujourd’hui de nombreux créateurs de contenu confrontés à une audience de plus en plus vigilante et exigeante sur ces sujets.
Le rôle ambigu de la musique dans les vidéos de voyage
Le choix de Waka Waka n’est pas anodin. Ce titre, bien qu’incontestablement africain dans ses racines (il s’inspire fortement de la chanson « Zangalewa » du Golden Sounds camerounais), a été mondialisé et occidentalisé par Shakira et la FIFA.
En le superposant à une danse traditionnelle, Kamila a peut-être voulu créer un pont joyeux entre deux cultures. Mais pour beaucoup, elle a surtout illustré la tendance à réduire l’Afrique à quelques symboles pop culture, aussi festifs soient-ils.
Ce choix musical pose donc la question plus générale de la bande-son dans les vlogs de voyage : faut-il privilégier la musique locale au risque de manquer de dynamisme, ou peut-on utiliser des titres connus au risque de dénaturer l’expérience ?
La responsabilité des influenceurs face à la culture animale
La séquence avec la lionne a également rouvert le débat sur l’éthique du tourisme animalier en Afrique. De nombreux sanctuaires et réserves sont accusés de maltraitance déguisée pour attirer les visiteurs fortunés.
- Promener des touristes devant des lions drogués
- Organiser des rencontres avec des guépards « apprivoisés »
- Proposer des balades à dos d’éléphant
- Montrer des animaux dans des conditions déplorables
Autant de pratiques qui, même si elles ne sont pas forcément présentes dans le cas du couple, sont devenues des symboles forts des dérives du tourisme de masse en Afrique.
Et maintenant ? Vers une réconciliation ou un divorce définitif avec une partie de leur audience ?
Pour l’instant, la situation reste tendue. Kamila et Noré ont perdu une partie de leur communauté, mais en ont certainement gagné une autre, celle qui apprécie leur franchise et leur refus de se plier à la « cancel culture ».
Le couple saura-t-il rebondir et transformer cette crise en moment d’apprentissage ? Continueront-ils à partager leur vie sans filtre malgré les critiques ? Ou vont-ils désormais davantage filtrer leurs publications ?
Une chose est sûre : dans le monde ultra-connecté de 2026, chaque publication est un risque, chaque voyage un potentiel tribunal populaire. Les influenceurs le savent, et pourtant ils continuent. Preuve que le besoin de partage reste plus fort que la peur du bad buzz.
Dans cette affaire, comme dans beaucoup d’autres, la frontière est ténue entre maladresse sincère et comportement réellement problématique. À chacun de se faire son opinion. Une chose est certaine : Kamila et Noré ne laisseront personne indifférent.
Et vous, quel est votre point de vue sur cette histoire ? Avez-vous déjà été choqué par une vidéo de voyage d’influenceur ? Le débat reste ouvert…









