Imaginez-vous sur un parcours floridien baigné de soleil, avec la pression immense d’un tournoi qui peut changer une carrière. C’est exactement ce que vit Julien Brun en ce début d’année 2026. Le golfeur antibois, âgé de 33 ans, est devenu le dernier représentant français dans la course aux cartes du LIV Golf, ce circuit controversé financé par l’Arabie saoudite.
Julien Brun, un parcours de combattant vers le LIV Golf
Invité de la dernière minute à ce tournoi de qualifications baptisé LIV Golf Promotions, Julien Brun a su saisir sa chance dès le premier tour. Parti du trou numéro 10, il a pourtant commencé par un bogey qui aurait pu le déstabiliser. Mais sa réaction immédiate, avec deux birdies consécutifs, a montré toute sa résilience.
Ce début mouvementé s’est ensuite stabilisé. Le Français a alterné birdies et bogeys avec une régularité qui lui a permis de rendre une carte de 69, soit un coup sous le par. Une performance suffisante pour se classer 19e et décrocher l’une des vingt places qualificatives pour la suite.
Ce résultat prend une saveur particulière quand on sait que Brun a perdu sa carte pleine sur le DP World Tour pour la saison 2025. Rejoindre le LIV représenterait donc une opportunité majeure de relancer sa carrière au plus haut niveau, avec les moyens financiers et la visibilité qu’offre ce circuit.
Les autres Français éliminés dès le premier obstacle
Malheureusement, l’aventure s’est arrêtée prématurément pour les trois autres Tricolores engagés. Alexander Levy, qui semblait pourtant bien parti avant le dernier trou, a connu un véritable cauchemar sur le 18 avec un triple bogey. Ce coup du sort l’a relégué à la 46e place avec un score de +2.
Clément Sordet a frôlé la qualification. Son score final à la normale l’a placé 30e, à un seul coup du cut. Une frustration immense pour celui qui espérait lui aussi décrocher une porte d’entrée vers le circuit saoudien.
Pierre Pineau, quant à lui, a connu une journée plus compliquée. Avec une carte de +5, il termine à la 59e position, loin des places qualificatives. Ces éliminations précoces soulignent la difficulté extrême de ce tournoi où la moindre erreur se paie cash.
Comment fonctionne le LIV Golf Promotions ?
Pour bien comprendre l’enjeu, il faut connaître le format particulier de ces qualifications. Le premier tour réunissait 60 joueurs qui devaient se disputer 20 places (et ex aequo) pour le tour suivant. Julien Brun a réussi cet écueil, mais tout reste à faire.
Ce vendredi, les compteurs sont remis à zéro. Les 29 joueurs qualifiés du premier tour (20 du départ plus 9 ex aequo) sont rejoints par 18 concurrents exemptés. Soit un total de 47 golfeurs qui repartent sur un pied d’égalité pour une nouvelle journée décisive.
À l’issue de ce deuxième tour, seuls les 20 premiers (et ex aequo) obtiendront leur ticket pour le troisième et dernier tour. C’est à ce stade final que trois joueurs décrocheront leur place pleine sur le LIV Golf pour la saison à venir.
Les trois heureux élus intégreront directement le circuit et rejoindront des stars comme Jon Rahm, Brooks Koepka ou encore le Français Victor Perez, seul Tricolore actuellement membre à plein temps du LIV.
Pourquoi le LIV Golf fait autant parler
Depuis son lancement, le LIV Golf divise profondément le monde du golf professionnel. Financé par le fonds souverain saoudien, il propose des contrats astronomiques et un format innovant : 54 trous, départ en shotgun, équipes, moins de cuts et des prize money records.
Cette disruption a attiré de nombreux grands noms, mais elle a aussi créé des tensions avec les circuits traditionnels comme le PGA Tour et le DP World Tour. Les joueurs ayant rejoint le LIV ont longtemps été exclus des tournois majeurs, même si des accords récents ont assoupli certaines règles.
Pour un joueur comme Julien Brun, l’attrait est évident : stabilité financière, calendrier allégé et opportunité de jouer contre les meilleurs. Mais cela implique aussi de tourner le dos, au moins partiellement, au circuit européen où il a construit sa carrière.
Le profil de Julien Brun : un talent expérimenté
À 33 ans, Julien Brun n’est pas un novice. Professionnel depuis 2013, il a connu des hauts et des bas sur le circuit européen. Son meilleur classement mondial a été autour de la 150e place, et il compte plusieurs top 10 sur le DP World Tour.
Son jeu solide et régulier, combiné à une excellente gestion mentale, fait de lui un candidat sérieux pour ces qualifications. Sa capacité à rebondir après un mauvais départ, comme lors de ce premier tour, démontre une maturité précieuse dans ce genre de compétition sous pression.
Si Brun parvient à décrocher sa carte, il rejoindrait Victor Perez comme deuxième Français sur le LIV. Un duo tricolore qui pourrait redonner de la visibilité au golf français sur la scène mondiale, dans un circuit qui attire de plus en plus l’attention médiatique.
La concurrence féroce attendue ce vendredi
Le deuxième tour s’annonce encore plus disputé. L’arrivée des 18 joueurs exemptés va considérablement durcir le champ. Ces golfeurs, souvent mieux classés ou ayant des résultats récents plus solides, partent avec un avantage psychologique.
Julien Brun devra reproduire, voire améliorer, sa performance de la veille. Une carte dans les 68 ou 67 pourrait être nécessaire pour rester dans le top 20. La moindre erreur pourrait être fatale, comme l’ont appris à leurs dépens Levy, Sordet et Pineau.
Le parcours floridien, avec ses fairways généreux mais ses greens piégeux, demandera précision et patience. Les conditions météo, souvent idéales en cette saison, pourraient aussi favoriser les scores bas et augmenter la pression sur les leaders.
Et si Julien Brun réussissait l’exploit ?
Une qualification pour le LIV changerait radicalement la trajectoire de carrière de Julien Brun. Outre l’aspect financier, il bénéficierait d’un calendrier réduit (14 tournois environ) qui lui laisserait plus de temps pour travailler son jeu et sa vie personnelle.
Il pourrait aussi participer aux tournois majeurs, le LIV ayant obtenu des points au classement mondial depuis 2024. Jouer régulièrement contre les meilleurs mondiaux serait un formidable tremplin pour retrouver un classement élevé.
Enfin, sa présence renforcerait la délégation française sur le circuit saoudien aux côtés de Victor Perez. Un signe fort pour le golf tricolore qui, malgré des talents réguliers, peine à s’imposer durablement au plus haut niveau mondial.
Tout reste possible en ce début 2026. Julien Brun a déjà franchi un premier cap important. Reste à confirmer lors des deux prochains tours pour transformer ce rêve en réalité. Le golf français retient son souffle.
Suivez les prochaines journées du LIV Golf Promotions avec attention. Le parcours de Julien Brun pourrait marquer un tournant pour le golf français sur la scène internationale.
En attendant, une chose est sûre : le golfeur antibois a prouvé qu’il avait le mental et le jeu pour rivaliser dans ce genre de compétition à haut enjeu. Espérons que la suite lui soit favorable.









