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Johannes Klaebo : Légende des JO 2026 et Rendez-vous 2030

Avec six titres en six courses aux JO 2026, Johannes Klaebo entre dans la légende. À 29 ans, le Norvégien n’est pas rassasié et promet déjà d’être là en 2030 pour affronter le Français Mathis Desloges. Qui pourra l’arrêter ?

Imaginez un athlète qui remporte absolument toutes les épreuves auxquelles il participe lors des plus grands rendez-vous planétaires. Six courses, six victoires, onze médailles d’or olympiques au total en carrière. Le 23 février 2026, au lendemain de la cérémonie de clôture des Jeux de Milan-Cortina, un homme a réalisé cet exploit qui semblait presque irréel : Johannes Klaebo.

Le Norvégien n’a pas seulement dominé le ski de fond, il l’a réinventé sous nos yeux ébahis. À seulement 29 ans, il possède déjà un palmarès qui défie l’entendement. Pourtant, quand on l’écoute parler, on sent que la faim est toujours là, intacte, presque dévorante. Et dans quatre ans, il a déjà donné rendez-vous à la planète : les Alpes françaises en 2030.

Un sextuplé qui marque l’histoire à jamais

Terminer une quinzaine olympique avec six titres sur six départs n’est pas une performance. C’est une démonstration de supériorité absolue. Johannes Klaebo n’a laissé aucune miette à ses adversaires : sprint classique, sprint libre, skiathlon, relais, 15 km classique individuel et enfin le mythique 50 km classique en clôture. Chaque course a vu le même scénario se répéter : une accélération décisive dans les derniers hectomètres, un finish impitoyable.

Ce qui frappe le plus, c’est sa capacité à rester frais mentalement et physiquement malgré l’enchaînement infernal. Là où d’autres auraient craqué sous la pression ou la fatigue, lui semblait presque s’amuser. Après la dernière ligne franchie sur le 50 km, il s’est effondré dans la neige, mais son sourire disait tout : il savait qu’il venait d’écrire l’une des plus belles pages du sport d’hiver.

Comment expliquer une telle domination ?

Le secret réside dans une préparation méticuleuse et une obsession du détail. Klaebo ne laisse rien au hasard. Les stages d’altitude à Livigno, les voyages aux États-Unis, les choix de fartage, la gestion du sommeil, tout est calibré au millimètre près. Mais au-delà de la science, il y a aussi une mentalité hors norme.

Il explique lui-même que ce qu’il préfère, c’est cette sensation unique dans les 200 derniers mètres, quand il sent que la victoire est inéluctable. Ce mélange d’adrénaline, de puissance et de certitude absolue est devenu sa drogue. Et il n’est visiblement pas prêt à se sevrer.

« Ce que j’aime, c’est ressentir cette émotion et ce plaisir immense dans les 200 derniers mètres, quand je sais que je vais gagner. C’est le sentiment que tout le monde recherche. C’est juste du pur plaisir. »

Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit du bonhomme. Pour lui, la victoire n’est pas une finalité, c’est un shoot d’émotion qu’il recherche encore et encore.

Un homme qui refuse la routine

Dans un sport aussi exigeant que le ski de fond, où la saison dure huit mois et où chaque week-end peut compter trois courses, la routine guette. Klaebo en est conscient. L’an dernier, il avait passé 150 jours loin de chez lui avec son père, dans une bulle quasi monacale. Résultat : un sextuplé aux Mondiaux de Trondheim. Mais cette année, il a changé de braquet.

Il a ouvert la porte à plus de monde autour de lui, injecté de la fraîcheur dans son entourage. Des énergies nouvelles, des discussions différentes, des rires aussi. Ce changement d’atmosphère l’a visiblement aidé à rester affûté mentalement jusqu’au bout des Jeux.

Preuve que même les plus grands ont besoin de variété pour continuer à performer au plus haut niveau.

La peur de l’imprévu, son seul vrai adversaire

Derrière le masque impassible qu’il arbore en interview, Johannes Klaebo avoue avoir peur. Pas peur de perdre – perdre fait partie du jeu – mais peur de ne pas pouvoir prendre le départ. Une grippe, un rhume mal placé, une chute à l’entraînement… Ce sont ces aléas qui l’angoissent le plus.

Des milliers d’heures de travail peuvent être anéanties en quelques heures par un virus. Cette crainte le pousse à être encore plus rigoureux sur l’hygiène de vie, le sommeil, l’alimentation. C’est aussi pour cela qu’il reste souvent dans sa bulle pendant les compétitions : il protège son organisme comme un trésor.

2030 dans le viseur : « Mathis Desloges sera l’homme à battre en France »

Alors que la flamme olympique passait symboliquement à la délégation des Alpes 2030 lors de la cérémonie de clôture, Klaebo n’a pas hésité une seconde. Il veut être là. Dans quatre ans, sur les pistes françaises, il compte bien remettre son dossard et défendre ses titres.

Et il a déjà identifié celui qui pourrait devenir son principal opposant tricolore : Mathis Desloges. Le jeune Français, qui a signé plusieurs performances remarquables ces dernières saisons, est en pleine ascension. Klaebo le suit de près et ne cache pas son respect.

« J’espère le voir là-bas. Il sera l’homme à battre en France. Il va falloir bien nous préparer. Mon plan est de repartir pour quatre ans en vue des Jeux de 2030 en France. »

Cette phrase n’est pas anodine. Elle place déjà Desloges comme le grand espoir bleu-blanc-rouge pour 2030. Et elle montre que Klaebo ne sous-estime personne. Même s’il domine outrageusement, il reste lucide et sait que les jeunes générations progressent très vite.

Transmettre l’héritage norvégien

La Norvège est une nation reine du ski de fond depuis des décennies. Des légendes comme Bjørn Dæhlie, Marit Bjørgen, Petter Northug ont pavé la voie. Aujourd’hui, Klaebo se sent investi d’une mission : transmettre ce savoir-faire aux plus jeunes.

Dans le groupe norvégien, il n’hésite pas à partager son expérience, à expliquer ses choix, à donner des conseils. Il sait que la relève arrive et que certains d’entre eux seront bientôt capables de le défier. C’est une pression qu’il accepte volontiers, car elle maintient tout le monde à un niveau exceptionnel.

Et après ? La question que tout le monde se pose

Avec onze titres olympiques à 29 ans, que peut-on encore accomplir ? Klaebo botte en touche avec élégance. Il explique qu’il a besoin de temps pour digérer ce qu’il vient de vivre. Mais une chose est sûre : il n’envisage pas d’arrêter de sitôt.

« Je continuerai à skier tant que cela me procurera du plaisir. Pour l’instant, c’est vraiment le cas et c’est tout simplement incroyable. »

Il rappelle aussi que d’autres grands athlètes ont continué à performer après 30 ans. Rien n’interdit donc d’imaginer Klaebo encore au sommet en 2034, voire au-delà. Mais pour l’instant, son cap est clair : 2030, les Alpes, et une nouvelle quête de médailles.

Un champion qui reste humain

Malgré sa démesure sportive, Johannes Klaebo cultive une simplicité désarmante. Il refuse de jouer un rôle, de surjouer les émotions devant les caméras. Il préfère partager ses vrais sentiments avec son cercle proche : famille, amis, entraîneurs.

Cette authenticité plaît. Elle explique aussi pourquoi il est devenu une icône mondiale du sport d’hiver. On sent qu’il reste proche de l’enfant qu’il était, celui qui rêvait de ski de fond et qui dévorait les vidéos des grands champions.

En lançant très tôt sa chaîne YouTube avec ses coéquipiers, il a voulu montrer les coulisses, les galères, les doutes. Aujourd’hui, il se réjouit de voir que le grand public commence enfin à comprendre l’énormité de ce que réalisent les fondeurs de haut niveau.

La France peut-elle rêver de le battre un jour ?

Mathis Desloges est actuellement le Français le plus proche de son niveau. À plusieurs reprises ces dernières années, il a terminé sur le podium derrière le Norvégien. Il a même déclaré après l’une de ces courses : « Un jour, je l’aurai ! »

Klaebo sourit quand on lui rapporte ces mots. Il les prend comme un défi positif. Il sait que la rivalité fait progresser tout le monde. Et il semble presque impatient de croiser à nouveau le fer avec le Bleu dans quatre ans, sur des terres françaises.

En attendant, le ski de fond vit une période dorée. La télévision diffuse de plus en plus de données (vitesse, pourcentage des montées, watts produits), ce qui aide le grand public à saisir l’intensité de chaque effort. Résultat : l’audience explose, les stades sont pleins, les réseaux sociaux s’enflamment.

Et au centre de ce tourbillon, il y a un homme discret, au sourire timide, qui continue de repousser les limites de son sport.

Alors oui, Johannes Klaebo est déjà une légende. Mais il n’a pas fini d’écrire son histoire. 2030 approche à grands pas, et quelque chose nous dit que les Alpes françaises vont trembler à nouveau sous ses skis.

Le compte à rebours est lancé.

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