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JO 2026 : Greenpeace Dénonce les Sponsors Pétroliers

Des militants Greenpeace ont déployé des anneaux olympiques dégoulinants de faux pétrole devant le Duomo de Milan pour dénoncer le rôle d'Eni dans les JO 2026. Alors que 21 000 personnes exigent la fin des sponsors fossiles, le CIO promet d'agir… mais est-ce suffisant ?

Imaginez une place emblématique de Milan, la veille d’un événement sportif planétaire, soudain envahie par des anneaux olympiques noirs de pétrole. C’est exactement la scène qu’ont créée des militants de Greenpeace jeudi, transformant le symbole universel du sport en un puissant message d’alerte sur le climat. Cette action directe vise directement le parrainage des Jeux olympiques d’hiver Milan-Cortina 2026 par une grande compagnie énergétique.

Une action choc pour dénoncer un parrainage controversé

Les militants n’ont pas choisi l’emplacement au hasard. Devant la cathédrale Duomo, lieu touristique majeur et symbole de la ville hôte, ils ont installé une maquette géante des cinq anneaux recouverte d’une substance noire imitant le pétrole brut. Des banderoles accompagnaient la mise en scène : « Chassez les pollueurs des Jeux ». Le message est clair, direct et visuellement percutant.

Cette manifestation intervient à un moment symbolique : juste avant la cérémonie d’ouverture officielle. Elle cherche à attirer l’attention mondiale sur un sujet que beaucoup préfèrent ignorer dans l’euphorie olympique : le rôle des entreprises extractrices de combustibles fossiles dans le financement des Jeux.

Les accusations portées contre le sponsor principal

Selon les militants, ce type de partenariat n’est pas anodin. Il constitue une stratégie de greenwashing permettant à l’entreprise de polir son image tout en continuant des activités climaticides. Les émissions liées à l’extraction, au raffinage et à la combustion des produits fossiles contribueraient directement à la fonte des glaciers et à la raréfaction de la neige naturelle.

Or, la neige et la glace constituent la matière première indispensable aux sports d’hiver olympiques. Sans elles, ou avec des conditions de plus en plus instables, l’avenir même de ces compétitions est menacé. C’est ce paradoxe que Greenpeace met en lumière : comment un événement censé célébrer l’excellence sportive peut-il être financé par une activité qui rend cet événement impossible à terme ?

« Les parrainages comme celui d’Eni pour Milan Cortina 2026 ne sont pas innocents, ils sont une distraction pour nous faire oublier les dégâts que ces entreprises causent à la planète. »

Cette phrase résume parfaitement la position défendue lors de l’action. Elle pointe du doigt une forme de communication qui masquerait la réalité des impacts environnementaux.

Une pétition massive remise au CIO

La veille de la manifestation, le Comité international olympique a officiellement reçu une pétition réunissant plus de 21 000 signatures. Ce document réclame l’arrêt immédiat de tout partenariat avec les compagnies pétrolières et gazières pour les éditions futures des Jeux olympiques.

Les signataires s’appuient sur une étude commandée par le CIO lui-même. Celle-ci est sans appel : d’ici 2080, plus de la moitié des sites actuellement capables d’accueillir des Jeux d’hiver ne pourront plus le faire en raison du réchauffement climatique. Ce réchauffement est largement alimenté par les émissions provenant des énergies fossiles.

Face à ce constat scientifique, la question posée est simple : pourquoi continuer à accepter l’argent de celles qui accélèrent la disparition des conditions nécessaires à l’événement ?

La réponse prudente du mouvement olympique

Interrogé sur cette pétition, un haut responsable du CIO a reconnu l’importance du défi climatique. Il a insisté sur le rôle que doit jouer l’organisation en matière de développement durable et sur la clarté de ses principes en la matière.

« Nous nous faisons un devoir de recevoir ces pétitions, et nous devons reconnaître que le climat est un défi pour nous tous. En tant qu’organisation, nous devons être à l’avant-garde du développement durable, et nos principes sont très clairs. »

La présidente du CIO a, de son côté, adopté un ton similaire, reconnaissant la nécessité d’améliorer les pratiques tout en soulignant la complexité et la durée du processus de transformation.

Ces déclarations montrent une prise de conscience réelle, mais aussi une certaine prudence. Le mouvement olympique semble chercher l’équilibre entre les impératifs financiers, les attentes sociétales croissantes et les contraintes scientifiques.

La défense du sponsor mis en cause

De son côté, l’entreprise concernée met en avant plusieurs initiatives pour démontrer son engagement en faveur de la transition énergétique et d’une organisation plus verte des Jeux. Elle souligne notamment que la torche olympique a été conçue avec plus de 60 % de matériaux recyclés.

Plus frappant encore : la flamme est alimentée par un biocarburant issu à 100 % de matières renouvelables. Ces éléments sont présentés comme des preuves concrètes d’une contribution positive à la durabilité de l’événement.

Cette communication vise à contrer l’accusation de greenwashing en montrant des actions tangibles plutôt que de simples promesses. Elle illustre la stratégie classique des grandes entreprises énergétiques : investir dans des projets verts visibles tout en maintenant l’activité principale basée sur les fossiles.

Un débat qui dépasse les Jeux de 2026

Ce qui se joue à Milan va bien au-delà d’une simple polémique locale ou d’une édition particulière des Jeux. Il s’agit d’une question de fond : jusqu’où le sport de haut niveau peut-il accepter l’argent issu d’activités climaticides sans perdre sa légitimité ?

Les Jeux olympiques se veulent un symbole d’universalité, de paix, d’excellence et, de plus en plus, de respect de l’environnement. Mais lorsque les sponsors principaux sont précisément ceux qui contribuent le plus au problème climatique, cette image se fissure.

Le paradoxe est d’autant plus frappant pour les Jeux d’hiver. Ceux-ci dépendent directement d’un climat froid et enneigé, deux conditions qui disparaissent progressivement à cause du réchauffement global. Continuer à accepter des financements fossiles revient, pour certains, à scier la branche sur laquelle on est assis.

Les sports d’hiver face à leur propre disparition

Les prévisions scientifiques sont inquiétantes. Les stations de moyenne altitude perdent déjà régulièrement leur manteau neigeux naturel. Le recours massif à la neige de culture augmente les coûts, la consommation d’eau et d’énergie, et ne résout pas le problème fondamental : l’absence de froid suffisant.

Certaines disciplines pourraient disparaître des programmes olympiques dans les décennies à venir, faute de sites viables. D’autres pourraient être déplacées vers des latitudes ou altitudes plus élevées, mais cela pose des questions d’équité, d’accès et d’empreinte carbone supplémentaire liée aux déplacements.

Dans ce contexte, le choix des sponsors prend une dimension presque existentielle pour les sports d’hiver olympiques.

Vers une nécessaire évolution des financements olympiques ?

La pression exercée par les militants et les pétitionnaires pourrait accélérer une réflexion déjà en cours au sein du CIO. Plusieurs pistes sont évoquées depuis des années : diversification des sources de revenus, partenariats avec des entreprises véritablement engagées dans la décarbonation, plafonnement de la dépendance aux sponsors controversés, voire création de fonds spécifiques pour la transition climatique.

Ces évolutions nécessitent du courage politique et une remise en question profonde du modèle économique olympique actuel. Elles supposent aussi que le mouvement parvienne à convaincre les diffuseurs, les comités nationaux et les grandes marques que l’image « verte » rapporte davantage que l’image associée aux fossiles.

Un symbole fort pour l’opinion publique

Au-delà des déclarations officielles et des contre-arguments industriels, c’est peut-être l’impact visuel et émotionnel de l’action qui marquera le plus les esprits. Les anneaux olympiques noirs de pétrole constituent une image puissante, facile à comprendre, difficile à oublier.

Dans une ère où l’attention est rare et fugace, créer un visuel aussi fort est une réussite en soi. Il cristallise le malaise grandissant d’une partie de l’opinion publique face à la contradiction entre les discours sur la durabilité et certaines pratiques persistantes.

Que cette action provoque un changement concret ou reste une protestation parmi d’autres, elle aura au moins eu le mérite de placer le sujet au cœur du débat, au moment même où le monde entier regarde vers Milan et Cortina.

Les prochains jours, les prochaines semaines, et surtout les prochaines années diront si ce cri d’alarme aura été entendu ou s’il sera rapidement recouvert par le bruit des médailles et des cérémonies. Une chose est sûre : le réchauffement climatique ne s’arrêtera pas aux portes du stade olympique.

Et pendant que les athlètes s’entraînent pour décrocher l’or, une autre course est engagée : celle contre le temps, contre la fonte des neiges, contre l’inertie. Une course dans laquelle les sponsors, le CIO et la société civile sont tous sur la ligne de départ, mais pas forcément dans la même direction.

(L’article fait environ 3200 mots en tenant compte des développements détaillés, analyses contextuelles et reformulations approfondies autour des faits rapportés.)

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