Imaginez une piste légendaire, la Stelvio de Bormio, baignée par un soleil éclatant en plein cœur des Alpes italiennes. Ce lundi matin, elle a une nouvelle fois servi de théâtre à des duels intenses, mais pour une épreuve un peu différente : le combiné par équipes aux Jeux olympiques d’hiver 2026. Une descente puissante suivie d’un slalom décisif, le tout en duo mixte. Et dans ce format qui mêle vitesse brute et précision chirurgicale, deux Français se sont placés en excellente position pour jouer les trouble-fêtes.
Un matin parfait pour lancer les ambitions tricolores
La matinée a tenu toutes ses promesses. Très vite, les favoris ont montré qu’ils étaient chez eux sur cette face mythique. Les Suisses et les Italiens ont une nouvelle fois imposé leur loi, occupant cinq des six premières places après la manche de descente. Pourtant, au milieu de cette armada helvético-transalpine, un dossard bleu a su se faire remarquer.
Nils Allègre, spécialiste de la vitesse, a livré une prestation très solide. Sixième à 91 centièmes du meilleur temps, il a parfaitement rempli sa mission : offrir à son coéquipier slalomeur une base suffisamment proche pour espérer renverser la vapeur dans l’après-midi. Une performance mesurée, courageuse, qui laisse la porte grande ouverte à un exploit collectif.
Giovanni Franzoni impose sa loi sur la Stelvio
Sur la première manche, l’Italien Giovanni Franzoni a survolé les débats. Parti avec le dossard idéal, il a signé un temps de référence que personne n’a réussi à battre. Derrière lui, les Suisses se sont installés en rangs serrés : Alexis Monney à 17 centièmes, Marco Odermatt à 28 centièmes, puis Franjo von Allmen à 42 centièmes. Une démonstration de force collective qui rappelle la domination affichée deux jours plus tôt lors de la descente individuelle.
Ces noms ne sont pas anodins. Odermatt et von Allmen font partie des tous meilleurs descendeurs actuels, tandis que Monney confirme son statut de valeur sûre en vitesse. Franzoni, lui, confirme qu’il est devenu l’un des patrons incontestés de la piste de Bormio. Le local de l’étape a clairement pris un plaisir immense à dominer devant son public.
« J’ai tout donné ce matin, maintenant place à mon partenaire pour conclure. »
Un descendeur français après sa manche
Derrière ce quatuor infernal, Nils Allègre a donc pris la sixième place, à moins d’une seconde. Un écart raisonnable quand on sait que le slalom se dispute en une seule manche et que les meilleurs techniciens du circuit peuvent grappiller plusieurs dixièmes par porte.
Clément Noël, l’atout maître pour renverser la tendance
À partir de 14 heures, tous les regards seront tournés vers Clément Noël. Le médaillé d’or olympique en slalom à Pékin 2022 reste l’un des slalomeurs les plus complets et les plus rapides de la planète quand il est dans un grand jour. Sa capacité à attaquer très fort dès le haut et à conserver une ligne parfaite jusqu’au bas fait de lui un danger permanent, même avec un petit handicap.
91 centièmes, c’est beaucoup en descente, mais c’est rattrapable en slalom sur une manche unique, surtout quand les écarts entre les spécialistes restent souvent très faibles. Noël aura l’avantage de partir dans les toutes dernières positions, ce qui signifie une trace souvent plus rapide en fin de manche. Un avantage psychologique et technique non négligeable.
Face à lui, les adversaires directs ne manquent pas de talent : Alex Vinatzer (associé à Franzoni), Daniel Yule (avec Monney), Loïc Meillard (avec Odermatt) ou encore Tanguy Nef (avec von Allmen). Tous sont d’excellents slalomeurs, certains ayant déjà remporté des titres mondiaux ou des globes de cristal. La bataille s’annonce dantesque.
Les autres paires françaises trop loin
Les deux autres duos tricolores n’ont malheureusement pas connu la même réussite. Nils Alphand pointe à la 17e place (+2 »49) et Maxence Muzaton à la 18e (+2 »51). Des écarts trop conséquents pour espérer un podium, même avec des slaloms exceptionnels de Paco Rassat et Steven Amiez. La France aura donc toutes ses cartes à jouer sur une seule et unique paire : Allègre-Noël.
Vingt équipes sur vingt-et-une seront au départ du slalom, une seule paire ayant été éliminée après une chute. Neuf nations représentées, preuve que ce format par équipes séduit de plus en plus et attire des nations traditionnellement moins présentes en vitesse.
Pourquoi ce format plaît autant ?
Le combiné par équipes est une épreuve relativement récente au programme olympique. Il permet de mettre en valeur le ski alpin dans sa globalité : la vitesse d’un côté, la technique de l’autre. Chaque nation peut composer son duo avec ses meilleurs éléments dans chaque discipline, créant des associations parfois surprenantes mais souvent très efficaces.
Ce format favorise aussi les retournements de situation spectaculaires. Combien de fois a-t-on vu un descendeur offrir une base de 1”5 et son slalomeur revenir pour arracher l’or ? C’est précisément ce genre de scénario que les spectateurs espèrent cet après-midi sur la face de Bormio.
- Une manche de descente explosive
- Un slalom en une seule manche, donc décisif
- Des duos mixtes vitesse / technique
- Des écarts très faibles entre les meilleurs
- Une ambiance électrique en direct
Tous les ingrédients sont réunis pour assister à une après-midi passionnante. Les supporters français croient dur comme fer en leur duo Allègre-Noël, et ils ont de bonnes raisons d’y croire.
Le contexte général des JO 2026 pour le ski alpin français
Ces Jeux de Milan-Cortina se déroulent en grande partie sur le sol italien, mais la délégation tricolore a déjà montré qu’elle était capable de briller loin de ses bases. Après plusieurs médailles décrochées lors des premiers jours, l’équipe de France reste ambitieuse dans toutes les disciplines.
Le ski alpin reste évidemment l’un des points forts historiques. Avec des spécialistes de la vitesse en forme et des techniciens de très haut niveau, la France peut raisonnablement espérer plusieurs breloques d’ici la fin des compétitions. Le combiné par équipes est l’une des épreuves où les chances semblent les plus réelles aujourd’hui.
La pression est évidemment énorme sur les épaules de Clément Noël. Mais le skieur de Val d’Isère a déjà démontré par le passé qu’il savait gérer les moments importants. Sa victoire olympique en 2022 reste gravée dans les mémoires, et beaucoup attendent de lui un nouveau coup d’éclat.
Les clés du slalom décisif
Pour espérer monter sur le podium, plusieurs éléments devront s’aligner :
- Une trace très propre dès le départ
- Une agressivité maîtrisée dans le mur
- Une excellente glisse sur la partie basse
- Peu ou pas de faute majeure
- Des conditions météo stables (vent faible)
Si Clément Noël coche ces cinq cases, et si Nils Allègre a réellement laissé une base jouable, alors une médaille n’est pas du tout une utopie. Au contraire, elle devient même une hypothèse sérieuse.
Un regard sur les favoris suisses et italiens
Du côté suisse, l’association Marco Odermatt – Loïc Meillard est sans doute la plus impressionnante sur le papier. Odermatt est un phénomène en descente et Meillard l’un des tous meilleurs slalomeurs du circuit. Ensemble, ils forment une équipe quasi imbattable quand tout se passe bien.
Chez les Italiens, Franzoni et Vinatzer sont également très complémentaires. Franzoni a montré sa supériorité ce matin, Vinatzer est un slalomeur très régulier et souvent très rapide sur une manche unique. Les Helvètes et les Transalpins partent clairement favoris, mais le sport réserve parfois des surprises.
Les autres nations ne sont pas à sous-estimer non plus. L’Autriche, l’Allemagne, la Norvège ou encore les États-Unis alignent des duos compétitifs. La densité est impressionnante et chaque centième comptera.
L’héritage du combiné alpin français
La France a toujours brillé dans les épreuves combinées. Historiquement, le combiné alpin (descente + slalom) a offert de très grandes joies aux supporters tricolores. Des noms comme Jean-Claude Killy, Luc Alphand, Antoine Dénériaz ou plus récemment Alexis Pinturault ont marqué l’histoire de la discipline.
Avec ce nouveau format par équipes, la France espère écrire une nouvelle page glorieuse. Nils Allègre et Clément Noël incarnent parfaitement cette double culture : la vitesse brute d’un côté, la précision technique de l’autre. Deux mondes qui se rejoignent pour tenter de décrocher l’or olympique.
Quoi qu’il arrive cet après-midi, cette épreuve restera comme l’une des plus spectaculaires de ces Jeux 2026. Le suspense est total, les écarts minces, les champions nombreux. Les prochaines heures s’annoncent intenses sur les pistes de Bormio.
Maintenant, place au slalom. À Clément Noël de transformer le travail de Nils Allègre en exploit collectif. Les Français retiennent leur souffle, mais ils y croient. Et vous ?
À retenir : 91 centièmes à remonter, un slalom en une manche, un duo complémentaire, des adversaires très forts… tous les ingrédients d’une grande après-midi de sport sont réunis.
La suite, dans quelques heures seulement. Rendez-vous sur les écrans pour vivre ce moment historique en direct. Le ski alpin français a rendez-vous avec son destin.









