Le cabinet de sécurité israélien a pris une décision lourde de conséquences ce dimanche, en approuvant des mesures qui renforcent de manière significative le contrôle d’Israël sur la Cisjordanie. Ces annonces interviennent dans un contexte déjà extrêmement tendu, où le territoire palestinien occupé depuis 1967 voit sa situation se dégrader jour après jour. Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre, avec des condamnations fermes venues de multiples horizons, soulignant les risques d’une annexion de fait.
Une escalade qui inquiète le monde entier
Imaginez un territoire divisé depuis des décennies par des accords internationaux, où des zones entières échappent progressivement à l’autorité locale pour passer sous une administration extérieure. C’est précisément ce qui semble se profiler en Cisjordanie avec ces nouvelles règles. Elles touchent directement les zones A et B, placées sous contrôle de l’Autorité palestinienne selon les accords d’Oslo des années 1990. L’inquiétude grandit : ces décisions pourraient-elles marquer la fin d’un fragile équilibre ?
Les critiques fusent depuis lundi, avec des voix qui s’élèvent pour dénoncer une violation du droit international. Le secrétaire général des Nations unies a exprimé une grave préoccupation, avertissant que cette trajectoire compromet sérieusement la perspective d’une solution à deux États. L’Union européenne n’a pas mâché ses mots non plus, qualifiant ces mesures de « nouveau pas dans la mauvaise direction ».
Plusieurs pays arabes et musulmans ont joint leurs voix dans un communiqué commun, dénonçant une imposition d’une nouvelle réalité juridique et administrative qui accélère les tentatives d’annexion illégale et menace le déplacement des populations palestiniennes. Parmi eux figurent l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie, le Qatar, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Indonésie et le Pakistan.
Les détails des mesures approuvées
Le texte complet des décisions n’a pas été rendu public dans son intégralité, mais plusieurs éléments clés ont été dévoilés. Parmi les changements les plus marquants, l’abrogation d’une réglementation ancienne, datant de l’époque jordanienne avant 1967, qui interdisait aux Juifs d’acheter directement des terres en Cisjordanie. Cette suppression ouvre la voie à un achat facilité pour les colons israéliens.
Autre point sensible : les autorités israéliennes obtiennent désormais le pouvoir d’administrer certains sites religieux, même lorsqu’ils se trouvent dans des zones théoriquement sous contrôle palestinien. Cela concerne par exemple des lieux saints majeurs pour les trois religions monothéistes. De plus, l’obtention de permis de construire pour les colons à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, est grandement simplifiée.
Ces ajustements visent officiellement à lutter contre des infractions liées à l’eau, aux sites archéologiques ou aux nuisances environnementales. Mais pour de nombreux observateurs, ils modifient en profondeur la réalité juridique et civile du territoire, affaiblissant l’Autorité palestinienne et favorisant l’expansion des colonies.
Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël et enterrons l’idée d’un État palestinien.
Un ministre israélien impliqué dans ces dossiers
Cette déclaration illustre bien la vision portée par certains membres du gouvernement, qui y voient un intérêt sécuritaire, national et sioniste majeur. Les mesures ne nécessitent pas d’approbation supplémentaire au-delà du cabinet de sécurité, et leur entrée en vigueur n’a pas été précisée.
Les réactions palestiniennes et les craintes d’annexion
Du côté palestinien, la présidence à Ramallah a réagi dès dimanche soir, qualifiant ces décisions d’approfondissement des tentatives d’annexion de la Cisjordanie occupée. Des experts locaux parlent désormais d’une « course à toute allure » vers l’annexion, après des années d’annexion rampante.
Environ trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est annexée), aux côtés de plus de 500 000 Israéliens installés dans des colonies considérées comme illégales par le droit international. La croissance des colonies a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi onusien en 2017.
Des organisations anticolonisation israéliennes soulignent que ces mesures ne se limitent pas à étendre l’annexion, mais visent aussi à affaiblir structurellement l’Autorité palestinienne. « C’est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ici l’affaiblissement est particulièrement significatif », note un analyste du terrain.
Le contexte international et la position américaine
Les États-Unis n’ont pas réagi immédiatement à ces annonces précises. Pourtant, le Premier ministre israélien est attendu à Washington dans les jours suivants. Par le passé, le président américain, pourtant perçu comme un allié solide d’Israël, a averti à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas une annexion de la Cisjordanie.
Cette position crée une tension potentielle, car les mesures actuelles pourraient être vues comme contredisant ces engagements. La communauté internationale rappelle systématiquement que l’annexion est illégale au regard du droit international, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
L’Union européenne a réitéré ce principe, insistant sur le fait que toute mesure concrète en ce sens constituerait une violation claire. Les condamnations multiples soulignent l’isolement croissant d’Israël sur ce dossier, même si certains alliés traditionnels restent prudents dans leurs commentaires.
Les implications pour la solution à deux États
La solution à deux États reste le cadre privilégié par une grande partie de la communauté internationale pour résoudre le conflit. Pourtant, ces nouvelles mesures semblent la fragiliser davantage. En étendant le contrôle israélien sur des zones clés, elles réduisent l’espace viable pour un futur État palestinien.
Les sites religieux administrés par Israël, les facilités pour les constructions coloniales à Hébron, l’achat de terres facilité : tous ces éléments contribuent à une fragmentation accrue du territoire. Des analystes estiment que l’on passe d’une annexion rampante à une dynamique beaucoup plus accélérée.
- Facilitation des achats de terres par des Israéliens
- Administration israélienne de sites religieux sensibles
- Simplification des permis de construire pour colons à Hébron
- Affaiblissement de l’Autorité palestinienne dans ses zones
- Risque accru de déplacements de populations palestiniennes
Ces points, cumulés, modifient en profondeur la donne sur le terrain. Les accords d’Oslo, déjà fragilisés, semblent remis en cause dans leurs fondements mêmes.
Un enjeu sécuritaire et identitaire pour Israël
Du point de vue israélien, ces mesures répondent à des impératifs sécuritaires et à une vision historique. Les partisans y voient un renforcement des racines dans la Terre d’Israël, un moyen de protéger les intérêts nationaux face à des menaces perçues.
Les ministres concernés mettent en avant l’aspect « sécuritaire, national et sioniste de premier ordre ». Pour eux, approfondir la présence israélienne dans toutes les régions est une nécessité stratégique et idéologique.
Cette perspective tranche avec les vues internationales, qui insistent sur le caractère illégal des colonies et sur la nécessité de préserver les perspectives de paix. Le fossé se creuse, rendant le dialogue encore plus difficile.
Vers une transformation irréversible ?
La question qui domine désormais : ces décisions marquent-elles un point de non-retour ? Avec une croissance record des colonies en 2025 et des mesures qui facilitent leur expansion, le paysage démographique et territorial évolue rapidement.
Les Palestiniens, déjà confrontés à de multiples contraintes, voient leur espace se rétrécir. Les organisations de défense des droits humains alertent sur les conséquences humanitaires potentielles, notamment en termes de déplacements forcés et de restrictions accrues.
La communauté internationale, par ses condamnations répétées, tente de freiner cette dynamique. Mais sans leviers concrets, l’effet reste limité. Le futur de la Cisjordanie, et par extension du processus de paix, semble plus incertain que jamais.
Ce développement soulève des interrogations profondes sur la viabilité d’une coexistence pacifique. Les prochains jours, avec les rencontres diplomatiques à venir, pourraient apporter des clarifications, ou au contraire accentuer les tensions. Une chose est sûre : la situation en Cisjordanie entre dans une phase critique.









