La capitale syrienne Damas a de nouveau été la cible de frappes israéliennes ce vendredi, marquant une dangereuse escalade des tensions dans la région. Selon des sources locales, le quartier huppé de Mazzé, abritant de nombreuses ambassades et institutions, a été violemment touché lors de ce raid, le deuxième en l’espace de 48 heures.
D’après un bilan actualisé fourni par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ces attaques auraient fait pas moins de 23 victimes, dont 7 civils et plusieurs combattants appartenant à des factions pro-iraniennes. Jeudi déjà, un premier bombardement sur Mazzé avait détruit trois immeubles et tué 13 personnes.
Complexe résidentiel palestinien visé
Mais les frappes ne se sont pas limitées au cœur de Damas. Un complexe résidentiel abritant des Palestiniens dans la localité de Qoudsaya, au nord-ouest de la capitale, a aussi été pris pour cible. Selon l’OSDH, 10 membres du Jihad islamique, un groupe armé actif dans la bande de Gaza, y auraient trouvé la mort.
Israël confirme des frappes «contre des bases du Jihad islamique»
Si l’armée israélienne reste discrète sur ses opérations en Syrie, un porte-parole a néanmoins confirmé jeudi avoir mené des raids contre «des bases militaires du Jihad islamique» sur le sol syrien. Depuis le début du conflit qui ravage le pays depuis 2011, l’État hébreu a en effet multiplié les frappes, visant aussi bien les forces du régime que le Hezbollah libanais ou d’autres groupes pro-iraniens déployés aux côtés de Bachar al-Assad.
Intensification des attaques israéliennes
Mais avec l’ouverture d’un nouveau front contre le Hezbollah au Liban voisin depuis septembre dernier, Tsahal semble avoir encore accentué la pression, multipliant les opérations en territoire syrien où la milice chiite est solidement implantée. Un dangereux engrenage qui fait craindre une déflagration régionale.
Visite d’un haut responsable iranien à Damas
La dernière salve de bombardements intervient d’ailleurs au moment même où Ali Larijani, un conseiller de premier plan du guide suprême iranien Ali Khamenei, effectuait une visite à Damas. Lors d’une rencontre avec Bachar al-Assad, les deux hommes auraient évoqué les derniers développements ainsi que «l’escalade israélienne» visant les Palestiniens et le Liban selon des sources concordantes.
Alors que le conflit syrien entre dans sa douzième année, le regain de tensions à la frontière israélo-syrienne fait peser de lourdes menaces sur une région déjà à vif. Entre implication croissante de l’Iran, soutien de Moscou à Damas et activisme militaire de Tel-Aviv, tous les ingrédients semblent réunis pour une nouvelle poudrière aux portes du Proche-Orient.