Imaginez un instant : une route d’autoroute ordinaire, un trajet de retour après une journée de tournage, et soudain, le chaos. Le 12 septembre 2025, la vie d’Isabelle Nanty bascule en quelques secondes. Aujourd’hui, quatre mois plus tard, la comédienne accepte de raconter, pour la première fois, ce qu’elle a traversé. Entre sidération, fractures multiples et une envie de vivre plus forte que jamais, son témoignage touche profondément.
Une résilience face à l’impensable
Le choc a été d’une violence inouïe. Des tonneaux, des éclats de verre partout, un bruit assourdissant. Pourtant, dans cet instant suspendu, Isabelle Nanty garde une étrange lucidité. Elle vérifie immédiatement si elle peut bouger ses membres. Un geste instinctif qui révèle déjà une force intérieure hors du commun. Malgré la douleur qui monte, elle réalise très vite que quelque chose de grave s’est produit.
Transportée en urgence vers l’hôpital militaire Percy, les premiers examens sont sans appel. Les médecins découvrent une fracture de la deuxième vertèbre cervicale, une lésion que l’on qualifie souvent de fatale. Pourtant, contre toute attente, l’actrice est consciente, parle, bouge. Ce diagnostic terrifiant marque le début d’un long combat.
Les blessures physiques : un inventaire impressionnant
Le corps d’Isabelle Nanty a subi un traumatisme majeur. Parmi les lésions les plus marquantes :
- Dix fractures costales multiples
- Un sternum enfoncé par la ceinture de sécurité
- Une fracture cervicale C2
- Des difficultés respiratoires sévères pendant plusieurs semaines
Ces blessures ont nécessité une immobilisation stricte pendant de longues semaines. La ceinture de sécurité, souvent critiquée, a ici joué un rôle salvateur en limitant les dommages encore plus graves. Pourtant, elle a aussi provoqué cet enfoncement du sternum qui rendait chaque inspiration extrêmement douloureuse.
La fracture de la vertèbre C2 reste sans doute la plus impressionnante. Les médecins ont été formels : dans la majorité des cas, ce type de lésion entraîne soit le décès immédiat, soit une tétraplégie. La comédienne a échappé aux deux scénarios les plus redoutés, mais à quel prix ?
Un long chemin de rééducation
Aujourd’hui encore, Isabelle Nanty porte une minerve. Ce collier rigide l’empêche de tourner la tête librement, mais elle commence à entrevoir le bout du tunnel. Les soignants retirent progressivement le corset qui l’enserrait, et les premiers mouvements de tête contrôlés font leur apparition. Chaque petit progrès est célébré comme une victoire.
La rééducation ne se limite pas au corps. Des troubles de l’attention et de la mémoire ont fait leur apparition. Pour y remédier, l’actrice suit un suivi neuropsychologique régulier. Elle réapprend à se concentrer, à organiser ses pensées, à retrouver cette fluidité mentale qui fait partie de son métier. Ces séances demandent une patience immense, mais elle s’y attelle avec détermination.
« J’ai été un peu sonnée, quand même »
Isabelle Nanty
Cette phrase simple résume parfaitement l’état d’esprit actuel : une fatigue mentale persistante, mais aussi une envie profonde de retrouver sa vie d’avant. Elle parle de « neuropsy », de ces exercices qui paraissent parfois anodins mais qui représentent un travail colossal pour le cerveau.
Le soutien humain : une force insoupçonnée
Dans cette épreuve, Isabelle Nanty n’a pas été seule. Elle rend un hommage vibrant aux équipes médicales et paramédicales qui l’ont accompagnée. Kinésithérapeutes, infirmiers, médecins : tous ont été décrits comme « extraordinaires ». Mais ce qui l’a peut-être le plus touchée, ce sont les autres patients, ces « co-patients » qui partageaient son quotidien hospitalier.
Dans les couloirs, les chambres, les salles de rééducation, se sont tissés des liens inattendus. Des sourires échangés, des encouragements murmurés, des moments de silence complice. Ces relations improvisées ont parfois été plus précieuses que les soins techniques eux-mêmes.
La famille, les amis, sa fille : tous ont formé un rempart autour d’elle. Cette solidarité invisible a été un moteur puissant dans les jours les plus sombres. Elle le répète souvent : l’envie de les retrouver, de rire avec eux, de partager à nouveau des moments simples, est plus forte que tout.
Et l’envie de jouer dans tout ça ?
C’est sans doute la question que tout le monde se pose. Isabelle Nanty est attendue sur plusieurs projets. Une série qu’elle avait commencée avant l’accident doit être terminée. Mais aujourd’hui, elle avoue une incertitude profonde : « Je ne sais pas où en est mon envie ». Ces mots résonnent comme un aveu poignant.
Le métier d’acteur demande une énergie physique et émotionnelle considérable. Après un tel choc, comment retrouver cette flamme ? Comment se projeter sur un plateau, mémoriser des textes, incarner des personnages, quand le corps et l’esprit sont encore en reconstruction ?
Pourtant, dans le même souffle, elle affirme avoir « envie de vivre », envie de rire, envie d’être avec les siens. Cette vitalité retrouvée pourrait bien être le moteur qui la ramènera devant la caméra. Elle ne précipite rien, elle écoute son corps et son cœur. La prudence est de mise, mais l’espoir est bien là.
Les leçons d’un accident qui change une vie
Ce drame rappelle une vérité universelle : la vie peut basculer en un instant. Isabelle Nanty, comme tant d’autres avant elle, a dû faire face à sa fragilité. Elle a découvert la peur, la douleur, mais aussi une gratitude immense pour chaque jour supplémentaire.
Elle évoque souvent cette pensée fugace qui l’a traversée pendant l’accident : « C’est maintenant que je vais mourir ». Pourtant, elle est là, elle parle, elle rit même parfois en racontant certaines anecdotes hospitalières. Cette seconde chance, elle compte bien en faire quelque chose de beau.
Le chemin est encore long. La minerve sera bientôt remplacée par des exercices plus libres, les séances de kiné deviendront moins fréquentes, les troubles cognitifs s’estomperont progressivement. Mais chaque étape franchie est une victoire sur l’adversité.
Un message d’espoir pour tous
L’histoire d’Isabelle Nanty dépasse largement le cadre du show-business. Elle parle à toutes les personnes qui ont connu un accident grave, une maladie lourde, un traumatisme. Elle montre qu’après le pire, il est possible de reconstruire, pas à pas, avec patience et détermination.
Elle nous rappelle aussi l’importance du soutien humain, de la bienveillance des soignants, de la solidarité entre patients. Dans les moments les plus sombres, ce sont souvent les petites attentions, les mots gentils, les sourires qui font la différence.
Enfin, elle nous invite à ne jamais prendre la vie pour acquise. Chaque jour compte, chaque moment partagé avec les êtres chers est précieux. Cette prise de conscience, aussi douloureuse soit-elle, peut devenir une véritable boussole pour les mois et les années à venir.
Isabelle Nanty n’est pas encore totalement remise. Elle le sait, elle l’accepte. Mais elle avance, doucement, sûrement, portée par cette envie de vivre plus forte que jamais. Et quelque part, dans cette fragilité assumée, réside une leçon magnifique pour nous tous.
Le public attend son retour avec impatience, mais sans pression. Chacun comprend que la priorité reste sa santé, son bien-être, sa reconstruction. Quand elle sera prête, elle reviendra, sans doute changée, mais toujours aussi talentueuse, toujours aussi touchante.
En attendant, son témoignage reste là, comme un phare dans la nuit pour tous ceux qui traversent actuellement leur propre tempête. Un rappel que même après le pire, la lumière peut revenir, plus douce, plus intense, plus précieuse encore.
« J’ai envie de rire, j’ai envie de voir mes amis, j’ai envie d’être avec ma fille, j’ai envie de vivre… »
Isabelle Nanty
Ces mots simples résonnent comme une déclaration d’amour à la vie. Et c’est peut-être le plus beau message que cette comédienne, si populaire, pouvait nous offrir aujourd’hui.









