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Iran : Résolution occidentale sur le nucléaire, Téhéran met en garde

L'Iran est dans le viseur des pays occidentaux sur son programme nucléaire. Une nouvelle résolution condamnant le manque de coopération de Téhéran vient d'être déposée, malgré une sérieuse mise en garde iranienne. La situation risque de se compliquer davantage...

Les tensions s’intensifient autour du dossier nucléaire iranien. Selon des sources diplomatiques, les pays européens et les États-Unis ont franchi un nouveau cap en déposant formellement une résolution condamnant le manque de coopération de l’Iran. Cette initiative intervient malgré une sérieuse mise en garde de Téhéran.

Une résolution qui risque de « compliquer le problème »

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, n’a pas mâché ses mots. Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français rapporté par Téhéran, il a averti que cette résolution des pays occidentaux « ne fera que compliquer le problème ». Une déclaration qui intervient alors que le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doit se réunir à Vienne.

Pour M. Araghchi, la volonté des Occidentaux d’accentuer la pression porte préjudice à « l’atmosphère positive » des échanges entre son pays et l’AIEA. Le chef de l’agence onusienne s’était pourtant rendu récemment sur deux sites nucléaires majeurs en Iran, dans un geste apparemment constructif.

Un programme nucléaire toujours controversé

Si l’on en croit un rapport confidentiel de l’AIEA, l’Iran, qui affirme vouloir dissiper les doutes sur son programme nucléaire, aurait initié des préparatifs pour stopper l’expansion de son stock d’uranium hautement enrichi. Mais ce geste est accueilli avec scepticisme par Washington et les pays européens, qui réclament des actions concrètes depuis des mois.

Au cœur des préoccupations : la présence de traces d’uranium inexpliquées sur deux sites non déclarés près de Téhéran. La résolution déposée appelle l’Iran à fournir de toute urgence des « réponses techniques crédibles » à ce sujet et demande un « rapport complet » à l’AIEA.

Un accord nucléaire fragilisé

La situation actuelle trouve ses racines dans l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. Ce pacte, appelé JCPOA, prévoyait un allègement des sanctions internationales en échange de garanties que l’Iran ne cherche pas à acquérir l’arme atomique. Mais en 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, a unilatéralement retiré les États-Unis de l’accord et rétabli de lourdes sanctions.

Depuis, l’Iran a fortement augmenté ses réserves de matières enrichies, portant le taux d’enrichissement à des niveaux inédits pour un pays non doté de l’arme nucléaire. Une situation jugée préoccupante par la communauté internationale.

L’Iran promet des « mesures réciproques »

Face à la perspective d’une résolution contre son pays, le chef de la diplomatie iranienne a mis en garde : si un tel texte est adopté, l’Iran prendra des « mesures réciproques » qui « ne plairont certainement pas » aux pays occidentaux concernant son programme nucléaire.

La balle semble désormais dans le camp de Téhéran. Si l’Iran a ratifié le Traité de non-prolifération, qui oblige les États à déclarer leurs matières nucléaires et à les placer sous le contrôle de l’AIEA, sa coopération effective reste au cœur des préoccupations. La réunion qui s’ouvre à Vienne sera sans nul doute décisive pour la suite des événements dans ce dossier sensible.

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