Imaginez une femme de 87 ans, exilée depuis près d’un demi-siècle, qui regarde son pays s’embraser à nouveau et qui, au lieu de la résignation, choisit de parler avec une conviction inébranlable. C’est l’image saisissante que renvoie Farah Pahlavi aujourd’hui, depuis son appartement parisien. Celle qui fut impératrice d’Iran avant la révolution de 1979 observe les rues de son pays natal secouées par une vague de contestation d’une ampleur inédite et y voit l’irréversible marche vers la liberté.
Un message d’espoir au cœur de la tourmente
Les manifestations qui secouent l’Iran depuis plusieurs semaines ont suscité des réactions dans le monde entier. Parmi elles, celle de Farah Pahlavi résonne particulièrement. Elle s’adresse directement aux jeunes qui descendent dans la rue, les qualifiant d’acteurs d’un nouveau chapitre historique pour l’Iran et pour le monde.
Dans ses mots, on ressent une profonde admiration mêlée à une émotion contenue. Elle les encourage à maintenir leur audace et leur détermination face à un pouvoir qu’elle décrit comme inégal dans cette confrontation. Pour elle, la victoire est inéluctable, même si le chemin reste tragiquement pavé de sacrifices.
La certitude d’un point de non-retour
Farah Pahlavi emploie une formule forte : il n’existe plus de retour en arrière. Ce chemin, dit-elle, est à sens unique et mène à la liberté. Chaque vie perdue, chaque jeune tombé sous les balles renforce cette conviction. Le sang versé impose, selon elle, que cette lutte aboutisse à un changement profond.
Elle évoque une répression d’une violence extrême, sans équivalent dans l’histoire récente. Pourtant, loin de céder au désespoir, elle affirme que ces jeunes héros préfigurent déjà l’Iran de demain, un pays libéré de l’emprise actuelle. Cette perspective porte en elle une promesse : celle d’un Iran redevenu terre de liberté.
Ce sacrifice collectif, poursuit-elle, ne concerne pas uniquement l’Iran. Il porte aussi des enjeux mondiaux. La chute du régime actuel ouvrirait la voie à un Moyen-Orient plus apaisé, plus stable, et contribuerait à la paix et à la sécurité globale.
Le rôle de l’opposition en exil
Installée loin de son pays depuis 1979, Farah Pahlavi se positionne comme une voix parmi d’autres dans l’opposition. Elle définit deux missions prioritaires pour ceux qui, comme elle, vivent à l’étranger.
D’abord, maintenir un lien solide entre les Iraniens de l’intérieur et le reste du monde. Cela passe par une information transparente sur ce qui se déroule réellement sur le terrain. Ensuite, organiser des rassemblements toujours plus importants pour montrer la solidarité et alerter l’opinion publique internationale.
Ces actions visent à rompre l’isolement des contestataires et à rappeler que l’Iran, berceau d’une civilisation millénaire, mérite mieux que la situation actuelle. Elle insiste sur la nécessité d’une mobilisation continue pour que le combat des rues ne reste pas invisible.
Pas d’intervention militaire, mais un soutien actif
Interrogée sur l’éventualité d’une intervention armée extérieure, notamment américaine, Farah Pahlavi répond avec clarté. Elle n’appelle pas à une telle option. Son plaidoyer se concentre sur la conscience collective mondiale.
Elle demande que le monde ne reste pas indifférent face aux pertes humaines. Soutenir les Iraniens dans leur lutte inégale, c’est comprendre que leur succès ouvrirait une nouvelle ère régionale. Un Iran démocratique serait un facteur de stabilisation au Moyen-Orient, loin des tensions actuelles.
Cette position reflète une volonté de changement porté par les Iraniens eux-mêmes, avec un appui moral et politique international, plutôt qu’une solution imposée de l’extérieur.
Reza Pahlavi et la souveraineté du peuple
Le nom de Reza Pahlavi, fils de l’ancien souverain et de Farah, revient souvent dans les slogans scandés lors des manifestations. Sa mère souligne qu’il a toujours répété la même chose : l’avenir appartient au peuple iranien.
Elle précise que son fils ne revendique aucun rôle prédéfini. Il se présente comme un porte-voix des aspirations des jeunes jusqu’au jour où la liberté sera acquise. Toute décision concernant son avenir politique reviendrait exclusivement aux Iraniens, dans un cadre libre et démocratique.
Cette posture vise à écarter toute accusation de restauration monarchique imposée. Elle met l’accent sur la volonté populaire comme seule source de légitimité.
Un désir intime de retour au pays
Après 47 ans d’exil, Farah Pahlavi exprime un souhait profond et personnel : rentrer en Iran. Elle confie que ce désir l’habite depuis le premier jour de son départ forcé.
Le peuple iranien, dit-elle, l’appelle affectueusement « la mère de l’Iran ». Dans cette période douloureuse, elle ressent le besoin viscéral d’être auprès de ces « enfants » qui se battent pour leur avenir. Elle imagine déjà le moment où elle pourra les serrer dans ses bras.
Cette confidence ajoute une dimension humaine et émouvante à son discours. Au-delà de la figure politique, c’est une femme âgée qui parle de retrouvailles familiales symboliques avec une nation en lutte.
Un symbole qui transcende les générations
Farah Pahlavi incarne une continuité historique. Chassée du pouvoir en 1979, elle refuse de se cantonner au rôle de témoin passif. Sa voix, posée mais ferme, porte l’écho d’un passé monarchique tout en se tournant résolument vers un futur qu’elle veut démocratique.
Elle ne cherche pas à réécrire l’histoire, mais à souligner que le combat actuel s’inscrit dans une aspiration ancienne à la dignité et à la liberté. Les jeunes d’aujourd’hui, selon elle, prolongent un idéal que plusieurs générations ont porté.
Ce lien entre passé et présent renforce la portée de son message. Elle devient une figure de ralliement pour ceux qui refusent de voir leur pays condamné à l’immobilisme.
Les sacrifices qui imposent la victoire
Le prix payé par les manifestants est au cœur de ses propos. Des milliers de vies ont déjà été fauchées. Elle évoque ces jeunes « dignes et courageux » qui ont offert leur existence pour un idéal plus grand qu’eux.
Ce sacrifice, répète-t-elle, rend la victoire inévitable. Il crée une dette morale que le régime ne pourra jamais effacer. Chaque mort renforce la détermination collective et rend impossible tout retour à l’ordre ancien.
Elle ne minimise pas la brutalité en cours, mais la transforme en argument ultime : un tel engagement ne peut rester sans lendemain. La liberté, payée si cher, doit advenir.
Vers un Iran qui contribue à la paix mondiale
Farah Pahlavi élargit constamment le cadre. La libération de l’Iran ne serait pas un événement isolé. Elle aurait des répercussions régionales et internationales majeures.
Un pays libéré de son régime actuel pourrait devenir un acteur de stabilité au Moyen-Orient. Moins de tensions, moins de conflits par procuration, plus de coopération possible. C’est une vision optimiste mais cohérente avec son analyse.
Elle appelle donc la communauté internationale à ne pas rester spectatrice. Un soutien actif, moral et médiatique, peut faire pencher la balance sans nécessiter d’intervention armée.
Une mère qui attend de retrouver ses enfants
Le ton personnel domine la fin de son message. Elle parle de retrouvailles, d’embrassades, d’une mère qui veut être auprès de ses enfants dans l’épreuve. Cette image humanise le combat politique.
Elle ressent que ce retour est proche. Cette intuition, mêlée à une longue attente, donne à ses paroles une intensité particulière. Après tant d’années, l’espoir renaît avec force.
Ce mélange d’intime et de collectif rend son témoignage particulièrement touchant. Elle ne parle pas seulement en ancienne souveraine, mais en femme qui a tout perdu et qui espère tout regagner.
Un appel à ne pas détourner le regard
Enfin, Farah Pahlavi conclut sur une note d’urgence. Le monde ne doit pas fermer les yeux. Chaque jour compte, chaque vie perdue compte. La solidarité internationale reste essentielle pour rééquilibrer un rapport de force déséquilibré.
Son message est clair : les Iraniens se battent seuls dans les rues, mais ils ne doivent pas se sentir seuls dans le monde. Cette prise de conscience collective pourrait accélérer le dénouement qu’elle appelle de ses vœux.
En attendant, elle garde foi en ces jeunes qu’elle voit comme les architectes d’un Iran nouveau. Leur courage, leur sacrifice, leur détermination sont, à ses yeux, les garants d’un avenir meilleur.
Le temps dira si cette conviction résistera aux épreuves à venir. Mais aujourd’hui, la voix de Farah Pahlavi porte loin, portée par des décennies d’exil et par un espoir qui refuse de s’éteindre.
Les événements en cours dans ce pays au riche passé continuent de captiver l’attention mondiale. Chaque jour apporte son lot d’images, de témoignages, de drames et d’espoirs. Au milieu de cette tempête, certaines voix parviennent à se faire entendre avec une clarté particulière. Celle de l’ancienne impératrice en fait partie.
Elle ne propose pas de programme détaillé, ne trace pas de feuille de route précise. Elle offre quelque chose de plus fondamental : une conviction profonde que le vent de l’histoire souffle désormais dans le sens de la liberté. Et que rien, pas même la répression la plus féroce, ne pourra inverser ce mouvement.
Pour les Iraniens qui continuent de manifester malgré les risques, ces paroles venues de Paris peuvent représenter un encouragement supplémentaire. Pour le reste du monde, elles rappellent que derrière les titres alarmants se joue peut-être l’un des tournants majeurs du XXIe siècle au Moyen-Orient.
Le chemin reste long et semé d’embûches. Mais pour Farah Pahlavi, le cap est fixé, le sens de l’histoire est tracé. Et elle attend, avec une impatience mêlée d’émotion, le jour où elle pourra enfin fouler à nouveau le sol de son pays, libre.









