Imaginez une société où la peur plane comme une ombre, où la peine de mort devient un outil pour réduire au silence ceux qui osent défier l’ordre établi. En Iran, cette réalité s’impose avec une brutalité croissante. Depuis le début de l’année 2025, pas moins de 841 personnes ont été exécutées, un chiffre vertigineux qui a attiré l’attention des Nations Unies. Ce bilan, révélé par des sources officielles, expose un usage systématique de la peine capitale, souvent dirigée contre les minorités ethniques et les opposants politiques. Comment un pays peut-il justifier un tel recours à la mort comme instrument de contrôle ?
Une Hausse Alarmante des Exécutions en Iran
Le premier semestre de 2025 a marqué un tournant dramatique dans l’histoire récente de l’Iran. Selon les chiffres communiqués, le nombre d’exécutions a explosé, atteignant un pic sans précédent. En juillet 2025, par exemple, 110 personnes ont été mises à mort, soit le double du nombre enregistré pour le même mois l’année précédente. Ce rythme effréné traduit une volonté claire des autorités de renforcer leur emprise sur la population à travers la peur.
Les données, bien que choquantes, pourraient être sous-estimées. Le manque de transparence du système judiciaire iranien laisse planer un doute sur l’ampleur réelle de ces exécutions. Ce qui est certain, c’est que cette pratique s’inscrit dans une stratégie d’intimidation, où la peine de mort est utilisée non seulement pour punir, mais aussi pour dissuader toute forme de dissidence.
Une Cible Privilégiée : Les Minorités Ethniques
Les minorités ethniques et les migrants sont particulièrement visés par cette vague d’exécutions. Les chiffres révèlent une disproportion criante dans l’application de la peine capitale, touchant de manière systématique des groupes déjà marginalisés. Cette discrimination institutionnalisée soulève des questions sur l’équité du système judiciaire iranien et sur les motivations politiques derrière ces condamnations.
Les autorités ciblent souvent ces populations pour des infractions vagues, comme des accusations de rébellion armée ou d’appartenance à des groupes d’opposition. Par exemple, six personnes sont actuellement menacées d’exécution pour leur lien présumé avec les Moudjahidines du peuple, un mouvement d’opposition en exil. Ce type d’accusation, souvent mal défini, permet aux autorités de justifier des condamnations expéditives.
Le nombre élevé d’exécutions indique un schéma systématique d’utilisation de la peine de mort comme outil d’intimidation d’État.
Porte-parole des droits humains
Les Exécutions Publiques : Une Atteinte à la Dignité
Parmi les pratiques les plus controversées, les exécutions publiques occupent une place particulière. Depuis le début de l’année 2025, sept cas ont été recensés, où des individus ont été pendus en public, sous les yeux de la population. Cette mise en scène macabre ne se contente pas de priver une personne de sa vie : elle vise à humilier, à choquer et à terroriser ceux qui assistent à la scène.
Les conséquences psychologiques de ces spectacles sont dévastatrices, en particulier pour les enfants. Être forcé d’assister à une pendaison publique laisse des cicatrices profondes, marquant les esprits et renforçant un climat de peur. Cette pratique, loin d’être anodine, est un acte délibéré pour asseoir l’autorité de l’État par la violence.
Les exécutions publiques ne sont pas seulement une violation des droits humains, elles sont une atteinte directe à la dignité collective, transformant la mort en un spectacle destiné à intimider.
Des Condamnations Liées aux Manifestations de 2022
Les manifestations massives de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini, continuent de hanter le paysage judiciaire iranien. Cinq personnes, condamnées pour leur participation à ces protestations, risquent aujourd’hui une exécution imminente. Ces condamnations, souvent basées sur des accusations floues, illustrent la répression continue des voix dissidentes.
Parmi les cas emblématiques figure celui de Sharifeh Mohammadi, une militante des droits des travailleurs. La Cour suprême iranienne a récemment confirmé sa condamnation à mort, une décision qui a suscité l’indignation internationale. Ce cas met en lumière l’utilisation de la peine de mort pour museler ceux qui défendent des causes sociales ou politiques.
Un Système Judiciaire Opaque
Le manque de transparence dans le système judiciaire iranien aggrave encore la situation. Les procès sont souvent expéditifs, les accusés n’ont pas accès à une défense adéquate, et les condamnations sont prononcées sans preuves solides. Cette opacité rend difficile l’évaluation exacte du nombre d’exécutions, mais elle alimente les soupçons d’abus systématiques.
Les observateurs internationaux pointent du doigt un système où la peine capitale est utilisée comme un outil politique plutôt que comme une mesure de justice. Les accusations vagues, telles que corruption sur terre ou atteinte à la sécurité nationale, permettent aux autorités de cibler des opposants sans avoir à justifier leurs décisions.
L’Impact sur les Droits Humains
La peine de mort, dans son essence, est considérée par beaucoup comme incompatible avec le droit fondamental à la vie. Chaque exécution représente un risque d’erreur judiciaire, où des innocents pourraient perdre la vie. En Iran, ce risque est amplifié par l’absence de garanties judiciaires et par l’utilisation de la peine capitale pour réprimer des actes protégés par les droits humains, comme la liberté d’expression ou de réunion.
La peine de mort est incompatible avec le droit à la vie et irréconciliable avec la dignité humaine.
Porte-parole des droits humains
Les organisations internationales appellent à un moratoire immédiat sur la peine de mort en Iran. Elles exhortent les autorités à revoir les cas des personnes actuellement dans le couloir de la mort et à garantir des procès équitables. Mais face à un régime déterminé à maintenir son contrôle, ces appels semblent, pour l’instant, rester lettre morte.
Que Peut Faire la Communauté Internationale ?
Face à cette crise, la communauté internationale se trouve dans une position délicate. Les sanctions et les condamnations verbales ont un impact limité, mais elles restent essentielles pour maintenir la pression sur les autorités iraniennes. Les organisations de défense des droits humains jouent également un rôle crucial en documentant les abus et en donnant une voix aux victimes.
Voici quelques actions possibles pour faire avancer la cause :
- Sensibilisation mondiale : Amplifier les témoignages des victimes et des familles pour alerter l’opinion publique.
- Pression diplomatique : Encourager les gouvernements à condamner publiquement les exécutions.
- Soutien aux ONG : Financer les organisations qui documentent les violations des droits humains.
- Appels à la réforme : Exiger des réformes judiciaires pour garantir des procès équitables.
Un Avenir Incertain
Le recours massif à la peine de mort en Iran soulève des questions fondamentales sur la justice, la dignité et les droits humains. Alors que les exécutions continuent de s’accélérer, les voix des victimes et des défenseurs des droits humains doivent être entendues. Chaque condamnation, chaque pendaison publique, est un rappel brutal des défis qui restent à relever pour garantir un avenir où la vie humaine est respectée.
Le combat pour l’abolition de la peine de mort en Iran est loin d’être gagné. Mais en continuant à dénoncer ces abus, à soutenir les victimes et à exiger des comptes, il est possible de faire entendre un message clair : la dignité humaine ne peut être sacrifiée au nom du contrôle politique.
Chaque vie perdue dans l’ombre d’une potence publique est un appel à l’action pour un monde plus juste.