Imaginez un instant : un jeune homme de 21 ans s’élance sur la glace, prend son appel, tourne quatre fois et demi dans les airs avant d’atterrir avec une précision diabolique. La foule retient son souffle, puis explose. Ce moment, nous venons de le revivre une nouvelle fois, et pas qu’une seule fois lors de la même compétition. Ce patineur n’est autre qu’Ilia Malinin, et il vient une fois de plus de marquer l’histoire du patinage artistique.
Un quatrième sacre qui sent déjà les Jeux Olympiques
Ce samedi à Saint-Louis, dans le Missouri, le ciel américain du patinage masculin s’est une nouvelle fois éclairé d’une seule étoile : celle d’Ilia Malinin. En remportant son quatrième titre national consécutif, le jeune prodige ne s’est pas contenté de gagner : il a survolé la compétition avec une autorité rarement vue dans ce sport.
Avec un total de 324,88 points, il devance son dauphin de plus de 57 longueurs. Un écart qui, dans le patinage de haut niveau, ressemble davantage à un gouffre qu’à une simple avance. Cette performance arrive à exactement un mois du grand rendez-vous planétaire que représentent les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026.
La signature du quadruple Axel : quand l’impossible devient routine
Ce qui fascine le plus chez Malinin, c’est cette capacité à transformer l’exploit en habitude. Lui seul, à ce jour, maîtrise réellement le quadruple Axel en compétition. Ce saut qui demande quatre rotations et demie dans les airs défie les lois de la physique et les limites humaines.
Lors du programme libre, il l’a tenté à trois reprises. Trois réussites. Pas le moindre doute, pas la moindre hésitation visible. Une démonstration magistrale qui rappelle que nous assistons peut-être à l’émergence du plus grand patineur artistique de l’histoire.
« Je n’étais pas certain de ce que je devais faire, j’ai décidé de ne prendre aucun risque, de jouer la sécurité, car je sais que je vais sûrement devoir recommencer dans quelques semaines. »
Ces mots prononcés juste après sa victoire en disent long sur l’état d’esprit du jeune homme. Même en jouant « la sécurité », il place trois quadruples Axel. On mesure alors l’écart qui le sépare du reste du monde.
Un palmarès déjà impressionnant à 21 ans
Pour ceux qui découvriraient seulement aujourd’hui ce nom, rappelons quelques éléments de son CV déjà hors normes :
- Double champion du monde en titre
- Triple vainqueur consécutif de la finale du Grand Prix
- Premier patineur à réussir le quadruple Axel en compétition officielle
- Quatre titres nationaux américains consécutifs
À cet âge où beaucoup sont encore en train de chercher leur style, Ilia possède déjà un palmarès qui ferait pâlir la plupart des légendes du patinage.
Que reste-t-il à conquérir ?
La question que tout le monde se pose désormais est simple : que peut-il encore accomplir ? Le titre olympique bien sûr, mais au-delà ?
Certains observateurs commencent à évoquer la possibilité de battre tous les records historiques du patinage artistique masculin. D’autres vont plus loin et le placent déjà dans le débat du GOAT (Greatest Of All Time) face aux légendes russes, japonaises et américaines des décennies passées.
Ce qui est certain, c’est que sa trajectoire suit une courbe exponentielle. Chaque saison semble repousser un peu plus loin les frontières de ce qui est possible sur la glace.
La concurrence américaine : un désert relatif
Derrière Malinin, le deuxième du jour s’appelle Andrew Torgashev. Un patineur talentueux, régulier, mais qui pointe tout de même à 57 points. Cet écart illustre parfaitement le niveau de domination actuel du jeune prodige.
Les États-Unis ont connu par le passé plusieurs époques dorées en patinage masculin, mais rarement un tel fossé entre le leader et ses poursuivants. Cette suprématie rappelle un peu l’ère Hanyu au Japon ou certaines périodes russes historiques.
La danse sur glace : un autre sacre historique
Le week-end n’a pas été marqué uniquement par la victoire de Malinin. Dans la catégorie danse sur glace, Madison Chock et Evan Bates ont écrit eux aussi une page d’histoire.
Le couple a remporté un septième titre national, un record. Leur programme libre a établi un nouveau record personnel avec 137,17 points. Une performance impressionnante qui confirme leur statut de référence mondiale dans leur discipline.
La sélection olympique américaine complète sera annoncée le lendemain de ces championnats. Peu de suspense cependant concernant les places attribuées en simple messieurs et en danse sur glace.
Vers Milan-Cortina : l’attente est immense
Dans un mois exactement, les Jeux Olympiques d’hiver s’ouvriront en Italie. Le patinage artistique constituera, comme toujours, l’un des temps forts de la quinzaine olympique.
La pression sera énorme sur les épaules du jeune Américain. Il devra gérer l’attente, les attentes démesurées, les journalistes, les réseaux sociaux… tout ce qui accompagne désormais les grands champions.
Mais s’il parvient à reproduire ne serait-ce qu’une partie de ce qu’il a montré à Saint-Louis, il pourrait non seulement remporter l’or, mais marquer durablement l’histoire du sport.
Un style qui transcende les frontières
Ce qui frappe chez Malinin, au-delà des sauts spectaculaires, c’est sa présence sur la glace. Il allie technique exceptionnelle, expressivité artistique et charisme naturel. Un mélange rare qui séduit les juges comme le public.
Ses chorégraphies sont audacieuses, ses choix musicaux souvent surprenants. Il n’hésite pas à prendre des risques artistiques là où d’autres resteraient dans des sentiers plus balisés.
La nouvelle génération prend le pouvoir
Le patinage artistique assiste depuis quelques années à un véritable changement de génération. Les champions des années 2010 laissent progressivement la place à une nouvelle vague de patineurs nés après 2000.
Malinin incarne parfaitement ce renouveau. Plus technique, plus athlétique, plus spectaculaire, il repousse les limites que beaucoup pensaient infranchissables il y a encore quelques années.
Le quadruple Axel n’est peut-être que le début. Qui sait quels autres exploits ce jeune homme nous réserve-t-il dans les années à venir ?
L’Amérique du patinage revigorée
Depuis plusieurs olympiades, les États-Unis cherchaient leur nouveau grand champion masculin. Après les ères successives de plusieurs médaillés olympiques, le pays semblait un peu orphelin de superstar.
Avec Malinin, ce temps semble révolu. Non seulement il domine son pays, mais il s’impose déjà comme l’un des grands favoris mondiaux. Un retour en force qui fait du bien au patinage américain.
Et maintenant ?
Les prochaines semaines seront déterminantes. Préparation physique, mentale, affinage des programmes, gestion de la pression… tout doit être parfait pour l’échéance olympique.
Mais à voir la sérénité et la confiance affichées par le jeune homme après sa victoire, on se dit que les ingrédients sont déjà largement réunis.
Une chose est sûre : dans un mois, lorsque les projecteurs s’allumeront sur la glace italienne, tous les regards seront tournés vers ce jeune prodige de 21 ans qui fait déjà trembler l’histoire du patinage artistique.
Et quelque chose nous dit que ce n’est que le début d’une très, très grande histoire.
À suivre, donc, avec une impatience non dissimulée.









