Imaginez un hôpital autrefois bondé, où des centaines de patients affluaient chaque jour, réduit à un champ de ruines par des mois de combats acharnés. Aujourd’hui, au cœur de Khartoum Nord, les portes de l’établissement de Bahri s’ouvrent à nouveau, laissant entrer les premiers malades après près de trois années d’interruption totale. Cette réouverture n’est pas seulement un événement médical : elle incarne un fragile retour à la normale dans un pays marqué par l’une des crises les plus graves de ces dernières décennies.
Un symbole de résilience au cœur de la capitale dévastée
La guerre qui oppose l’armée régulière aux paramilitaires a transformé la capitale soudanaise en un champ de bataille. Les infrastructures de santé ont été parmi les plus touchées, avec plus des deux tiers des établissements hors service. Pourtant, dans ce chaos, l’hôpital de Bahri émerge comme un signe tangible de reconstruction. Situé à Bahri, ville jumelle de Khartoum, cet établissement historique accueillait autrefois environ 800 patients par jour aux urgences avant d’être contraint à la fermeture.
Les équipes médicales rayonnent aujourd’hui de joie contenue. Pour eux, retrouver ces murs rénovés représente bien plus qu’un simple retour au travail. C’est une victoire sur l’oubli et la destruction. L’odeur de peinture fraîche remplace désormais celle des décombres, et les couloirs résonnent à nouveau de pas pressés plutôt que de silences oppressants.
De la destruction totale à la renaissance
Lorsque les combats ont éclaté en avril 2023, l’hôpital a rapidement été pris pour cible. Les paramilitaires ont occupé les lieux, pillant tout l’équipement médical imaginable. Litres de médicaments, instruments chirurgicaux, lits, même les transformateurs électriques : rien n’a été épargné. Soixante-dix pour cent des installations ont été endommagées ou détruites, rendant impossible toute activité soignante.
Le directeur général raconte comment, pendant les premiers jours des affrontements, il est resté piégé dans une aile de l’hôpital. Les tirs nourris empêchaient toute sortie. Quiconque tentait de quitter les bâtiments risquait d’être intercepté et malmené. Malgré ces conditions extrêmes, des évacuations ont pu être organisées vers d’autres structures de l’autre côté du Nil, en empruntant des itinéraires détournés pour éviter les zones de combats intenses.
Nous n’aurions jamais imaginé que l’hôpital rouvrirait. Si vous l’aviez vu avant sa rénovation, il était complètement détruit, il ne restait rien.
Un médecin chirurgien de l’hôpital
Ce témoignage illustre le désarroi profond ressenti par le personnel soignant. Beaucoup ont fui vers le nord du pays, travaillant dans des conditions précaires extrêmes, sans matériel de base comme des gants ou du désinfectant. Revenir aujourd’hui dans un établissement remis à neuf procure un sentiment de renaissance personnelle autant que professionnelle.
Une rénovation soutenue par la solidarité internationale
La remise en état n’aurait pas été possible sans un soutien extérieur déterminant. Deux organisations humanitaires ont joué un rôle clé, mobilisant plus de deux millions de dollars pour financer les travaux. De nouveaux transformateurs ont été installés récemment, permettant de relancer les équipements vitaux dépendant de l’électricité stable.
Le bâtiment a été entièrement repeint, rééquipé et nettoyé. La cour, autrefois envahie par les herbes folles et les débris, accueille maintenant des taxis déposant des patients près d’ambulances neuves. Cette transformation visible redonne espoir aux habitants qui reviennent peu à peu dans la capitale.
Le personnel s’est mobilisé massivement dès l’annonce de la réouverture. Médecins, infirmières, administratifs : tous ont répondu présents pour remettre en marche les services essentiels. Les urgences, la chirurgie, l’obstétrique et la gynécologie fonctionnent à nouveau, équipés de matériel moderne.
Les premiers patients et les succès initiaux
Parmi les premiers à bénéficier de cette reprise figure un patient transféré depuis la région voisine du Kordofan, toujours en proie aux violences. Opéré le jour même de l’ouverture, son intervention s’est déroulée sans complication. Ce cas simple mais symbolique montre que l’hôpital peut à nouveau remplir sa mission vitale.
Les internes, comme ce jeune de 25 ans affecté aux urgences, soulignent à quel point les conditions actuelles surpassent celles d’avant-guerre. Autrefois, le manque de lits obligeait parfois les patients à dormir par terre. Aujourd’hui, tout est propre, organisé, fonctionnel. Cette amélioration tangible motive les équipes et rassure les familles.
Un contexte national marqué par la destruction du système de santé
Le Soudan paie un lourd tribut à ce conflit prolongé. Selon les observations internationales, le pays connaît la plus forte proportion mondiale de décès liés à des attaques contre le secteur de la santé. Plus de deux tiers des établissements ont cessé leurs activités, laissant des millions de personnes sans accès aux soins de base.
À Khartoum, une quarantaine des 120 hôpitaux publics et privés ont repris du service récemment. Ce chiffre, bien qu’encourageant, reste modeste face à l’ampleur des besoins. La reprise progressive s’accompagne du retour du gouvernement dans la capitale depuis mi-janvier, marquant une étape importante vers la stabilisation.
- Plus des deux tiers des hôpitaux soudanais hors service pendant la guerre
- Quarantaine d’établissements rouvert à Khartoum sur 120
- Attaques contre la santé causant un taux record de mortalité
- Retour du gouvernement favorisant la reconstruction
Ces éléments soulignent l’enjeu colossal. Chaque hôpital rouvert représente un maillon essentiel dans la chaîne de survie de la population.
Les défis persistants et les craintes pour l’avenir
Malgré l’enthousiasme, les obstacles demeurent nombreux. La crise économique frappe durement le pays, avec une inflation galopante et une hausse des prix qui touche tous les secteurs. Les salaires du personnel médical et les frais de fonctionnement posent question. Les responsables craignent de ne pas pouvoir maintenir l’activité sur le long terme sans soutien supplémentaire.
Le docteur en charge exprime ouvertement ses inquiétudes : les ressources risquent de manquer rapidement. Dans un pays où les besoins explosent avec le retour des déplacés, cette fragilité financière pourrait compromettre les progrès accomplis.
On risque de ne pas pouvoir faire face.
Le chef de l’hôpital
Cette phrase résume la tension actuelle : la joie de la réouverture côtoie la peur d’un nouvel effondrement. Les équipes soignantes savent que leur engagement seul ne suffira pas sans une aide durable.
Témoignages poignants d’un personnel marqué par la guerre
Certains récits personnels illustrent la violence vécue. Un chirurgien raconte son arrestation par les paramilitaires le matin du 15 avril 2023, alors qu’il se rendait à son poste. Détenu deux semaines dans une prison tristement célèbre, il est ressorti pour découvrir un pays en ruines : hôpitaux détruits, rues dévastées, biens pillés. Son retour aujourd’hui représente une forme de rédemption.
D’autres membres du personnel évoquent les nuits passées cloîtrés, les évacuations risquées sous les tirs, la peur constante. Ces expériences ont forgé une détermination exceptionnelle. Ils travaillent désormais avec une énergie renouvelée, conscients du privilège de soigner à nouveau.
Vers une reconstruction plus large du système de santé soudanais
L’hôpital de Bahri n’est qu’un exemple parmi d’autres. La reprise de services dans la capitale s’inscrit dans un mouvement plus vaste. Avec le retour des autorités, les priorités se tournent vers la restauration des infrastructures essentielles : eau, électricité, écoles, hôpitaux. 2026 est déclaré par certains comme une année charnière pour la paix et la reconstruction.
Mais la route reste longue. Les régions périphériques, comme le Kordofan, connaissent toujours des violences. Les déplacements massifs de population aggravent les besoins en soins. Chaque établissement rouvert soulage un peu la pression, mais le système global reste vulnérable.
Les organisations humanitaires continuent d’appeler à une mobilisation internationale accrue. Sans elle, les efforts locaux risquent de s’essouffler face à l’ampleur de la tâche. L’hôpital de Bahri montre pourtant qu’avec de la volonté et des partenariats, des miracles sont possibles même après les pires destructions.
En conclusion, cette réouverture dépasse le cadre médical. Elle porte en elle l’espoir d’un Soudan qui se relève, pas à pas, de ses blessures les plus profondes. Les patients qui franchissent aujourd’hui ces portes rénovées incarnent cette résilience collective. Reste à transformer cet espoir en réalité durable, malgré les ombres qui planent encore sur l’avenir.
Points clés de cette renaissance médicale
- Réouverture après trois ans de fermeture forcée
- 70 % des installations détruites ou pillées
- Soutien financier international dépassant 2 millions de dollars
- Services prioritaires : urgences, chirurgie, obstétrique
- Premiers patients opérés avec succès dès le jour d’ouverture
- Crainte majeure : insoutenabilité financière à moyen terme
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