Imaginez une soirée d’été parfaite sur la Promenade des Anglais : feux d’artifice, rires d’enfants, familles réunies pour célébrer la fête nationale. Puis, soudain, l’horreur. Un camion fonce dans la foule, semant la mort et la terreur. Au milieu de ce chaos indescriptible, un homme sur un scooter décide de ne pas fuir. Il agit. Il se bat. Des années plus tard, ce même homme choisit de poursuivre son combat, mais cette fois sur le terrain politique. Son nom ? Franck Terrier.
Un acte de bravoure qui marque à jamais l’histoire de Nice
Le soir du 14 juillet 2016, Nice vivait un cauchemar. Parmi les milliers de personnes présentes, un père de famille employé municipal a vu le danger approcher. Sans hésiter, il a lancé son scooter sous les roues du véhicule fou pour tenter de le ralentir. Puis, dans un geste d’un courage exceptionnel, il est parvenu à grimper dans la cabine et à s’opposer physiquement au conducteur. Ce geste a probablement sauvé de nombreuses vies ce soir-là, même si le bilan reste dramatique : 86 morts et plus de 400 blessés.
Franck Terrier n’est pas un super-héros de bande dessinée. C’est un homme ordinaire qui a fait face à l’extraordinaire. Son action spontanée, instinctive, a été saluée par tous comme un symbole de résistance citoyenne face au terrorisme. Pourtant, derrière cette image de héros se cache une réalité bien plus complexe et douloureuse.
Les séquelles invisibles du courage
Si le geste de Franck Terrier a été immortalisé, les conséquences psychologiques ont été beaucoup moins médiatisées. Comme de nombreux rescapés et témoins directs de drames similaires, il a été confronté à un lourd tribut. Syndrome post-traumatique, cauchemars récurrents, culpabilité du survivant… Autant de blessures invisibles qui ont fini par le submerger.
En 2019, plusieurs années après les faits, il a traversé une période extrêmement sombre, allant jusqu’à tenter de mettre fin à ses jours. Internement, suivi psychologique intensif, reconstruction lente : le parcours d’après-coup a été long et douloureux. Ce témoignage brut rappelle que le courage n’immunise personne contre la souffrance psychique.
Aujourd’hui, Franck Terrier semble avoir retrouvé une forme d’équilibre. Et c’est précisément dans ce contexte qu’il prend une décision forte : s’engager en politique locale. Non pas pour chercher la reconnaissance, mais pour continuer à servir sa ville, celle qu’il a défendue au péril de sa vie.
Un ralliement qui fait sens dans le paysage politique niçois
Le choix de rejoindre la liste menée par Éric Ciotti n’est pas anodin. Dans une ville où les lignes politiques bougent constamment, où les alliances se font et se défont, l’arrivée d’une figure aussi symbolique change la donne. Ciotti, qui se présente comme le candidat du renouveau et de la sécurité, trouve ici un porte-étendard puissant.
« Je suis fier de soutenir le changement et l’alternance pour ma ville », a déclaré Franck Terrier. Ces mots simples traduisent une aspiration profonde : ne plus être seulement le témoin d’une tragédie, mais devenir acteur du futur de Nice. Un futur où la sécurité, la mémoire des victimes et la résilience collective occupent une place centrale.
« Il a incarné la résistance de Nice. Aujourd’hui, il choisit de continuer à servir les Niçois à mes côtés. »
Cette phrase résume parfaitement la portée symbolique de ce ralliement. Passer de la résistance physique à l’engagement civique : c’est une trajectoire rare et puissante.
Nice à la croisée des chemins : sécurité et identité
La ville de Nice porte encore les stigmates de cet attentat. La Promenade des Anglais, autrefois synonyme de légèreté et de tourisme, reste marquée par la mémoire des victimes. Des plaques commémoratives, des cérémonies annuelles, des associations de rescapés : la blessure est toujours vive.
Dans ce contexte, l’engagement politique autour des questions de sécurité prend une dimension particulière. Les Niçois attendent des réponses concrètes : renforcement de la vidéosurveillance, présence policière accrue, prévention de la radicalisation, soutien aux victimes… Autant de thèmes sur lesquels les candidats doivent se positionner clairement.
En intégrant Franck Terrier, la liste en lice envoie un message fort : nous n’oublions pas, nous agissons. Le courage d’un homme devient un argument électoral, une preuve tangible que la parole donnée peut se transformer en actes.
Les autres figures qui composent cette dynamique
Ce ralliement ne se fait pas isolément. D’autres personnalités ont rejoint ou soutenu cette liste, créant une coalition hétéroclite mais cohérente sur certains points clés. On retrouve ainsi d’anciens hauts fonctionnaires municipaux, des représentants du monde économique local, des figures du sport niçois, et même des écologistes centristes.
Cette diversité traduit une volonté de dépasser les clivages traditionnels pour proposer une alternative crédible à la majorité sortante. Dans une ville où le maire actuel bénéficie d’une longue expérience, l’opposition mise sur l’image du renouveau et sur des figures emblématiques pour marquer les esprits.
Le terrorisme et la politique : un lien indéfectible
Depuis 2015, la France vit sous le signe du terrorisme islamiste. Nice n’est malheureusement pas une exception. Bataclan, Charlie Hebdo, Saint-Étienne-du-Rouvray, Nice, Trèbes, Conflans-Sainte-Honorine… La liste est longue et douloureuse.
Chaque attentat a généré son lot de héros anonymes, de victimes collatérales et de débats politiques enflammés. Faut-il plus de fermeté ? Plus de prévention ? Plus d’intégration ? Plus de surveillance ? Les réponses divergent, mais une chose est sûre : ces drames ont durablement modifié le paysage politique français.
Dans ce contexte, l’engagement de Franck Terrier dépasse le cadre local. Il incarne une réponse citoyenne directe au terrorisme : ne pas se résigner, agir, se souvenir, et construire. Son parcours rappelle que la lutte contre le terrorisme ne se limite pas aux forces de l’ordre ou aux lois : elle passe aussi par l’engagement individuel et collectif.
Une candidature sous le signe de la mémoire
Pour beaucoup de Niçois, la candidature de Franck Terrier est avant tout un hommage aux victimes. En rejoignant une liste politique, il refuse que l’attentat soit réduit à une tragédie du passé. Il veut que la mémoire devienne force de proposition pour l’avenir.
Que ce soit à travers une meilleure prise en charge des victimes psychologiques, un renforcement des dispositifs de sécurité ou une politique de prévention ambitieuse, son expérience personnelle pourrait nourrir un programme concret et ancré dans le réel.
Ce choix pose aussi une question plus large : comment transformer la douleur collective en moteur de changement positif ? Comment faire en sorte que le sacrifice de ceux qui ont résisté ne soit pas vain ?
Les défis qui attendent la liste
Si le symbole est fort, les défis sont nombreux. Nice est une ville complexe, marquée par des contrastes sociaux, un tourisme massif, une pression immobilière forte et des enjeux sécuritaires permanents. Convaincre les électeurs que le changement est possible ne sera pas simple.
Il faudra aussi répondre aux critiques : instrumentalisation d’un drame ? Récupération politique d’un héros ? Ces accusations, inévitables dans une campagne, devront être anticipées et traitées avec sincérité.
Mais une chose est certaine : l’arrivée de Franck Terrier dans l’arène politique locale ne laisse personne indifférent. Elle oblige chacun à se positionner : sur la mémoire, sur la sécurité, sur l’avenir de Nice.
Un parcours qui inspire au-delà de Nice
L’histoire de Franck Terrier dépasse les frontières de sa ville. Elle pose des questions universelles : que faisons-nous face au mal ? Restons-nous spectateurs ou devenons-nous acteurs ? Comment vivre avec les séquelles d’un traumatisme collectif ?
Dans une époque où le découragement guette souvent, où la résignation semble parfois la seule réponse possible, un homme a choisi l’action. D’abord physique, puis citoyenne. Ce choix rappelle que même après l’horreur, il est possible de reconstruire, de s’engager, de donner du sens à la souffrance.
Les municipales à Nice s’annoncent donc sous un jour particulier. Au-delà des programmes et des alliances, c’est une question de mémoire et de courage qui est posée aux électeurs. Et au centre de ce débat, un homme qui, un soir de juillet, a refusé de baisser les bras.
La suite nous dira si ce symbole trouvera un écho suffisant pour transformer le paysage politique local. Mais une chose est sûre : Franck Terrier ne sera plus seulement le « héros au scooter ». Il est désormais un candidat, un citoyen engagé, un Niçois qui veut écrire la suite de l’histoire de sa ville.
Et ça, c’est déjà une victoire sur l’oubli.
En résumé : les dates clés
14 juillet 2016 : Attentat sur la Promenade des Anglais
2016-2019 : Reconstruction personnelle et séquelles psychologiques lourdes
2019 : Tentative de suicide et internement
2022 : Témoignage poignant lors du procès
2026 : Annonce de son engagement politique aux côtés d’Éric Ciotti
Une trajectoire hors norme pour un homme ordinaire devenu symbole. Nice se souviendra.









