Imaginez un cadre politique prometteur, tout juste désigné pour mener une campagne municipale dans une grande ville française, et qui, en quelques mois, voit sa carrière s’effondrer sous le poids d’accusations graves. C’est l’histoire troublante d’Hassen Hammou, figure montante des écologistes à Marseille, dont le parcours a basculé dans le judiciaire et le scandale. Ce qui avait commencé comme une ascension rapide au sein d’un parti en pleine restructuration s’est transformé en une série d’événements qui interrogent sur la vigilance interne des formations politiques.
Un parcours écologiste brisé par des affaires judiciaires
Hassen Hammou incarnait, jusqu’à récemment, une nouvelle génération d’écologistes prêts à conquérir les grandes métropoles. À 36 ans, il avait été choisi par les militants pour porter les couleurs du parti aux élections municipales de 2026 à Marseille. Une alliance stratégique avec des forces de gauche locale avait même été validée. Mais derrière cette façade de renouvellement politique, des zones d’ombre ont rapidement émergé, plongeant l’intéressé dans une tourmente dont il peine à sortir.
Les origines d’une affaire sensible
Tout commence en juin 2024 avec un rendez-vous pris sur internet. Hassen Hammou affirme avoir été en contact avec deux personnes qu’il croyait majeures, un homme et une femme. Le rendez-vous, fixé sur un parking d’Aubagne, tourne mal : il dit avoir été victime d’une agression violente, avec tentative de vol de son téléphone et de ses effets personnels. Il dépose plainte pour extorsion.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La mère de l’un des jeunes impliqués porte plainte à son tour, accusant l’écologiste d’avoir formulé des propositions à caractère sexuel à son fils mineur via un moyen de communication électronique. Les deux adolescents, âgés de 16 ans au moment des faits, sont finalement condamnés pour extorsion. Pourtant, l’enquête se poursuit du côté d’Hassen Hammou, aboutissant à une convocation devant la justice.
L’accusation retenue est lourde : incitation d’un mineur à commettre un acte de nature sexuelle par un moyen électronique. Un délit qui peut valoir jusqu’à sept ans de prison. L’intéressé conteste fermement, parlant de guet-apens et de manipulation. Ses avocats plaident la relaxe complète, affirmant qu’il n’y a aucun élément nouveau le mettant en cause.
La condamnation et ses conséquences immédiates
En décembre 2025, le verdict tombe : Hassen Hammou est reconnu coupable de corruption de mineur par moyen de communication électronique. La peine prononcée est de 15 mois de prison avec sursis simple. S’ajoutent une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et une interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs pendant trois ans. Aucune inéligibilité n’est cependant décidée, laissant théoriquement la porte ouverte à une poursuite de la carrière politique.
Cette condamnation, bien que avec sursis, provoque un séisme au sein du parti écologiste. Dès les premières révélations, en octobre 2025, des voix internes demandent son retrait. Une proche collaboratrice au niveau national lui aurait explicitement demandé de démissionner du bureau politique. Le parti, prudent, le suspend à titre conservatoire. Sa désignation comme chef de file, pourtant fraîchement votée par les militants, devient caduque dans les faits.
Les écologistes marseillais se retrouvent dans une situation délicate à quelques mois des municipales. L’alliance avec le Printemps Marseillais, validée en même temps que sa nomination, est menacée par le scandale. Un comité de campagne est mis en place pour pallier son absence, mais l’incertitude plane sur la stratégie globale.
« L’instrumentalisation de mon deuil, de mon nom et de mon engagement est pour moi inacceptable et je ne la laisserai pas prospérer. »
Une victime d’usurpation d’identité
Un nouveau rebondissement spectaculaire
Alors que l’appel de la condamnation est en cours, un nouveau chapitre s’ouvre début janvier 2026. Hassen Hammou est placé en garde à vue pour usurpation d’identité. Les faits sont particulièrement graves : il est soupçonné d’avoir créé un faux compte Snapchat au nom d’une figure connue de la lutte contre le narcobanditisme à Marseille.
Cette personne, endeuillée par le meurtre de son frère en novembre 2025, découvre que quelqu’un utilise son identité en ligne. Des messages sont envoyés à des responsables politiques, prêtant à la victime des propos qu’elle n’a jamais tenus sur son frère décédé. Choquée par cette instrumentalisation de son deuil, elle porte plainte.
L’enquête mène rapidement les policiers jusqu’à Hassen Hammou. Une perquisition à son domicile est effectuée, suivie de son placement en garde à vue le 7 janvier. Déféré le lendemain, il est jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, une procédure rapide équivalente au plaider-coupable.
Ce nouveau dossier vient alourdir considérablement le passif judiciaire de l’ancien cadre écologiste. Il soulève des questions sur les motivations derrière cette usurpation : tentative de discrédit ? Réglement de comptes ? Les réponses restent floues, mais l’impact sur l’image publique est immédiat et dévastateur.
Les répercussions politiques et internes
L’affaire Hammou met en lumière les difficultés des partis politiques à gérer les crises liées à des comportements personnels de leurs cadres. Dès octobre 2025, le soutien initial de certaines figures nationales à l’intéressé avait déjà créé des tensions internes. La révélation de la convocation judiciaire, juste après sa nomination comme chef de file, avait surpris tout le monde.
À Marseille, les écologistes doivent maintenant repenser entièrement leur stratégie pour 2026. L’alliance avec les forces de gauche locale, qui paraissait solide, risque d’être remise en question. Les militants, qui avaient plébiscité Hammou, se retrouvent désorientés face à cette succession de révélations.
Au niveau national, cette affaire alimente les débats sur la sélection des candidats et la vigilance éthique. Comment un cadre propulsé au bureau exécutif peut-il se retrouver dans une telle situation ? Les procédures internes de vérification sont-elles suffisantes ? Ces questions traversent tous les partis, mais prennent une résonance particulière chez les écologistes, souvent présentés comme porteurs d’une exigence morale élevée.
Un contexte marseillais particulier
Marseille, ville complexe aux enjeux multiples, constitue un terrain particulier pour la politique. La lutte contre le narcobanditisme y est un sujet brûlant, avec des règlements de comptes réguliers et une mobilisation citoyenne forte. L’usurpation d’identité d’une figure de cette lutte ajoute une dimension dramatique à l’affaire.
La cité phocéenne prépare déjà les municipales de 2026 dans un climat tendu. Les alliances de gauche, incarnées par le Printemps Marseillais, cherchent à consolider leur position. L’irruption de ce scandale au sein de l’un des partenaires potentiels complique sérieusement les négociations et les stratégies électorales.
Plus largement, cette affaire illustre les risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux anonymes ou peu sécurisés. Les rencontres virtuelles peuvent déboucher sur des situations dangereuses, comme l’a vécu Hassen Hammou selon sa version. Mais elles servent aussi, parfois, à des manœuvres d’usurpation ou de manipulation, comme dans le second dossier.
Vers une sortie définitive de la scène politique ?
Avec deux affaires judiciaires en cours – l’appel de la condamnation pour corruption de mineur et la nouvelle procédure pour usurpation d’identité – l’avenir politique d’Hassen Hammou semble fortement compromis. Même en cas de relaxe partielle, l’image est durablement ternie.
Les écologistes marseillais doivent maintenant trouver un nouveau souffle pour les municipales. La reconstruction passera par une clarification rapide et une nouvelle tête d’affiche crédible. Le parti national, lui, tire probablement les leçons de cette crise pour renforcer ses mécanismes de contrôle interne.
Cette histoire rappelle que la politique, surtout locale, reste un métier à hauts risques où la vie privée peut rapidement empiéter sur la sphère publique. À Marseille comme ailleurs, les électeurs attendent désormais des candidats une exemplérité sans faille, ou du moins une transparence totale face aux difficultés.
En conclusion, le cas d’Hassen Hammou marque un tournant douloureux pour les écologistes phocéens. D’une ascension fulgurante à une chute spectaculaire, son parcours illustre les aléas d’une carrière politique dans un contexte médiatique et judiciaire impitoyable. Reste à voir si cette affaire restera un épisode isolé ou si elle révélera des dysfonctionnements plus profonds au sein des appareils partisans.
À retenir :
- Condamnation à 15 mois avec sursis pour corruption de mineur en décembre 2025
- Suspension puis écartement du parti écologiste
- Nouvelle garde à vue en janvier 2026 pour usurpation d’identité sur Snapchat
- Impact majeur sur la stratégie écologiste pour les municipales 2026 à Marseille
L’affaire continue d’évoluer et pourrait réserver encore des surprises dans les mois à venir. Une chose est sûre : elle laisse des traces durables dans le paysage politique marseillais et au-delà.









