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Hamas Prêt à Céder Gaza au Comité National

Le Hamas se dit prêt à transférer totalement la gouvernance de Gaza à un comité de technocrates palestiniens, mais pose une condition majeure : l'ouverture complète de Rafah. Une avancée réelle ou un nouveau blocage en vue ? La réponse dans les prochains jours...
Un développement majeur secoue actuellement la bande de Gaza : le mouvement Hamas annonce sa disposition à céder intégralement les rênes de la gouvernance à un comité technique palestinien. Cette déclaration, faite par un porte-parole officiel depuis le centre du territoire, marque potentiellement un tournant dans la longue crise qui ravage la région depuis plus de deux ans. Elle intervient dans un contexte de trêve fragile et soulève de nombreuses questions sur l’avenir immédiat des habitants et des institutions.

Un pas inattendu vers la transition à Gaza

La bande de Gaza traverse l’une des périodes les plus complexes de son histoire récente. Après des mois de combats intenses, une trêve négociée sous égide internationale semble ouvrir la voie à une reconstruction tant attendue. C’est dans ce cadre que le Hamas exprime aujourd’hui sa volonté de transférer rapidement et complètement l’administration du territoire à une entité nouvelle : le Comité national pour l’administration de Gaza, souvent désigné par son acronyme anglais NCAG.

Ce comité, composé de technocrates palestiniens indépendants, a été conçu pour gérer les affaires courantes sans affiliation partisane directe. Il représente une tentative de dépolitiser temporairement la gouvernance, en se concentrant sur les services essentiels : santé, éducation, sécurité civile et reconstruction. Le porte-parole du mouvement a insisté sur le fait que des préparatifs concrets étaient déjà en place pour faciliter cette passation.

Les déclarations officielles soulignent une pleine disponibilité des ministères, organismes et structures sécuritaires existants à remettre l’ensemble des dossiers. Des protocoles ont été rédigés, des fichiers finalisés, et des équipes dédiées supervisent le processus. L’objectif affiché est clair : assurer un transfert fluide dans tous les secteurs, tout en soutenant ensuite activement le fonctionnement du nouveau comité.

Les conditions posées pour une transition effective

Malgré cette ouverture affichée, une condition sine qua non est mise en avant : la réouverture complète du poste-frontière de Rafah avec l’Égypte. Ce point de passage unique, qui permet des échanges sans contrôle israélien direct, reste crucial pour l’entrée et la sortie des personnes, des marchandises et de l’aide humanitaire.

Depuis sa prise de contrôle par les forces israéliennes en mai 2024, Rafah n’a connu qu’une réouverture partielle et limitée au début de l’année 2025, lors d’une phase antérieure de trêve. Aujourd’hui, le porte-parole appelle à une ouverture totale, dans les deux sens, avec une liberté effective de circulation et sans interférences extérieures. Sans cela, les membres du comité ne pourraient pas accéder physiquement au territoire pour entamer leur mission.

Le dirigeant du NCAG avait annoncé, lors d’une intervention internationale récente, une réouverture imminente dans les deux directions. Pourtant, pour l’instant, seule une circulation piétonne limitée a été autorisée, sous supervision stricte. Cette situation crée une tension palpable : d’un côté, une volonté exprimée de transfert ; de l’autre, des obstacles logistiques qui freinent concrètement la mise en œuvre.

Contexte du plan global de stabilisation

Ce comité technique s’inscrit dans un cadre plus large visant à mettre fin au conflit prolongé. Initié sous impulsion américaine, ce plan ambitieux prévoit plusieurs phases : cessez-le-feu, libération d’otages, démilitarisation progressive et transition administrative. Le NCAG apparaît comme l’organe central de la phase actuelle, chargé de restaurer les services de base et de préparer le terrain pour une gouvernance plus durable.

Les déclarations récentes insistent sur l’engagement du mouvement à respecter les termes de l’accord de trêve. En exprimant sa confiance dans la capacité du comité à intégrer du personnel qualifié sans discriminations inutiles, le porte-parole ouvre la porte à une collaboration pragmatique. Cela pourrait inclure une partie des fonctionnaires et agents de sécurité actuels, évitant ainsi un vide administratif dangereux dans un territoire déjà fragilisé.

La guerre déclenchée en octobre 2023 a laissé des cicatrices profondes : infrastructures détruites, déplacements massifs de population, crise humanitaire aiguë. Une transition réussie dépendra largement de la capacité à acheminer rapidement l’aide et à relancer les services essentiels. Rafah, en tant que lifeline, devient le symbole de cette urgence.

Implications pour les habitants de Gaza

Pour les Gazaouis ordinaires, cette annonce suscite un mélange d’espoir et de scepticisme. Après des années de souffrances, l’idée d’une administration plus neutre et focalisée sur la reconstruction pourrait apporter un soulagement tangible. Imaginez des hôpitaux qui rouvrent pleinement, des écoles qui reprennent, des routes dégagées des décombres : ces perspectives motivent l’attente d’un changement réel.

Cependant, les obstacles persistent. La fermeture prolongée de Rafah limite l’arrivée de matériaux de construction, de médicaments et de denrées. Une ouverture totale permettrait non seulement l’accès du comité, mais aussi un flux humanitaire accru, vital pour des centaines de milliers de personnes déplacées vivant dans des conditions précaires.

Le transfert de gouvernance, s’il se concrétise, pourrait aussi poser des questions sur la continuité des services. Comment intégrer les compétences existantes sans créer de ruptures ? Le mouvement affirme œuvrer à la réussite du comité, suggérant une volonté de stabilité plutôt que de confrontation immédiate.

« Nous pouvons parler à présent d’une pleine disponibilité de tous les ministères, organismes et appareils, y compris dans le domaine sécuritaire, pour remettre tous les dossiers »

Déclaration du porte-parole à Deir el-Balah

Cette phrase illustre l’engagement verbal, mais les actes concrets, comme l’ouverture du passage frontalier, seront déterminants.

Défis sécuritaires et logistiques à venir

La sécurité reste au cœur des préoccupations. Le comité doit établir une autorité civile crédible, tout en gérant la transition d’une structure existante vers une nouvelle. Des discussions portent sur l’intégration progressive d’agents de police locaux dans un nouveau cadre, évitant un chaos sécuritaire qui profiterait à personne.

Parallèlement, la démilitarisation progressive figure parmi les priorités du plan global. Cela implique la gestion d’armes lourdes et légères, avec des garanties pour les parties impliquées. Une transition mal gérée pourrait raviver les tensions, d’où l’importance d’une coordination internationale soutenue.

Les habitants espèrent que cette phase marque le début d’une reconstruction massive. Des logements temporaires, des hôpitaux réparés, une économie relancée : ces besoins criants exigent une action rapide. Le rôle du passage de Rafah devient donc pivotal, non seulement pour le comité, mais pour l’ensemble de la population.

Perspectives d’une paix durable

Ce moment pourrait s’avérer décisif. Si le transfert se réalise et que Rafah s’ouvre pleinement, Gaza pourrait entamer une reconstruction inédite depuis des décennies. Le comité, en tant qu’entité technique, vise à restaurer la dignité quotidienne : accès à l’eau, électricité stable, éducation pour les enfants.

Mais les défis géopolitiques demeurent immenses. Les positions des acteurs régionaux et internationaux influenceront fortement l’issue. Une coopération sincère entre les parties pourrait transformer cette annonce en réalité tangible, au bénéfice premier des civils épuisés par le conflit.

En attendant, les déclarations du jour injectent une dose d’optimisme prudent. Elles rappellent que, même dans les situations les plus bloquées, des ouvertures diplomatiques restent possibles. Reste à transformer les mots en actes concrets, pour que Gaza retrouve enfin un horizon de paix et de prospérité.

Article mis à jour le 28 janvier 2026 – Suivi des évolutions en temps réel sur les négociations régionales.

Pour approfondir, les enjeux humanitaires et politiques se croisent ici de manière intime. Chaque avancée, même modeste, compte pour les familles qui attendent un retour à une vie normale. Le chemin reste long, mais cet engagement verbal marque une étape symbolique importante dans un processus complexe.

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