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Guinée : Vives Réactions Après l’Arrestation d’un Opposant

Guinée : L'arrestation d'un opposant met le feu aux poudres. La société civile et les partis politiques s'indignent face à la dérive autoritaire du régime militaire. Jusqu'où ira la répression des voix critiques ?

La Guinée est à nouveau secouée par une vague d’arrestations arbitraires visant les opposants politiques. La dernière victime en date est Aliou Bah, chef du Mouvement démocratique libéral (MoDel), interpellé la semaine dernière pour « offense » au général Mamadi Doumbouya, l’homme fort du pays depuis le coup d’État de 2021. Cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression suscite une vive indignation au sein de la société civile et des partis d’opposition, qui dénoncent la dérive autoritaire du régime militaire.

Un climat de répression qui s’installe durablement

Depuis la prise de pouvoir de la junte, emmenée par le général Doumbouya, les arrestations de personnalités critiques envers le pouvoir se multiplient. Journalistes, activistes, hommes politiques… Personne n’est épargné par cette chasse aux sorcières qui vise à faire taire toute voix dissidente. Aliou Bah n’est que le dernier exemple en date de cette politique de terreur orchestrée par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), l’organe dirigeant de la junte.

Deux opposants portés disparus

Outre le cas d’Aliou Bah, deux autres opposants sont portés disparus depuis leur arrestation par des hommes armés en juillet dernier. Malgré les appels répétés de leurs proches et de la communauté internationale, le pouvoir garde le silence sur leur sort, faisant craindre le pire. Cette pratique des disparitions forcées, digne des pires heures des dictatures, est devenue monnaie courante sous le règne de la junte.

Des morts suspectes en détention

Plus inquiétant encore, deux hauts responsables arrêtés ces derniers mois sont morts dans des circonstances troubles pendant leur détention. Il s’agit de l’ancien chef d’état-major de l’armée, qui était aussi l’ex-numéro deux du régime, et d’un médecin militaire. Si les autorités évoquent des causes naturelles, de nombreux observateurs soupçonnent des actes de torture ou des exécutions extrajudiciaires.

Un journaliste porté disparu

Les journalistes sont également dans le collimateur de la junte. Habib Marouane Camara, directeur du site d’information Lerevelateur224, a été arrêté le 4 décembre par des hommes en uniforme et reste introuvable depuis, selon ses avocats et un syndicat de presse. Une nouvelle preuve de la volonté du pouvoir de museler la presse indépendante et de contrôler l’information.

La société civile se mobilise

Face à cette dérive liberticide, la société civile guinéenne se mobilise. Dans un communiqué, 150 universitaires et journalistes exigent la libération immédiate d’Aliou Bah et dénoncent la « politique d’élimination systématique des personnes opposées à l’arbitraire et aux excès » de la junte. Ils affirment leur « refus de la terreur » et leur « indignation face à la continuité de la brutalité du pouvoir ». Des mots forts qui témoignent de la gravité de la situation.

Nous voulons dire haut et fort notre refus de la terreur. Nous voulons réitérer avec force et conviction notre indignation face à la continuité de la brutalité du pouvoir.

Communiqué de 150 universitaires et journalistes guinéens

La junte faillit à ses promesses

Arrivée au pouvoir avec la promesse de rendre le pays à des civils élus sous peu, la junte semble aujourd’hui bien décidée à s’accrocher au pouvoir. Malgré la pression de la communauté internationale, le général Doumbouya a fait savoir qu’il ne tiendrait pas son engagement initial de céder la place avant fin 2024. Un revirement qui inquiète quant à la trajectoire politique du pays et à la volonté réelle de la junte d’organiser des élections libres et transparentes.

Une situation explosive

Avec un pouvoir de plus en plus autoritaire, une opposition muselée et une société civile qui peine à se faire entendre, tous les ingrédients sont réunis pour une explosion sociale en Guinée. Si la junte persiste dans cette voie répressive, elle risque de précipiter le pays dans le chaos et la violence. Il est urgent que la communauté internationale accentue sa pression pour obtenir la libération des prisonniers politiques et le respect des libertés fondamentales, avant qu’il ne soit trop tard.

La situation en Guinée est plus que préoccupante. L’arrestation d’Aliou Bah n’est que la partie émergée d’un iceberg d’exactions et de violations des droits humains perpétrées par le régime militaire. Face à cette dérive autoritaire, la mobilisation de la société civile et la vigilance de la communauté internationale sont plus que jamais nécessaires. Car c’est bien l’avenir démocratique de tout un pays qui se joue actuellement dans le bras de fer engagé entre la junte et les défenseurs des libertés. Un combat crucial dont l’issue impactera durablement la Guinée et toute la région ouest-africaine.

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