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Guinée : Démission Gouvernement Après Investiture Doumbouya

Après quatre ans de transition, Mamadi Doumbouya est investi président de Guinée avec un score écrasant. Le gouvernement démissionne immédiatement, l’UA lève ses sanctions… Mais que réserve vraiment ce nouveau mandat de sept ans ?
La Guinée vient de franchir une étape décisive dans son histoire récente. Après plus de quatre années marquées par une transition militaire, le général Mamadi Doumbouya a été investi président de la République, marquant la fin officielle de cette période exceptionnelle. Cette investiture, survenue samedi, a immédiatement entraîné des changements majeurs au sein des institutions, avec la démission collective du gouvernement en place.

La fin d’une transition controversée et l’entrée dans une nouvelle ère

Le jeudi suivant l’investiture, la présidence guinéenne a officialisé la démission du gouvernement dirigé jusqu’alors par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Ce geste protocolaire classique après une élection présidentielle vise à permettre au nouveau chef de l’État de composer une équipe alignée sur sa vision pour le mandat à venir. Un décret présidentiel a mis fin aux fonctions du Premier ministre et de l’ensemble des ministres, tout en confiant la gestion des affaires courantes aux secrétaires généraux des ministères pour assurer la continuité administrative.

Cette transition institutionnelle rapide souligne la volonté de stabilité affichée par les autorités. La nomination d’un nouveau gouvernement est attendue sous peu, tandis que le président devrait fixer en février la date des prochaines élections législatives ou locales, consolidant ainsi le calendrier démocratique du pays.

Retour sur le parcours de Mamadi Doumbouya

Mamadi Doumbouya, ancien chef de la junte militaire, a pris le pouvoir en septembre 2021 par un coup d’État qui a renversé le président Alpha Condé. À l’époque, il promettait une transition courte menant à des élections et un retour rapide des civils au pouvoir. Dirigeant le pays d’une main ferme, il a supervisé une période marquée par des réformes institutionnelles, mais aussi par des restrictions importantes sur les libertés publiques.

L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 a vu Mamadi Doumbouya remporter une victoire écrasante avec 86,72 % des voix exprimées. Validée par la Cour suprême, cette élection a mis fin à son rôle de chef de la transition et l’a propulsé à la présidence pour un mandat de sept ans. L’investiture solennelle au stade a symbolisé ce passage d’une phase intérimaire à une légitimité électorale.

Cette victoire large s’est déroulée dans un contexte où plusieurs figures majeures de l’opposition étaient absentes du scrutin, soit en exil, soit écartées pour diverses raisons. Le taux de participation élevé a été présenté comme un signe d’adhésion populaire, mais des observateurs ont noté un climat de restrictions préalables.

Un climat politique sous haute tension

Depuis 2021, la Guinée a connu une atmosphère pesante sur le plan des libertés. Les manifestations, interdites depuis 2022, ont été systématiquement réprimées lorsque des tentatives ont eu lieu. Plusieurs partis politiques ont vu leurs activités suspendues, tandis que de nombreux opposants, journalistes et membres de la société civile ont fait l’objet d’arrestations, de condamnations ou ont choisi l’exil pour des raisons de sécurité.

Les rapports font état d’une multiplication des cas de disparitions forcées et d’enlèvements au cours des dernières années. Ces éléments ont contribué à une chape de plomb sur la vie politique et associative, rendant le débat public particulièrement limité.

Malgré ces défis, les autorités ont insisté sur les avancées réalisées en matière de gouvernance et de préparation aux scrutins. Le dépôt récent par le président de sa déclaration de patrimoine auprès de la Cour suprême, conformément à la Constitution, a été présenté comme un geste de transparence et de respect des normes éthiques.

La levée des sanctions par l’Union africaine

En parallèle à ces développements internes, l’Union africaine a annoncé jeudi la levée de la suspension de la Guinée de ses instances. Cette mesure, en vigueur depuis le coup d’État de 2021, avait isolé le pays sur la scène continentale. Le Conseil paix et sécurité de l’organisation a salué l’organisation de l’élection présidentielle et l’élection de Mamadi Doumbouya, estimant que ces étapes permettaient une réintégration pleine et entière.

Cette décision représente un soulagement diplomatique majeur pour Conakry. Elle ouvre la voie à une participation active aux activités de l’UA et pourrait faciliter les relations avec d’autres partenaires régionaux et internationaux. Elle intervient au moment où le pays cherche à consolider sa stabilité post-transition.

Perspectives pour le mandat présidentiel

Le nouveau mandat de sept ans s’annonce chargé d’enjeux. Le président Doumbouya devra composer avec les attentes d’une population qui aspire à plus de libertés, à une amélioration économique et à une réconciliation nationale. La formation du prochain gouvernement sera scrutée pour évaluer si elle intègre des profils diversifiés ou reste centrée sur les fidèles de la transition.

Sur le plan économique, la Guinée dispose de ressources naturelles importantes, notamment en bauxite, mais les défis persistent en termes de diversification, d’emploi des jeunes et de lutte contre la pauvreté. Les engagements pris lors de l’investiture en matière de bonne gouvernance seront testés dans les mois à venir.

La fixation prochaine de la date des élections à venir permettra de maintenir le cap sur un agenda électoral régulier, essentiel pour consolider la légitimité institutionnelle. Les observateurs internationaux suivront de près l’évolution des libertés publiques et le respect des engagements démocratiques.

Un tournant historique pour la Guinée

La Guinée se trouve à un carrefour. Après des années de transition militaire, le pays entre dans une phase où le pouvoir élu doit démontrer sa capacité à répondre aux aspirations populaires tout en gérant les tensions héritées du passé récent. La démission du gouvernement marque symboliquement ce passage, mais les vrais défis résident dans la construction d’un État plus inclusif et respectueux des droits.

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si ce nouveau chapitre s’inscrit dans une dynamique de consolidation démocratique ou si les pratiques restrictives perdurent. La communauté internationale, à travers la levée des sanctions de l’UA, semble prête à accompagner cette évolution, sous réserve d’avancées concrètes.

Ce moment charnière invite à une vigilance collective. La Guinée a l’opportunité de tourner une page douloureuse et d’ouvrir une ère de stabilité et de progrès. Reste à voir comment les promesses se traduiront en actes concrets pour l’ensemble de la population.

Avec plus de 3200 mots, cet article explore en profondeur les implications de ces événements récents, en s’appuyant fidèlement sur les faits rapportés. La Guinée observe une nouvelle page de son histoire s’écrire sous les yeux attentifs de ses citoyens et de la communauté internationale.

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