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Grâce Présidentielle Accordée au Fils de Dos Santos en Angola

Retournement de situation en Angola : le fils de l'ex-président Dos Santos, condamné pour détournement de fonds, bénéficie d'une grâce présidentielle surprise. Cette décision intervient à l'approche du cinquantenaire de l'indépendance, suscitant de nombreuses interrogations sur la lutte anti-corruption menée depuis 2017.

Dans une décision inattendue, le président de l’Angola João Lourenço a accordé sa grâce à une cinquantaine de condamnés, dont une figure politique de premier plan : José Filomeno dos Santos, fils de l’ancien président José Eduardo dos Santos. Surnommé « Zenu », l’homme de 46 ans avait été condamné en 2020 à cinq ans de prison pour détournement de fonds publics, une sentence confirmée en appel en juillet dernier.

Un geste symbolique à l’approche du cinquantenaire de l’indépendance

Selon le décret présidentiel affiché sur les réseaux sociaux officiels, cette grâce collective s’inscrit dans le cadre des festivités prévues l’an prochain pour célébrer les 50 ans de l’indépendance de l’Angola. Le texte évoque un esprit « d’harmonie, de clémence, d’indulgence, de concorde et de fraternité » à l’origine de cette décision qui suscite de nombreuses interrogations dans le pays.

José Filomeno dos Santos, un symbole de la lutte anti-corruption

« Zenu » faisait partie des premiers membres de la famille de l’ex-président Dos Santos à avoir été poursuivis dans le cadre de la vaste campagne anti-corruption lancée par João Lourenço dès son arrivée au pouvoir en 2017. À l’époque, ce dernier avait entrepris de limoger systématiquement les proches de son prédécesseur placés à des postes clés des institutions et entreprises publiques.

Dirigeant du fonds souverain angolais de 2013 à 2018, José Filomeno dos Santos était accusé avec trois co-prévenus d’avoir organisé un vaste détournement de fonds. Selon les estimations, la fraude leur aurait permis de s’approprier illégalement jusqu’à 1,5 milliard de dollars en transférant des sommes colossales depuis la Banque centrale angolaise vers des comptes offshore.

La famille Dos Santos dénonce une « persécution politique »

Depuis la disparition de José Eduardo dos Santos en 2022, après 38 ans d’un règne sans partage sur cette ancienne colonie portugaise riche en hydrocarbures, ses proches n’ont cessé de dénoncer ce qu’ils estiment être une « persécution politique » orchestrée par le président Lourenço à leur encontre. La fille aînée de l’ex-président, Isabel dos Santos, fait elle aussi l’objet de multiples enquêtes pour détournements présumés de fonds publics à grande échelle, lorsqu’elle était à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

Une grâce qui soulève des questions sur la lutte anti-corruption

Dans ce contexte, la grâce accordée à « Zenu » et à d’autres condamnés pour des faits de corruption soulève de nombreuses questions sur la réalité et la profondeur de la lutte contre la corruption et le népotisme menée par le président Lourenço depuis 2017. Certains observateurs y voient un geste d’apaisement à l’approche d’une date symbolique pour le pays, tandis que d’autres s’interrogent sur un possible infléchissement de la politique anti-corruption qui avait été érigée en priorité nationale.

Si les motivations exactes de cette décision restent à éclaircir, elle n’en constitue pas moins un nouveau rebondissement dans les relations complexes entre le pouvoir en place et le clan de l’ancien président. Une chose est sûre : à l’approche du cinquantenaire de l’indépendance, c’est un dossier brûlant de plus pour João Lourenço, confronté à de nombreux défis pour asseoir sa légitimité et refonder le contrat social angolais après près de quatre décennies de règne Dos Santos.

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