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Ghana: L’Économie au Cœur de la Présidentielle 2024

Au Ghana, les promesses pour sortir le pays de la crise économique seront décisives lors de la présidentielle. Entre inflation record, défaut sur la dette et accord avec le FMI, quel candidat saura convaincre les électeurs ?

Au Ghana, les promesses électorales pour redresser l’économie du pays en proie à une grave crise seront au cœur de la campagne présidentielle. Alors que les prix des denrées alimentaires explosent et que l’épargne des Ghanéens fond comme neige au soleil, les candidats rivalisent de propositions pour convaincre un électorat exaspéré par les difficultés du quotidien. Dans ce contexte tendu, le scrutin du 7 décembre s’annonce particulièrement serré entre le vice-président sortant Mahamudu Bawumia, candidat du parti au pouvoir, et son principal rival de l’opposition John Mahama.

Le Ghana face à l’une des pires crises économiques de son histoire

Considéré il y a peu comme un modèle de stabilité et un eldorado pour les investisseurs en Afrique de l’Ouest, le Ghana traverse aujourd’hui une période économique des plus sombres. Producteur d’or, de cacao et de pétrole, le pays de 33 millions d’habitants a été contraint de faire défaut sur sa dette extérieure en 2022 et de conclure un plan d’aide de 3 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI). Une pilule amère pour les citoyens, dont les économies ont été laminées par la restructuration de la dette publique.

L’inflation a atteint des sommets à 54,1% en 2022 avant de redescendre à 23,2% fin 2023, mais les Ghanéens continuent de souffrir au quotidien de la flambée généralisée des prix. Sur les étals des marchés, les commerçants peinent à écouler leurs marchandises devenues hors de prix pour une grande partie de la population.

Bawumia mise sur son expertise économique, Mahama critique la gestion de la crise

Dans ce contexte explosif, les deux favoris de la présidentielle s’affrontent à distance. Vice-président sortant, Mahamudu Bawumia se pose en expert économique à même de redresser le pays grâce à son expérience et sa vision axée sur la transformation numérique. Mais il peine à se démarquer du bilan du gouvernement dont il a été un rouage essentiel en tant que responsable de l’équipe de gestion économique.

De son côté, le leader de l’opposition John Mahama pointe du doigt les errements de l’exécutif dans la crise. Porté par le mécontentement des électeurs selon plusieurs sondages, il promet de renégocier certains aspects de l’accord avec le FMI pour donner la priorité à l’emploi des jeunes, l’agriculture et les infrastructures.

Entre timide reprise et lourde dette, des défis économiques de taille

Si les chiffres de la croissance sont repartis à la hausse avec 5,8% au premier semestre 2024, la reprise reste fragile. Sur l’ensemble de l’année, les prévisions tablent sur une progression modeste de 3,4% du PIB, insuffisante pour faire reculer significativement le chômage. Autre source d’inquiétude, l’endettement public du Ghana culmine à 84% du PIB, un niveau élevé pour ce pays pauvre même si le FMI anticipe une décrue à 55% d’ici 2028.

Au-delà des promesses, les Ghanéens attendent des candidats un plan crédible et des résultats concrets pour sortir le pays du marasme économique et restaurer la confiance. L’avenir à court terme du Ghana se jouera sans nul doute dans les urnes le 7 décembre prochain.

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