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Gaza : Lancement de la Phase 2 du Plan Américain pour Désarmer le Hamas

Washington annonce le passage à la phase 2 de son ambitieux plan pour Gaza : désarmement total du Hamas et mise en place d’une administration technocratique. Mais le mouvement palestinien acceptera-t-il vraiment de rendre les armes ?

Et si la fin de l’un des conflits les plus longs et les plus destructeurs de notre époque passait réellement par une étape aussi radicale que le désarmement complet d’un mouvement armé ? Mercredi, une annonce officielle venue de Washington a secoué les chancelleries et les rédactions du monde entier.

Après des mois de négociations intenses, de cessez-le-feu fragiles et de discussions interminables, l’administration américaine affirme franchir un cap majeur dans son projet de résolution du conflit à Gaza. Le ton est ferme, les mots lourds de conséquences.

Une nouvelle phase s’ouvre : du cessez-le-feu à la démilitarisation

Ce n’est plus seulement une pause dans les combats que les États-Unis souhaitent obtenir. L’objectif affiché est beaucoup plus ambitieux : transformer durablement la réalité sécuritaire et politique de la bande de Gaza. L’envoyé spécial chargé des missions de paix a publié un message clair sur les réseaux sociaux, marquant symboliquement le lancement de cette deuxième étape.

Le plan initial, dévoilé il y a plusieurs mois et composé de vingt points précis, entre donc dans une phase opérationnelle beaucoup plus sensible. Là où la première étape visait à obtenir une trêve durable, la seconde s’attaque frontalement à la question militaire.

Qu’appelle-t-on exactement « phase deux » ?

Concrètement, cette nouvelle étape marque le passage officiel d’une logique de cessez-le-feu temporaire vers une transformation structurelle profonde du territoire. Trois grands piliers sont mis en avant :

La création d’une administration transitoire entièrement technocratique, la démilitarisation complète de Gaza et le lancement d’un vaste chantier de reconstruction. Ces trois axes sont présentés comme indissociables et doivent se dérouler de manière coordonnée.

« Nous annonçons le lancement de la phase deux du plan en 20 points du président visant à mettre fin au conflit à Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction »

Ces mots, publiés directement par le principal négociateur américain, ne laissent que peu de place à l’interprétation. La volonté affichée est de sortir définitivement du cycle de la violence armée à Gaza.

Le Comité National pour l’Administration de Gaza (NCAG)

Au cœur de cette nouvelle phase se trouve la mise en place d’un organe exécutif inédit : le Comité National pour l’Administration de Gaza, composé de quinze personnalités palestiniennes choisies pour leurs compétences techniques plutôt que pour leur appartenance politique.

Ce comité doit gérer les affaires courantes du territoire pendant une période transitoire, sous la supervision d’un Conseil de la paix dont la présidence est assurée directement par le président américain. Une formule qui souligne l’implication extrêmement forte de Washington dans le processus.

Peu avant l’annonce officielle américaine, une source gouvernementale égyptienne avait confirmé qu’un accord s’était dégagé sur les noms des quinze membres. Ce consensus, obtenu après de longues tractations, constitue sans doute l’une des avancées diplomatiques les plus concrètes enregistrées depuis plusieurs mois.

Démilitarisation complète : l’ultimatum aux armes non autorisées

Le terme employé est sans ambiguïté : démilitarisation complète. Il s’agit, selon les explications officielles, de désarmer « tout le personnel non autorisé » présent sur le territoire. Derrière cette formule technique se cache une exigence claire : le Hamas doit rendre ses armes.

Les autorités américaines insistent sur le fait que cette étape n’est pas négociable. Toute tentative de conserver un arsenal militaire hors du cadre légal serait considérée comme une violation majeure des engagements pris.

« Les Etats-Unis attendent du Hamas qu’il respecte pleinement ses obligations, y compris le retour immédiat du dernier otage décédé. Tout manquement à cette obligation entraînera de graves conséquences. »

Cette mise en garde vise particulièrement la question des otages. Le retour du corps d’une personne enlevée le 7 octobre 2023 est présenté comme une condition sine qua non au bon déroulement du processus. Le ton employé laisse peu de doute sur la fermeté de la position américaine.

Retour sur l’origine du plan en vingt points

Pour bien comprendre l’importance de l’annonce actuelle, il faut remonter à l’automne dernier. Après deux années de guerre d’une violence inouïe, l’administration américaine avait dévoilé un document ambitieux de vingt points censé offrir une feuille de route vers une sortie de crise durable.

Ce plan ne se contentait pas de parler de paix : il proposait une refonte complète de la gouvernance, de la sécurité et de l’économie du territoire. La phase deux que nous connaissons aujourd’hui n’est donc pas une improvisation de dernière minute, mais bien l’application d’une stratégie mûrement réfléchie.

Elle intervient à un moment où la lassitude internationale est à son comble et où la pression sur toutes les parties prenantes est devenue considérable. Le timing n’est sans doute pas anodin.

Les acteurs régionaux salués pour leurs efforts

Dans son communiqué, l’émissaire américain tient à remercier publiquement trois pays pour leur rôle déterminant dans la progression des négociations : l’Égypte, la Turquie et le Qatar.

Ces trois États ont multiplié les médiations, les rencontres discrètes et les pressions de toutes natures depuis le début du conflit. Leur reconnaissance officielle par Washington constitue un signal diplomatique fort.

Elle rappelle également que, malgré la centralité du rôle américain dans cette phase, la résolution du conflit nécessite obligatoirement l’implication active des capitales régionales.

Quels obstacles majeurs se dressent encore devant la phase deux ?

Si l’annonce est spectaculaire, les défis à relever restent immenses. La première et principale difficulté réside dans la faisabilité réelle du désarmement complet du Hamas. Un mouvement qui a fait de sa capacité militaire l’un de ses principaux éléments de légitimité acceptera-t-il de déposer les armes ?

De nombreux observateurs doutent qu’une telle décision puisse être prise sans contrepartie politique très importante. La question du devenir politique du mouvement, de ses cadres et de ses combattants reste entière.

Autre point sensible : l’acceptation par la population de Gaza d’une administration transitoire perçue comme extérieure. Même technocratique, ce comité risque d’être vu par une partie de la population comme une forme de tutelle étrangère.

La question de la reconstruction : promesse ou mirage ?

Le troisième pilier de la phase deux concerne la reconstruction. Après des années de destructions massives, Gaza a besoin d’un plan Marshall d’une ampleur exceptionnelle.

Les estimations les plus prudentes parlent de plusieurs dizaines de milliards de dollars nécessaires pour reconstruire logements, écoles, hôpitaux, réseaux d’eau et d’électricité. Qui financera ? Qui supervisera ?

La réponse à ces questions sera déterminante pour la crédibilité de l’ensemble du processus. Une promesse de reconstruction sans financement crédible et sans calendrier réaliste risquerait de transformer l’espoir en nouvelle désillusion.

Quel avenir pour les négociations multilatérales ?

La stratégie américaine actuelle semble privilégier une approche très descendante et fortement centralisée autour de Washington. Cette méthode présente l’avantage de la clarté et de la rapidité, mais aussi l’inconvénient d’une possible fragilité face aux réalités locales.

La réussite de la phase deux dépendra en grande partie de la capacité des différents acteurs à s’approprier le plan plutôt qu’à le subir. Un équilibre subtil entre fermeté et inclusion sera nécessaire.

Et maintenant ?

L’annonce de ce mercredi marque incontestablement un tournant. Pour la première fois depuis longtemps, un acteur majeur du dossier affiche un calendrier, des objectifs précis et des lignes rouges claires.

Reste à savoir si cette nouvelle phase pourra réellement transformer la donne sur le terrain ou si elle rejoindra la longue liste des initiatives qui, malgré leur ambition affichée, se sont heurtées aux réalités complexes du conflit israélo-palestinien.

Les prochains jours, les prochaines semaines seront décisifs. Les réactions du Hamas, des autorités palestiniennes, d’Israël et des capitales arabes seront scrutées avec la plus grande attention.

Une chose est sûre : à partir d’aujourd’hui, le chemin vers une sortie de crise durable passe, selon Washington, par le désarmement, la gouvernance technocratique et la reconstruction. Un triptyque ambitieux, risqué, mais peut-être nécessaire.

« La paix durable ne se construit pas seulement sur des cessez-le-feu, mais sur la disparition des moyens de faire la guerre. »

– Inspiré des déclarations officielles américaines

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