Imaginez une entreprise que tout le monde croyait condamnée il y a encore quelques années, et qui se retrouve aujourd’hui avec une trésorerie colossale, un PDG prêt à tout bouleverser et un cours de bourse qui fait à nouveau vibrer les réseaux sociaux. C’est exactement ce qui est en train de se passer chez GameStop en ce début d’année 2026.
Le titre a nettement rebondi ces derniers jours, porté par une information qui intrigue autant qu’elle excite les investisseurs : Ryan Cohen, le charismatique patron, serait actuellement concentré sur un projet qu’il qualifie lui-même de monumental. Et ce projet, ce n’est ni une nouvelle collection de figurines, ni un virage vers le gaming mobile… mais bien une acquisition de très grande ampleur.
Un trésor de guerre qui change tout
Pour comprendre l’ampleur de ce qui se joue actuellement, il faut d’abord regarder les chiffres. GameStop dispose aujourd’hui d’environ 9 milliards de dollars en liquidités et actifs facilement convertibles. À cela s’ajoute une réserve stratégique d’environ 519 millions de dollars investis en Bitcoin. Oui, vous avez bien lu : l’ancien roi du disque et de la cartouche possède désormais une poche de bitcoins non négligeable.
Cette masse financière impressionnante n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une stratégie très disciplinée menée depuis plusieurs années par Ryan Cohen : réduction drastique du réseau de magasins, vente d’actifs non stratégiques, gestion très serrée des coûts et surtout… absence de dépenses inconsidérées.
Adieu le modèle retail classique
Contrairement à ce que beaucoup imaginent encore, GameStop n’est plus vraiment une enseigne de distribution traditionnelle. Les fermetures de magasins s’accélèrent en 2026 et l’entreprise démonte méthodiquement son ancienne infrastructure physique pour libérer du cash et se concentrer sur autre chose.
Ce pivot stratégique radical rappelle inévitablement la trajectoire suivie par certaines sociétés mythiques qui ont su se réinventer complètement. On pense bien entendu à Berkshire Hathaway, même si la comparaison fait sourire certains observateurs tant le style Cohen reste unique.
Une chasse aux « diamants bruts »
Ryan Cohen ne cache pas ses intentions : il recherche une cible de taille nettement supérieure à GameStop actuelle, dans le secteur de la consommation ou de la distribution, mais qui souffre d’une mauvaise gestion ou d’un positionnement temporairement dégradé.
Il parle ouvertement de « diamonds in the rough » : des entreprises qui possèdent des fondamentaux solides mais qui sont mal dirigées ou mal comprises par le marché. Selon lui, ce type d’opportunité peut se révéler génial… ou totalement désastreux. Il assume pleinement le risque.
« Cela peut être génial ou totalement, totalement idiot. »
Ryan Cohen, à propos de sa stratégie d’acquisition
Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit du dirigeant : audacieux, conscient du danger, mais persuadé que le jeu en vaut la chandelle.
Un modèle de rémunération très agressif
Pour lever les derniers doutes sur sa détermination, il suffit de regarder la structure de sa rémunération. Ryan Cohen ne touche aucun salaire fixe ni bonus classique. Il ne gagne de l’argent que si deux conditions très ambitieuses sont remplies :
- GameStop atteint une capitalisation boursière de 100 milliards de dollars
- L’entreprise génère 10 milliards de dollars d’EBITDA
Autant dire que le PDG a tout intérêt à voir le cours s’envoler durablement et à transformer profondément la société. Pas de demi-mesure possible.
Michael Burry parmi les soutiens affichés
Le projet ne fait pas l’unanimité, mais il compte déjà des soutiens de poids. Michael Burry, célèbre investisseur connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a publiquement défendu la stratégie de Cohen. Pour lui, utiliser cette montagne de cash pour acquérir une entreprise rentable et génératrice de flux est une décision rationnelle.
Burry n’est pas du genre à parler pour ne rien dire. Quand il choisit de s’exprimer, les marchés écoutent. Son appui renforce la crédibilité du virage amorcé.
Et le Bitcoin dans tout ça ?
La présence d’une poche Bitcoin de plus de 500 millions de dollars intrigue également. GameStop a constitué cette position à un moment où peu d’entreprises cotées osaient encore afficher une stratégie crypto aussi claire.
Certains y voient une simple diversification, d’autres un pari long terme sur la hausse du bitcoin. Dans tous les cas, cela ajoute une couche supplémentaire de spéculation autour du titre.
Pourquoi le titre monte-t-il maintenant ?
Plusieurs éléments se combinent pour expliquer le regain d’intérêt récent :
- Confirmation que Ryan Cohen travaille activement sur un gros dossier
- Absence d’interview médiatique car « trop occupé » sur ce projet
- Soutien renouvelé de figures influentes de la finance
- Contexte de marché favorable aux histoires de transformation
- Trésorerie perçue comme une arme absolue dans un environnement incertain
Quand tous ces ingrédients sont réunis, il ne faut souvent pas grand-chose pour que le cours s’embrase à nouveau.
Quelles cibles possibles ?
Bien entendu, personne ne connaît le nom de la cible. Mais on peut raisonnablement imaginer plusieurs profils :
- Grande chaîne spécialisée en difficulté (électroménager, sport, high-tech…)
- Acteur du e-commerce physique/online mal valorisé
- Marque grand public avec un réseau de distribution sous-exploité
- Société de consommation courante en repositionnement
Le critère le plus important semble être la taille : Ryan Cohen veut clairement une entreprise plus grosse que GameStop actuelle. Cela implique un chèque potentiellement compris entre 4 et 8 milliards de dollars, voire davantage si une partie se fait en actions.
Les risques d’un tel pari
Malgré l’enthousiasme, il ne faut pas oublier que ce type de transformation est extrêmement risqué. Parmi les principaux dangers :
| Risque d’exécution | Intégrer une grosse structure mal en point n’est jamais simple |
| Risque de valorisation | Payer trop cher une cible « décotée » qui ne rebondit jamais |
| Risque stratégique | Perdre le fil conducteur et diluer l’identité GameStop |
| Risque actionnarial | Mécontentement d’une base mémétique très active et très volatile |
| Risque macro | Contexte économique défavorable qui plombe les retailers |
Chaque point ci-dessus peut à lui seul faire dérailler le projet.
Une page d’histoire en train de s’écrire ?
Ce qui est certain, c’est que nous assistons peut-être à l’un des chapitres les plus fascinants de la saga GameStop. D’un côté, une communauté qui a déjà prouvé qu’elle pouvait déplacer des montagnes. De l’autre, un dirigeant qui semble prêt à jouer le tout pour le tout avec des milliards en poche.
Entre les deux, une cible mystère qui pourrait redessiner complètement le paysage de la distribution grand public dans les années à venir… ou au contraire devenir le plus gros pari raté de la décennie.
Dans tous les cas, une chose est sûre : on ne regarde plus GameStop comme on le regardait il y a cinq ans. Et cela, c’est déjà une victoire en soi pour Ryan Cohen.
À suivre… de très près.
Le saviez-vous ?
La capitalisation boursière nécessaire pour déclencher la rémunération de Ryan Cohen représente environ 15 à 20 fois la valeur actuelle de l’entreprise selon les cours récents. Autant dire que le défi est titanesque.
Les prochains mois s’annoncent donc riches en rebondissements. Entre rumeurs, démentis, annonces officielles potentielles et réactions toujours explosives de la communauté, GameStop reste décidément l’une des histoires les plus captivantes de la finance moderne.
Et vous, que pensez-vous de cette stratégie ? Pari de génie ou folie des grandeurs ?









