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France-USA : Menaces de Taxes sur Vins et Aéronautique

Donald Trump brandit une taxe de 200% sur les vins et champagnes français pour des raisons géopolitiques surprenantes. Avec 48,5 milliards d'euros exportés en 2024, quels secteurs français tremblent vraiment face à cette nouvelle vague ? La réponse risque de surprendre...

Imaginez un instant : des caisses de champagne millésimé, des bouteilles de Bordeaux soigneusement rangées, des flacons de parfum iconiques et même des pièces d’avions ultramodernes… Tout cela pourrait soudain coûter beaucoup plus cher aux consommateurs américains. Pourquoi ? Parce que des menaces de taxes douanières très élevées planent à nouveau sur les échanges commerciaux entre la France et les États-Unis.

En ce début d’année 2026, les relations économiques transatlantiques traversent une zone de turbulences particulièrement marquante. Les annonces récentes ont ravivé les craintes dans plusieurs secteurs stratégiques français. À la clé : des milliards d’euros d’exportations qui pourraient être directement impactés.

Les exportations françaises vers les États-Unis sous pression

Les États-Unis constituent depuis de longues années l’un des tout premiers débouchés pour les produits français. En 2024, les entreprises tricolores ont expédié pas moins de 48,5 milliards d’euros de biens vers ce marché. Ce chiffre place les USA au deuxième rang des clients de la France, juste derrière l’Allemagne.

Cette dépendance relative à un seul pays partenaire n’est pas anodine. Lorsque des menaces tarifaires surgissent outre-Atlantique, ce sont des pans entiers de l’économie française qui se retrouvent exposés. Et les annonces récentes ne laissent guère de place au doute : plusieurs secteurs phares sont clairement dans le viseur.

L’aéronautique, poids lourd des exportations

Premier secteur concerné, et de très loin : l’aéronautique. À elle seule, cette filière représente environ un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis. En 2024, les ventes de produits liés à la construction aéronautique et spatiale ont atteint 9,7 milliards d’euros.

Il s’agit principalement de turboréacteurs, d’avions complets, de parties d’avions et de composants moteurs. Le principal acteur industriel français dans ce domaine est bien connu : son siège opérationnel se trouve dans le sud-ouest de la France, et il occupe une place prépondérante sur le marché américain.

Ce qui frappe, c’est la résilience dont a fait preuve ce secteur ces derniers mois. Entre janvier et septembre 2025, les exportations aéronautiques vers les États-Unis ont même progressé de 17 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une performance remarquable dans un contexte international tendu.

« Le secteur aéronautique a plutôt bien résisté », soulignent les statistiques douanières les plus récentes.

Cette solidité s’explique en partie par la nature même des contrats dans l’aéronautique : commandes souvent pluriannuelles, chaînes d’approvisionnement très intégrées, difficulté à changer rapidement de fournisseurs. Mais jusqu’à quand cette résilience tiendra-t-elle face à des hausses tarifaires potentielles importantes ?

Le luxe français : parfums, maroquinerie et habillement

Autre pilier des exportations tricolores : le secteur du luxe et des biens de consommation haut de gamme. Parfums et cosmétiques, articles en cuir, bagages, chaussures, vêtements… Ces différentes catégories ont cumulé 6,5 milliards d’euros d’exportations vers les États-Unis en 2024.

La France excelle dans ce domaine. Les grandes maisons bénéficient d’une image de marque exceptionnelle outre-Atlantique. Pourtant, tous les produits vendus sous ces noms prestigieux ne sont pas forcément fabriqués en France. Certaines grandes entreprises du secteur possèdent des sites de production aux États-Unis même, où elles réalisent une part significative de leur chiffre d’affaires.

Autre élément à prendre en compte : la clientèle visée. Il s’agit souvent de personnes fortunées, moins sensibles aux variations de prix. Une taxe supplémentaire, même conséquente, risque donc d’avoir un impact limité sur la demande finale pour ces produits très haut de gamme.

  • Parfums et cosmétiques
  • Maroquinerie et bagagerie
  • Chaussures de luxe
  • Articles d’habillement haut de gamme

Ces quatre sous-secteurs forment le socle du luxe à la française exporté aux États-Unis. Leur poids économique est considérable, même si une partie de la production échappe déjà aux taxes à l’importation grâce à la délocalisation partielle.

Les produits pharmaceutiques : un pilier discret mais puissant

Avec 3,8 milliards d’euros en 2024, les exportations de produits pharmaceutiques occupent également une place de choix. Il s’agit essentiellement de médicaments, un domaine où la France dispose de laboratoires de recherche et de sites de production de pointe.

Fait notable : lors des précédentes tensions commerciales en 2025, ce secteur avait été largement épargné par les menaces tarifaires. Les médicaments essentiels bénéficient souvent d’une forme de protection implicite, les autorités évitant généralement de perturber l’accès aux soins.

Reste à savoir si cette exception se maintiendra dans le climat actuel, beaucoup plus conflictuel sur le plan géopolitique.

Vins, champagnes et cognacs : le secteur le plus exposé

Venons-en au domaine qui cristallise aujourd’hui toutes les attentions : les boissons alcoolisées. En 2024, la France a exporté pour 4,1 milliards d’euros de « boissons » vers les États-Unis. Dans cette catégorie, les poids lourds sont sans surprise le cognac, les vins tranquilles (Bordeaux, Bourgogne…) et les champagnes.

Or, depuis l’été 2025, les chiffres sont alarmants. À partir de juillet, les exportations de boissons chutent brutalement : -30 % en juillet, -47 % en août, -40 % en septembre, toujours en glissement annuel. Sur les neuf premiers mois de 2025, la perte cumulée atteint environ 350 millions d’euros par rapport à 2024.

« La moitié de la baisse des boissons est due au cognac, suivi par les vins et le champagne », précisent les données douanières.

Le cognac, en particulier, subit de plein fouet ces évolutions. Produit très symbolique de l’excellence française, il représente une part importante des exportations alcoolisées vers le marché américain.

Au-delà des taxes : l’effet de la dévaluation du dollar

Il serait toutefois réducteur d’attribuer l’ensemble de ces baisses aux seules mesures tarifaires. Les douanes françaises elles-mêmes soulignent que la dévaluation du dollar joue un rôle majeur. Un billet vert moins fort rend mécaniquement plus chers les produits facturés en euros pour les acheteurs américains.

Cet effet de change s’ajoute aux incertitudes politiques et commerciales. Il crée un environnement particulièrement difficile pour les exportateurs français, même ceux qui ne sont pas directement visés par des hausses de droits de douane.

Paradoxalement, certaines analyses indiquent que la France « résiste mieux » que plusieurs de ses partenaires européens aux pressions tarifaires américaines. Une résilience relative qui mérite d’être soulignée, mais qui ne doit pas masquer les risques bien réels qui pèsent sur plusieurs filières.

Un contexte géopolitique tendu

Les menaces tarifaires actuelles ne surgissent pas de nulle part. Elles s’inscrivent dans une séquence plus large de crispations géopolitiques. Refus de rejoindre certaines initiatives internationales, oppositions à des projets territoriaux controversés… Autant de sujets qui servent aujourd’hui de prétexte à l’annonce de sanctions économiques.

La nouveauté réside dans l’ampleur des taxes évoquées. Un taux de 200 % sur certains alcools français serait inédit et aurait des conséquences très lourdes pour les producteurs concernés. Même si de telles mesures extrêmes restent pour l’instant au stade de la menace, leur simple évocation pèse déjà sur les anticipations et les carnets de commandes.

Perspectives et incertitudes pour 2026

Que retenir de cette situation ? D’abord que les États-Unis demeurent un marché absolument stratégique pour l’économie française. Ensuite, que certains secteurs (aéronautique, pharmaceutique) montrent une résilience certaine, tandis que d’autres (vins et spiritueux) sont beaucoup plus vulnérables.

Le luxe occupe une place intermédiaire : son image de marque et sa clientèle aisée le protègent partiellement, mais une escalade tarifaire prolongée finirait par peser, même sur ce segment.

Enfin, il convient de ne pas oublier l’effet change. Tant que le dollar restera faible face à l’euro, les exportateurs français devront composer avec un handicap compétitif supplémentaire, indépendamment de toute mesure douanière.

En cette année 2026 qui commence à peine, les regards sont donc tournés vers Washington. Les prochains mois diront si les menaces se concrétisent ou si, au contraire, des négociations permettent d’apaiser les tensions. Une chose est sûre : pour de nombreux secteurs français, l’année s’annonce sous le signe de la vigilance et de l’adaptation.

Les filières exportatrices ont déjà prouvé par le passé leur capacité à rebondir. Elles devront sans doute à nouveau mobiliser toute leur ingéniosité et leur résilience pour traverser cette nouvelle passe difficile. L’avenir des échanges franco-américains se joue aujourd’hui, et il concerne directement des centaines de milliers d’emplois en France.

À suivre de très près.

Point clé à retenir : Avec 48,5 milliards d’euros d’exportations en 2024, les États-Unis restent le deuxième client de la France. Mais entre menaces tarifaires historiques, dévaluation du dollar et crispations géopolitiques, l’année 2026 s’annonce décisive pour de nombreux secteurs stratégiques.

Les prochains développements seront déterminants. Espérons que le dialogue l’emporte sur la confrontation, car les deux rives de l’Atlantique ont tout intérêt à préserver des relations commerciales équilibrées et mutuellement profitables.

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