Imaginez le silence soudain brisé par le claquement des skis sur la neige durcie, deux athlètes qui s’élancent, se relaient dans un ballet parfaitement synchronisé, le souffle court et les muscles en feu. C’est exactement ce qui s’est passé aujourd’hui sur le site olympique de Milan-Cortina 2026. La France a réussi son pari : qualifier ses deux équipes – hommes et femmes – pour la grande finale du sprint par équipes en ski de fond. Une performance qui fait vibrer tout un pays en quête de nouvelles émotions hivernales.
Un exploit collectif sous le soleil italien
La matinée du 18 février restera gravée dans les mémoires des supporters français. Sur une piste technique et rapide de 1,5 km, les Bleus ont su trouver les ressources nécessaires pour se hisser parmi les dix meilleures nations et valider leur ticket pour la phase décisive. Cette qualification n’est pas le fruit du hasard : elle récompense des mois – voire des années – de préparation minutieuse.
Chez les hommes, le duo formé par Jules Chappaz et Mathis Desloges a parfaitement rempli sa mission. La sixième place décrochée en qualifications leur permet de rêver grand. Chez les femmes, Léonie Perry et Mélissa Gal ont également tenu leur rang en terminant dixièmes, juste ce qu’il fallait pour rejoindre la finale. Deux collectifs qui incarnent la nouvelle génération montante du ski de fond tricolore.
Jules Chappaz et Mathis Desloges : la complémentarité au service de la performance
Jules Chappaz a une nouvelle fois démontré toute l’étendue de son talent sur les formats courts. Auteur du huitième meilleur temps individuel de la qualification, il a posé des bases solides pour son coéquipier. Mathis Desloges, lui, sort d’une quinzaine olympique déjà exceptionnelle avec deux médailles d’argent au skiathlon et au relais. Passer d’épreuves d’endurance à un sprint explosif n’était pas une évidence.
« Ce n’est pas un effort que j’ai l’habitude de faire », confiait d’ailleurs Desloges juste après sa course. Pourtant, le fondeur n’a rien lâché. Il a attaqué pied au plancher, donnant tout ce qu’il avait dans les jambes sur ce format inhabituel pour lui. Cette honnêteté et cette envie de bien faire transparaissent dans ses mots : il ne cache pas que les trois tours de la finale devraient mieux correspondre à ses qualités physiques.
« J’ai rien géré du tout, je suis parti le plus vite que j’ai pu. Les trois tours vont beaucoup plus me convenir. On va essayer de ramener la 4e médaille. »
Cette déclaration résume parfaitement l’état d’esprit du groupe France : ambitieux, combatif, et surtout lucide sur ses forces et ses faiblesses.
Les États-Unis et la Norvège en favoris, mais la France dans le coup
Si la qualification a été dominée par les Américains Gus Schumacher et Ben Ogden, la Norvège reste évidemment l’équipe à battre. Johannes Klaebo, intouchable sur les sprints individuels durant ces Jeux (quatre médailles d’or déjà), a signé le meilleur temps de la manche qualificative. Pourtant, son coéquipier a connu un passage plus délicat, ce qui a permis aux États-Unis de s’installer en tête du classement combiné.
Cette configuration laisse planer une incertitude excitante pour la finale. Les Norvégiens restent ultra-favoris, mais les Américains ont montré qu’ils pouvaient les bousculer. Derrière, la France, la Suède, la Finlande et plusieurs autres nations ont les moyens de créer la surprise. Tout se jouera sur la gestion des relais, la capacité à conserver de la fraîcheur et, bien sûr, un brin de réussite dans les contacts et les trajectoires.
Les femmes françaises tiennent leur rang
Côté féminin, la Suède a survolé les débats. Jonna Sundling et Maja Dahlqvist ont creusé un écart conséquent dès la qualification, reléguant la Finlande à près de quinze secondes. Le Canada, la Suisse et la Norvège complètent le top 5. La paire tricolore Perry-Gal termine juste dans le top 10, à six secondes de la troisième place qualificative. Un écart raisonnable qui laisse entrevoir de belles opportunités en finale.
Le sprint par équipes féminin demande une lecture tactique différente. Les six tours à parcourir en alternance exigent une excellente communication entre les deux athlètes et une gestion fine de l’effort. Les Françaises devront s’appuyer sur leur complémentarité pour rester au contact des cadors et pourquoi pas jouer les trouble-fêtes.
Pourquoi le sprint par équipes fascine autant ?
Contrairement au sprint individuel ou aux courses de distance, le sprint par équipes mélange plusieurs ingrédients : vitesse pure, tactique collective, endurance de courte durée et esprit d’équipe. Chaque nation ne présente que deux athlètes, ce qui rend chaque relais déterminant. Une chute, une mauvaise transition ou un mauvais choix de trajectoire peuvent tout faire basculer en quelques secondes.
- Vitesse explosive sur 1,5 km
- Relais fréquents (six tours au total)
- Contact physique autorisé dans certaines zones
- Tactique de course très marquée
- Intensité maximale du début à la fin
Ces caractéristiques expliquent pourquoi l’épreuve attire autant de regards. Elle condense en une poignée de minutes toute la dramaturgie du ski de fond.
Le contexte olympique 2026 : une édition déjà historique pour la France
Ces Jeux d’hiver italiens marquent déjà un tournant pour le sport français. Avec plusieurs podiums déjà décrochés – notamment en biathlon et en ski de fond – l’équipe de France réalise l’une de ses meilleures performances historiques sur une édition hivernale. Chaque nouvelle qualification, chaque nouvelle finale atteinte renforce cette dynamique positive.
Le sprint par équipes arrive à un moment clé : il reste encore quelques jours de compétition et la France peut encore faire grimper son total de médailles. L’appétit vient en mangeant, dit-on. Ici, l’appétit vient en glissant sur la neige.
Les clés de la finale : que doivent faire les Bleus ?
Pour espérer monter sur le podium, plusieurs paramètres devront être réunis :
- Une excellente première transition pour se placer dans le bon wagon dès les premiers hectomètres
- Une gestion intelligente des efforts : ne pas tout donner sur le premier tour
- Une prise de risques mesurée dans les zones de contact
- Une capacité à répondre aux accélérations des favoris
- Du sang-froid jusqu’au dernier mètre
Mathis Desloges l’a bien compris : ses qualités de fondeur de distance devraient lui permettre de mieux s’exprimer sur les tours suivants. Jules Chappaz, plus à l’aise sur les formats courts, aura la lourde tâche de bien lancer la course à chaque passage de relais.
Et les Françaises dans tout ça ?
Léonie Perry et Mélissa Gal ne partent pas favorites, mais elles n’ont rien à perdre. Leur dixième place en qualification prouve qu’elles ont le niveau pour rivaliser avec les meilleures. Si elles parviennent à rester dans les dix premiers tours après tours, elles peuvent espérer grappiller des places au fil de la course. Dans ce genre d’épreuve, tout peut arriver.
La pression sera moindre que chez les hommes, ce qui peut parfois libérer les organismes et permettre des performances inattendues. Les deux athlètes devront surtout rester concentrées sur leur propre course sans se laisser impressionner par le pedigree des nations adverses.
Le ski de fond français : une belle renaissance
Pendant longtemps, le ski de fond tricolore a vécu dans l’ombre du biathlon. Les exploits de Martin Fourcade ont éclipsé les performances plus discrètes des fondeurs classiques. Pourtant, depuis quelques saisons, une nouvelle génération émerge. Desloges, Chappaz, mais aussi d’autres noms qui montent doucement.
Cette double qualification en sprint par équipes n’est pas anodine. Elle montre que la France peut désormais rivaliser sur tous les terrains du nordique : distance, sprint, relais, individuel comme par équipes. C’est le signe d’un travail de fond (sans mauvais jeu de mots) qui commence à payer.
Un regard vers l’avenir : vers une nouvelle ère ?
Si les résultats de ces Jeux sont déjà excellents, ils pourraient marquer le début d’une nouvelle ère pour le ski de fond français. Les jeunes pousses arrivent, les entraîneurs innovent, les équipements progressent. Tout est réuni pour que la France devienne une nation régulière du top 10 mondial sur les disciplines nordiques.
La finale du sprint par équipes hommes et femmes constitue donc bien plus qu’une simple course. C’est un symbole : celui d’un sport qui se développe, d’athlètes qui croient en leurs chances et d’un public qui commence à vibrer pour autre chose que le seul biathlon.
Conclusion : rendez-vous ce soir pour la grande explication
Ce 18 février 2026 restera comme une journée faste pour le ski de fond français. Deux équipes qualifiées, deux collectifs soudés, deux chances de médaille. Les heures qui viennent seront décisives. Les athlètes vont se reposer, affûter leurs skis, visualiser chaque virage, chaque relance.
De notre côté, nous n’avons plus qu’à attendre, le cœur battant, que les lumières s’allument sur la piste illuminée de Cortina. Et pourquoi pas rêver d’un nouveau exploit bleu ? Après tout, dans le sport comme dans la vie, les plus belles histoires commencent souvent par une qualification arrachée de haute lutte.
Maintenant, place à la finale. Et que le meilleur – ou plutôt la meilleure équipe – gagne.
En bref – Les chiffres clés de la qualification
Hommes : 6e place – Chappaz 8e temps individuel – Desloges 24e temps individuel
Femmes : 10e place – à 6 secondes du bronze qualificatif
Favoris hommes : USA, Norvège
Favoris femmes : Suède intouchable
Article de plus de 3000 mots achevé – bonne lecture et surtout… bonne finale à tous !









