Imaginez une salle qui vibre, des gants qui claquent, des regards brûlants de détermination et des corps jeunes prêts à tout donner pour décrocher le titre national. Ce samedi, à La Rochelle, les Championnats de France amateurs de boxe vont offrir un spectacle d’une rare intensité. Mais ce qui frappe le plus, ce n’est pas seulement la qualité des combats : c’est l’âge moyen des finalistes. À quelques exceptions près, la nouvelle vague prend déjà le pouvoir.
Pour beaucoup de passionnés, ces finales représentent bien plus qu’un simple championnat national. Elles dessinent les contours de ce que pourrait être l’équipe de France olympique dans deux ans, aux Jeux de Los Angeles 2028. Et le message est clair : la transition est en marche, et elle s’annonce explosive.
Une jeunesse qui refuse d’attendre son tour
Quand on regarde la liste des finalistes, un chiffre saute aux yeux : un seul boxeur a dépassé la barre des trente ans. Dans la catégorie reine des +90 kg, le Parisien Donald Nembot, 33 ans, affrontera le très jeune Angelo Parentaud, tout juste 18 printemps. Le contraste est saisissant. D’un côté l’expérience, de l’autre l’insouciance et la faim dévorante de la jeunesse.
Mais ce duel n’est pas un cas isolé. Partout sur les douze catégories masculines et les onze féminines, les moins de 25 ans dominent outrageusement les débats. C’est une tendance lourde qui s’installe depuis plusieurs saisons et qui atteint son paroxysme cette année.
Les frères Gaucher, symboles d’une famille conquérante
Difficile de parler de ces finales sans évoquer la fratrie Gaucher venue de Saint-Avé, dans le Morbihan. Trois frères qualifiés pour le dernier carré, trois styles différents, une même rage de vaincre.
Roulio, 22 ans, défendra sa chance en -52 kg. Izaya, 19 ans, déjà champion d’Europe U23, croisera les gants avec Christopher Hippocrate, un autre grand espoir tricolore de 20 ans. Quant à Jozué, 21 ans, il tentera de s’imposer en -60 kg face à Adam Askhapov. Une famille entière qui rêve de podium national… et pourquoi pas international par la suite.
« Quand trois frères arrivent en finale la même année, ça montre que le travail familial et l’état d’esprit peuvent déplacer des montagnes. »
Ce genre de citation, on pourrait l’entendre dans n’importe quel coin de salle d’entraînement. Mais elle résume parfaitement l’état d’esprit qui anime cette génération.
Les duels 100 % équipe de France qui font saliver
Plusieurs affiches opposent directement des membres de l’équipe de France. C’est le cas chez les hommes en -55 kg où Izaya Gaucher défie Christopher Hippocrate. Mais c’est surtout chez les dames que ces confrontations fratricides promettent des combats de très haut niveau.
En -51 kg, Mayssoun Bourega (Bron) et Kaeyla Mopin (Garges) se connaissent par cœur pour avoir partagé de nombreux stages. En -54 kg, Aya Hamdi (Paris) croisera le fer avec la Niçoise Maloe Teresi, championne d’Europe junior en titre l’an passé. Deux combats qui pourraient servir de répétition générale avant les sélections olympiques.
Joachim Fenu, l’exemple marseillais de la persévérance
Arrivé en seizièmes de finale pour sa toute première participation aux France, Joachim Fenu n’a cessé de surprendre. Le Marseillais de 24 ans, entraîné par Mourad Haddu et sparring-partner régulier de Bruno Surace, s’est offert le droit d’affronter Mohamed Ounaï en finale des -65 kg.
Ounaï, 26 ans, vice-champion de France l’an dernier dans une catégorie voisine, représente l’expérience. Fenu incarne la faim et l’audace. Un classique du sport.
Les catégories qui préfigurent les JO 2028
Les Jeux de Los Angeles 2028 compteront seulement sept catégories féminines et sept masculines. Une réduction drastique par rapport aux formats actuels. Cela signifie que plusieurs boxeurs et boxeuses devront changer de catégorie ou disparaître des radars olympiques.
Voici les futures catégories olympiques :
- Femmes : -51 kg, -54 kg, -57 kg, -60 kg, -65 kg, -70 kg, -75 kg
- Hommes : -55 kg, -60 kg, -65 kg, -70 kg, -80 kg, -90 kg, +90 kg
Autant dire que les finales de cette année prennent une saveur particulière pour les athlètes qui se projettent déjà vers 2028.
Les absents de marque et ce que cela signifie
Aucun des trois médaillés olympiques français de l’édition précédente n’a fait le déplacement. Cela laisse le champ totalement libre à la nouvelle génération. Une page se tourne, une autre s’écrit à l’encre de la sueur et des coups portés.
Cette absence massive des cadres permet aussi de mesurer la profondeur du réservoir tricolore. Et le constat est plutôt rassurant : la France ne manque pas de talents.
Le programme complet des finales
Pour ne rien manquer, voici le programme détaillé des combats qui auront lieu ce samedi à La Rochelle, dans la salle Gaston-Neveur :
Finales féminines
- -48 kg : Gloria D’Almeida – Mathilda Fragnières
- -51 kg : Mayssoun Bourega – Kaelya Mopin
- -54 kg : Aya Hamdi – Maloe Teresi
- -57 kg : Marianne D’Antuono – Lucie Pauliac
- -60 kg : Lisa Nouiceur – Sarah Nouiri
- -63 kg : Rafaëla Courant – Tania Kovaci
- -65 kg : Shainez Grout – Lina Souaken
- -67 kg : Seyedeh Khadem Jahaghi – Sindy Said
- -70 kg : Andrea Badin – Laetitia Delin
- -75 kg : Solana Ayivi – Valinka Huvelin
- -80 kg : Camille Vincent – Edith Tavanae
Finales masculines
- -50 kg : Zakarya Bouhaouak – Larry Tevanee
- -52 kg : Adama Diagne – Roulio Gaucher
- -55 kg : Christopher Hippocrate – Izaya Gaucher
- -57 kg : Alexis Divry – Mohamed Djemmal
- -60 kg : Adam Askhapov – Jozué Gaucher
- -63 kg : Hedi Tlili – Yacine Ettouir
- -65 kg : Mohamed Ounaï – Joachim Fenu
- -67 kg : Djamel Djemmal – Tairick Nicolas
- -70 kg : Ruben Kalema – Kamil Boussehaba
- -75 kg : Hassana El Qadmi – Alexandre Macdonald
- -80 kg : Massimo Pauget – Enzo Bourgoin
- -85 kg : Gabriel Yildiz – Junior Tadah
- -90 kg : Sami Diguerher – Vincent Djinou
- +90 kg : Donald Nembot – Angelo Parentaud
Les sessions débuteront à 14h15, puis 16h30 et enfin 19h. De quoi passer une journée entière plongé dans l’univers de la boxe amateur française.
Pourquoi ces finales sont cruciales pour l’avenir
Avec seulement quatorze catégories olympiques au total en 2028 contre beaucoup plus aujourd’hui, la concurrence va devenir encore plus féroce. Chaque titre national pris cette année représente un sérieux avantage psychologique et sportif pour la suite.
Les sélectionneurs observent, notent, comparent. Les jeunes boxeurs le savent : une médaille d’or aux Championnats de France peut valoir de l’or olympique dans deux ans et demi.
L’ambiance à La Rochelle : un public conquis d’avance ?
La cité atlantique a l’habitude d’accueillir de grands événements sportifs. La salle Gaston-Neveur devrait être pleine à craquer pour ces finales. Le public charentais est réputé chaleureux et connaisseur. Cela promet une ambiance électrique, surtout lors des duels fratricides de l’équipe de France.
Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, une diffusion en direct est prévue sur la chaîne YouTube de Sportmag. Une belle opportunité de suivre l’émergence de ces nouveaux visages de la boxe tricolore.
Conclusion : une passation de pouvoir en direct
Ces Championnats de France 2026 ne sont pas seulement un championnat de plus. Ils marquent symboliquement le début d’une nouvelle ère pour la boxe amateur française. La jeunesse est là, elle frappe à la porte, et elle n’a pas l’intention de repartir les mains vides.
Alors, qui succédera aux médaillés olympiques sortants ? Qui inscrira son nom au palmarès national cette année ? Réponse dès ce samedi à La Rochelle… et peut-être dès dimanche sur les réseaux sociaux, quand les nouveaux champions viendront partager leur joie brute, celle des 20 ans, celle qui fait rêver toute une génération.
La boxe française a rendez-vous avec son avenir. Et cet avenir porte des gants, beaucoup d’ambition et très peu de rides.
Petit lexique rapide pour mieux comprendre
Amateur : Boxeur non professionnel, souvent engagé dans un parcours vers les JO.
U23 : Catégorie des moins de 23 ans, tremplin fréquent vers l’équipe de France senior.
3×3 : Format des combats amateurs : trois rounds de trois minutes.
Maintenant, à vous de jouer : qui voyez-vous gagner le plus de duels ce week-end ? La jeunesse insolente ou les quelques cadres encore présents ? Les réponses arrivent très vite.









