Imaginez un leader politique indigène, ancien président d’un pays andin, retranché dans son fief rural, protégé par des milliers de fidèles armés de leur détermination. C’est la réalité actuelle en Bolivie où Evo Morales, figure emblématique du mouvement indigène et du socialisme, fait face à des craintes grandissantes parmi ses partisans. Ceux-ci redoutent une opération imminente pour l’arrêter et l’extrader vers les États-Unis, sur fond d’un mandat d’arrêt existant et d’accusations qu’il conteste vigoureusement.
Une protection renforcée face à des menaces perçues
Les proches d’Evo Morales ont amplifié leurs dispositifs de sécurité ces derniers temps. Ils expliquent cette mobilisation par la peur d’une intervention policière impliquant des éléments étrangers, notamment des agents de la DEA, l’agence antidrogue américaine. Cette crainte n’est pas née de nulle part : elle s’appuie sur des précédents récents et sur des observations directes dans la région où Morales s’est installé depuis presque un an.
Le fief en question est situé au centre du pays, une zone rurale où des milliers de paysans, majoritairement issus des communautés indigènes, veillent sur l’ancien chef d’État. Initialement, environ 2 000 personnes assuraient cette protection. Aujourd’hui, selon des dirigeants proches de Morales, ce chiffre a grimpé à au moins 7 000. L’alerte maximale est déclarée dans la région, signe d’une tension palpable et d’une mobilisation exceptionnelle.
Le contexte d’un mandat d’arrêt contesté
Evo Morales est visé par un mandat d’arrêt lié à une affaire de traite de mineure. L’ancien président, qui a dirigé la Bolivie de 2006 à 2019, rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de persécution politique. Retranché dans son bastion depuis de longs mois, il bénéficie d’un soutien massif de la base sociale qui l’a porté au pouvoir.
Cette situation de retrait prolongé a pris une tournure plus discrète récemment. Evo Morales n’apparaît plus en public ni dans les médias. Ses proches expliquent cette absence par une infection à la dengue, maladie courante dans les régions tropicales boliviennes. Il se trouverait actuellement à l’abri, hors de la localité principale qui sert de quartier général à ses partisans.
La peur d’une implication américaine
Les partisans de Morales évoquent explicitement la possibilité que le gouvernement bolivien utilise la police nationale avec des agents infiltrés de la DEA pour procéder à une arrestation. Ils redoutent que des accusations supplémentaires, liées au narcotrafic ou au terrorisme, soient fabriquées pour justifier une extradition rapide vers les États-Unis.
Un événement récent a particulièrement alimenté ces soupçons : début janvier, un hélicoptère transportant des fonctionnaires de la DEA a survolé la zone du fief de Morales. Ce passage aérien a été perçu comme une provocation ou une reconnaissance préalable à une opération. Depuis cet incident, la vigilance s’est accrue et la discrétion autour de l’ancien président s’est renforcée.
Nous pensons que le gouvernement veut utiliser la police avec des agents infiltrés de la DEA pour l’arrêter.
Un dirigeant proche de Morales
Cette citation illustre le niveau de méfiance envers les autorités actuelles et envers toute forme d’intervention extérieure. La référence à la DEA n’est pas anodine : elle renvoie à l’histoire conflictuelle entre la Bolivie et les États-Unis sur les questions de drogue.
Le précédent de Nicolas Maduro au Venezuela
Les craintes des partisans bolivariens s’appuient sur un événement très récent : la capture de Nicolas Maduro à Caracas par une opération militaire américaine début janvier. Le leader vénézuélien et son épouse ont été transférés à New York pour y affronter un procès lié au narcotrafic.
Cette action américaine a marqué les esprits en Amérique latine. Elle est perçue par certains comme une démonstration de force contre les dirigeants de gauche critiques des États-Unis. Pour les soutiens de Morales, il existe un risque réel que le même scénario se reproduise en Bolivie, avec une arrestation spectaculaire suivie d’une extradition.
L’administration américaine, sous Donald Trump, a intensifié sa lutte contre la criminalité transnationale dans la région ces derniers mois. Cette politique musclée alimente les spéculations sur d’éventuelles cibles futures, dont Evo Morales pourrait faire partie.
La Bolivie, troisième producteur mondial de cocaïne
La Bolivie occupe une place particulière dans le paysage mondial de la production de cocaïne : elle est le troisième producteur après la Colombie et le Pérou, selon les données de l’ONU. Cette réalité géopolitique place le pays au cœur des préoccupations antidrogue internationales, particulièrement celles des États-Unis.
Sous la présidence de Morales, plusieurs hauts responsables de la police antidrogue bolivienne ont été arrêtés et certains extradés vers les États-Unis pour des délits liés au narcotrafic. Ces précédents renforcent la conviction chez ses partisans que Washington pourrait chercher à l’atteindre personnellement, utilisant le système judiciaire comme outil politique.
La feuille de coca, plante traditionnelle dans les cultures andines, reste au centre des débats. Morales, issu du syndicalisme cocalero, a toujours défendu une distinction entre usage traditionnel et trafic illicite. Cette position a souvent créé des frictions avec les États-Unis.
Les implications pour la stabilité bolivienne
La situation actuelle autour d’Evo Morales dépasse le simple cas individuel. Elle touche à la souveraineté nationale, aux relations internationales et à la cohésion sociale en Bolivie. Avec des milliers de paysans mobilisés, toute tentative d’arrestation pourrait déclencher des troubles majeurs dans la région du Chapare et au-delà.
Les partisans voient en cette protection massive une forme de résistance populaire contre ce qu’ils perçoivent comme une ingérence étrangère et une justice instrumentalisée. Cette mobilisation rappelle les grandes luttes sociales qui ont porté Morales au pouvoir en 2005-2006.
Par ailleurs, l’absence prolongée de Morales du débat public laisse un vide politique. Ses soutiens continuent de le considérer comme une figure centrale de l’opposition, même s’il reste confiné pour des raisons de santé et de sécurité.
Historique des relations Bolivie-États-Unis sous Morales
Durant ses années au pouvoir, Evo Morales a marqué une rupture avec les politiques antidrogue traditionnelles imposées par Washington. Il a expulsé la DEA du territoire bolivien en 2008, affirmant que l’agence menait des opérations d’espionnage plutôt que de lutte contre le trafic.
Cette décision a été symbolique d’une volonté de souveraineté sur les questions de drogue. La Bolivie a développé ses propres stratégies de contrôle de la coca, basées sur la socialisation plutôt que sur l’éradication forcée. Ces approches ont parfois été critiquées internationalement, mais elles ont aussi permis une réduction de certaines cultures illicites selon des rapports officiels.
Aujourd’hui, ces antécédents historiques nourrissent les soupçons d’une revanche américaine, surtout dans un contexte où les États-Unis montrent une nouvelle fermeté régionale avec l’exemple Maduro.
Santé et stratégie de retrait
L’infection à la dengue contractée par Evo Morales ajoute une couche de vulnérabilité à sa situation. Cette maladie virale, transmise par les moustiques, est fréquente dans les zones humides tropicales où il se trouve. Ses proches insistent sur le fait qu’il est en sécurité et se repose loin des regards.
Ce retrait forcé peut aussi être vu comme une stratégie pour éviter les confrontations directes avec les autorités. En restant hors de portée, Morales maintient sa stature symbolique tout en évitant un risque immédiat d’arrestation.
Perspectives et incertitudes
La situation reste hautement volatile. Les partisans d’Evo Morales maintiennent leur mobilisation massive, prêts à défendre leur leader. Les autorités boliviennes n’ont pas officiellement commenté ces craintes d’intervention DEA, mais le climat de suspicion mutuelle persiste.
Dans un pays marqué par des divisions politiques profondes, cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur la scène nationale. Elle pose aussi la question plus large des interventions étrangères en Amérique latine et des limites de la souveraineté face aux priorités sécuritaires des grandes puissances.
Pour l’instant, Evo Morales reste protégé par son peuple, dans l’attente d’évolutions qui pourraient changer radicalement la donne politique bolivienne. La vigilance reste de mise dans ce contexte où chaque survol d’hélicoptère ou chaque rumeur peut enflammer les tensions.
Ce cas illustre les fragilités démocratiques dans la région, où les luttes pour le pouvoir se mêlent souvent à des enjeux internationaux complexes. Les prochains jours et semaines seront déterminants pour savoir si les craintes des partisans se concrétiseront ou si la mobilisation populaire suffira à dissuader toute action forcée.
En attendant, la Bolivie retient son souffle autour de cet ancien président devenu symbole de résistance pour ses soutiens, et cible pour ses adversaires. L’histoire de Morales continue de s’écrire au cœur des Andes, entre tradition indigène, politique contemporaine et géopolitique mondiale.
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