Imaginez : il y a à peine quelques mois, beaucoup d’analystes tablaient encore sur un Ethereum à 6 000, voire 10 000 dollars d’ici fin 2026. Aujourd’hui, la réalité est toute autre. Le prix de l’ETH vient de glisser sous la barre symbolique des 2 000 dollars et la vitesse de la chute laisse peu de place à l’optimisme immédiat. Mais pourquoi un tel effondrement ? Et surtout, jusqu’où cela peut-il aller ?
Beaucoup d’investisseurs se posent la même question en ce moment : est-ce un simple correction ou le début d’un bear market beaucoup plus profond pour Ethereum ? Plusieurs indices convergents laissent penser que le support des 1 500 dollars pourrait être testé – voire cassé – dans les semaines à venir. Décryptage des trois raisons principales qui alimentent ce scénario noir.
Pourquoi Ethereum pourrait plonger vers les 1 500 $ dans les prochaines semaines
1. Une configuration technique qui vire au cauchemar
Sur le graphique hebdomadaire, la situation est limpide… et inquiétante. Ethereum a passé les cinq dernières semaines dans le rouge, accumulant une perte de plus de 25 % depuis le début de l’année. Mais le signal le plus alarmant reste l’invalidation totale d’un pattern haussier majeur.
Les traders surveillaient depuis plusieurs mois une figure en tête et épaules inversée, un classique des retournements haussiers. La ligne de cou se situait autour de 2 145 $. Non seulement Ethereum n’a pas réussi à la franchir durablement, mais il est repassé nettement en dessous, annulant complètement le scénario haussier.
À cela s’ajoute le positionnement des moyennes mobiles longues :
- la MMA 50 semaines a été franchie à la baisse ;
- la MMA 200 semaines, considérée comme la ligne de démarcation entre bull et bear market, est elle aussi passée côté vendeurs ;
- l’indicateur Supertrend est passé en rouge depuis plusieurs semaines.
Enfin, le RSI hebdomadaire vient d’entrer en zone de survente (<30). Historiquement, quand cet indicateur atteint des niveaux aussi bas sur de grandes unités de temps, la chute continue souvent jusqu’à ce que l’oscillateur devienne extrêmement survendu (souvent sous 20), avant d’envisager un vrai rebond.
« Les patterns haussiers invalidés sur timeframe hebdomadaire sont parmi les signaux les plus puissants en analyse technique. On ne plaisante pas avec une tête-épaules inversée cassée à la baisse. »
Objectif technique logique dans ce contexte ? Le prochain gros support horizontal se situe autour de 1 500 – 1 550 $, zone qui correspond également au retracement de Fibonacci 0.786 du dernier grand cycle haussier 2020-2021. Un niveau qui attire magnétiquement les prix quand la pression vendeuse est aussi forte.
2. L’engouement institutionnel s’essouffle très rapidement
Depuis leur lancement, les ETF spot Ethereum étaient perçus comme le principal moteur haussier pour 2025-2026. La réalité des flux est malheureusement beaucoup moins glorieuse.
Sur les quatre derniers mois, ces véhicules financiers ont enregistré des sorties nettes quasi continues. La semaine dernière encore, plus de 130 millions de dollars ont quitté les fonds Ethereum, portant le total des sorties mensuelles à environ 450 millions. C’est une hémorragie qui ne montre aucun signe d’inversion pour l’instant.
Le constat est le même du côté des contrats futures : l’open interest global a fondu comme neige au soleil, passant d’un pic à 41 milliards de dollars à seulement 23 milliards aujourd’hui. Moins d’effet de levier, moins de spéculation, moins de demande… le cocktail parfait pour accentuer la baisse.
| Période | Open Interest Futures ETH | Flux nets ETF ETH (millions $) |
| Pic 2025 | 41 milliards | n/a |
| Dernier mois | 23 milliards | -450 |
| Tendance | ↓ forte | Sorties continues |
Quand les gros acteurs institutionnels réduisent leur exposition aussi brutalement, le prix suit généralement la même direction. Ethereum n’échappe pas à la règle.
3. Le risque géopolitique majeur : l’ombre d’un conflit États-Unis – Iran
Le troisième facteur est sans doute le plus imprévisible… et potentiellement le plus explosif. Les tensions au Moyen-Orient ont franchi un nouveau palier ces derniers jours.
Des mouvements massifs de bâtiments de guerre américains dans la région ont été observés, accompagnés de déclarations très claires laissant entendre qu’une action militaire directe contre l’Iran pourrait intervenir dans les 10 à 15 prochains jours. Dans un tel scénario, les marchés financiers réagiraient immédiatement.
Les actifs risqués – dont les cryptomonnaies – sont les premiers à souffrir quand la peur domine. Mais surtout, une escalade militaire ferait très probablement bondir le prix du pétrole de 20 à 50 % en quelques jours. Or, une flambée brutale du brut entraîne presque systématiquement :
- une poussée inflationniste supplémentaire ;
- des craintes accrues de resserrement monétaire par les grandes banques centrales ;
- un renforcement du dollar américain ;
- un mouvement massif vers des valeurs refuges (obligations d’État, or physique, yen, franc suisse…).
Les cryptos, qui avaient un temps été présentées comme une assurance contre l’inflation, ne jouent plus ce rôle depuis 2022. Elles se comportent désormais comme des actifs à très haut risque, corrélés positivement aux indices actions technologiques. Un choc pétrolier serait donc catastrophique pour Ethereum à court terme.
« Dans un environnement de guerre ouverte au Moyen-Orient, les investisseurs institutionnels coupent d’abord les positions les plus liquides et les plus volatiles. Les cryptos arrivent en tête de liste. »
Et pourtant… quelques lueurs dans l’obscurité
Malgré ce tableau sombre, Ethereum conserve certains fondamentaux solides qui pourraient limiter la casse ou préparer un rebond violent une fois le capitulation atteinte.
Le nombre de transactions quotidiennes reste élevé, les adresses actives ne montrent pas de chute dramatique, les frais moyens ont même augmenté ces dernières semaines. Le Total Value Locked (TVL) libellé en ETH dans la DeFi atteint des records historiques. La file d’attente pour le staking continue de s’allonger, signe que les détenteurs à long terme ne vendent pas.
Enfin, Ethereum conserve une avance confortable dans le domaine de la tokenisation des actifs du monde réel (RWA), un secteur qui attire de plus en plus d’institutions financières traditionnelles.
Ces éléments montrent que l’écosystème reste dynamique. Mais dans un marché dominé par la peur et la spéculation à court terme, les fondamentaux passent souvent au second plan… jusqu’à ce que la capitulation soit totale.
Quel scénario pour les prochains mois ?
Trois cas de figure principaux se dessinent actuellement :
- Scénario 1 – Bear case (probabilité élevée) : invalidation confirmée + escalade géopolitique → test des 1 400 – 1 500 $ dans les 4 à 8 prochaines semaines, possiblement nouveau plus bas annuel.
- Scénario 2 – Base case : stagnation autour de 1 700 – 1 900 $ pendant plusieurs semaines, digestion des sorties ETF et attente d’un déclencheur macro (Fed dovish ou désescalade militaire).
- Scénario 3 – Bull case (faible probabilité à court terme) : surprise positive géopolitique + retour des flux ETF → rebond rapide vers 2 400 – 2 600 $.
Pour l’instant, le scénario 1 domine largement les probabilités aux yeux de nombreux analystes techniques et macro.
Comment se positionner quand tout semble s’effondrer ?
Face à un tel contexte, plusieurs stratégies coexistent selon le profil de risque :
- Attendre patiemment un signal clair de retournement (RSI extrêmement survendu + divergence haussière + volume croissant) ;
- Stratégie d’accumulation progressive tous les -8 à -10 % sous les 1 800 $ ;
- Hedge via des positions short temporaires ou via des stablecoins ;
- Focus sur les rendements passifs (staking, LP dans des pools stables) pour traverser la tempête.
Une chose est sûre : la volatilité restera extrêmement élevée dans les prochaines semaines. Ceux qui garderont leur sang-froid et respecteront leur plan de gestion de risque auront probablement les meilleures cartes en main lorsque le marché se retournera.
Le chemin vers les 1 500 $ n’est pas gravé dans le marbre, mais les signaux convergent malheureusement dans cette direction. À court terme, la prudence reste de mise.
Et vous, quel est votre scénario privilégié pour Ethereum dans les prochains mois ?









