Les États-Unis ont vivement condamné mercredi les violences « brutales et injustifiées » exercées par le parti au pouvoir en Géorgie, le Rêve géorgien, à l’encontre des manifestants pro-européens qui protestent depuis une semaine contre le gouvernement. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a annoncé que Washington se préparait à l’éventualité d’imposer des sanctions supplémentaires contre le régime géorgien.
Condamnation ferme de la répression
Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine a fermement dénoncé « la violence brutale et injustifiée du parti Rêve géorgien contre des citoyens géorgiens, des manifestants, des membres des médias et des figures de l’opposition ». Cette déclaration intervient alors que les protestations pro-européennes se poursuivent depuis une semaine dans la capitale géorgienne Tbilissi, malgré la répression exercée par les forces de l’ordre.
Les États-Unis se préparent maintenant à l’éventualité d’imposer des sanctions supplémentaires.
Antony Blinken, secrétaire d’État américain
Risque de nouvelles sanctions américaines
Au-delà de la condamnation, Antony Blinken a clairement fait planer la menace de nouvelles sanctions contre le gouvernement géorgien. Selon une source proche du dossier, les États-Unis étudieraient différentes options pour accroître la pression sur le régime, comme le gel d’avoirs ou des restrictions de visas pour certains responsables.
Washington avait déjà imposé des sanctions ciblées à la Géorgie en 2021, visant plusieurs hauts responsables accusés de porter atteinte aux institutions démocratiques du pays. Ces nouvelles menaces interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement géorgien, considéré comme pro-russe, et une partie de la population qui aspire à un rapprochement avec l’Union européenne.
Manifestations massives malgré la répression
Depuis le début des manifestations le 20 juin, des dizaines de milliers de Géorgiens sont descendus dans les rues de Tbilissi pour réclamer la démission du gouvernement et des réformes pro-européennes. Malgré la répression brutale des forces de l’ordre, qui a fait de nombreux blessés, les protestataires restent déterminés à poursuivre leur mouvement.
Ce qui est en train de se passer est un coup d’État. Nous n’abandonnerons pas tant que le gouvernement n’aura pas démissionné.
Un manifestant à Tbilissi
Le parti Rêve géorgien, fondé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, est au pouvoir depuis 2012. Ses détracteurs l’accusent de dérive autoritaire et de collusion avec Moscou. La crise actuelle a éclaté après le rejet par le Parlement d’un projet de loi sur la « transparence de l’influence étrangère », perçu par beaucoup comme un outil pour museler la société civile et les médias.
Appels au dialogue et à la retenue
Face à cette situation explosive, la communauté internationale multiplie les appels au calme et au dialogue. L’Union européenne, qui suit de près les évènements, a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’engager dans un processus de négociations pour sortir de la crise.
Nous appelons les autorités et les manifestants à agir avec responsabilité et à s’abstenir de toute violence. Seul un dialogue inclusif permettra de trouver une issue.
Un porte-parole de la Commission européenne
Reste à savoir si ces appels seront entendus et si la menace de nouvelles sanctions américaines suffira à infléchir la position du gouvernement géorgien. Alors que le pays est plus que jamais tiraillé entre Est et Ouest, l’issue de cette crise aura des répercussions majeures sur son orientation géopolitique future.