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Eric Dupond-Moretti refuse de choisir : tensions sur le plateau

Invité sur C à vous, Eric Dupond-Moretti a sèchement refusé de choisir entre Rachida Dati et Gérald Darmanin. L'ancien ministre s'énerve, parle de "peste ou choléra" face aux extrêmes... mais sa pirouette sur Macron a fait tiquer l'animateur. Que s'est-il vraiment passé ?

Imaginez un instant : vous êtes devant des caméras, en direct, et l’on vous demande de choisir publiquement entre deux anciens collègues politiques. Pas simple, hein ? Le vendredi 9 janvier 2026, sur le plateau de C à vous, Eric Dupond-Moretti a préféré botter en touche plutôt que de tomber dans le piège. Ce moment, à la fois tendu et savoureux, a révélé bien plus qu’une simple esquive de jeu télévisé.

Quand le jeu « Tu préfères » devient un champ de mines politique

La nouvelle formule de l’émission a repris après les fêtes avec une répartition claire des rôles. Les jours de semaine principaux restent sous la houlette d’une présentatrice expérimentée, tandis que le week-end et certains vendredis sont confiés à un journaliste incisif connu pour ne pas lâcher facilement ses invités.

C’est donc ce dernier qui, le 9 janvier, a accueilli l’ancien Garde des Sceaux. Très vite, l’ambiance est devenue électrique. L’animateur a proposé un petit jeu censé être léger : le fameux « Tu préfères ? ». Mais quand on mélange politique, personnalités fortes et anciennes relations professionnelles, le léger devient rapidement très lourd.

Premier round : Dati contre Darmanin

La question tombe comme un couperet : entre Rachida Dati et Gérald Darmanin, qui choisit-il ? Deux profils très différents, deux parcours marquants place Vendôme, deux tempéraments qui ne laissent personne indifférent.

La réponse fuse immédiatement : « Joker ». Puis vient une longue explication. L’ancien ministre rappelle qu’il a du mal à juger les gens, qu’il n’a jamais voulu être juge, et qu’il connaissait déjà Rachida Dati lorsqu’elle officiait comme magistrate à ses débuts. Il évoque même avoir plaidé devant elle. Une pirouette élégante… mais qui ne convainc pas totalement l’animateur.

« Moi je me suis toujours refusé à envisager la carrière de juge. J’ai du mal à juger les gens. »

La formule est intéressante. Elle permet de refuser le choix sans vraiment le refuser. Technique d’avocat ? Sans doute. Mais elle laisse aussi planer une forme de distance élégante vis-à-vis de ses successeurs.

Deuxième round : les extrêmes de la vie politique française

On passe ensuite à un duo autrement plus explosif : Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ? Là encore, pas de quartier. L’ancien Garde des Sceaux ne se contente pas d’un simple refus. Il qualifie même la question de choix entre « la peste ou le choléra ».

La formule est forte, presque brutale. Elle traduit une forme de ras-le-bol face à la polarisation extrême de la vie politique hexagonale. Pour lui, la France mérite mieux que de devoir choisir entre ces deux options. Message clair, reçu cinq sur cinq par les téléspectateurs.

« La France, elle est bien trop belle pour basculer entre les mains des extrêmes. »

Ce refus de choisir entre les deux figures les plus clivantes du paysage politique actuel dit beaucoup sur sa vision d’une certaine modération, ou du moins d’un refus des postures extrêmes. Même s’il a longtemps été perçu comme un personnage clivant lui-même.

Le troisième round qui fait déraper : Hollande, Sarkozy… et Macron

La machine est lancée. L’animateur enchaîne : François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Cette fois, l’invité marque un temps d’arrêt plus long. Il répète que juger quelqu’un est extrêmement compliqué. Puis vient la fameuse pirouette.

« Emmanuel Macron à l’énergie de Sarkozy et l’humour de François Hollande. »

Silence sur le plateau. Puis l’animateur lâche : « C’est un peu fayot quand même. » La réplique claque. L’invité se défend immédiatement : il n’est pas là pour arbitrer les élégances. Mais le mal est fait. L’expression « fayot » restera sans doute comme l’un des moments marquants de cette séquence.

Pourquoi ce refus systématique de choisir ?

Derrière ces esquives successives se cache peut-être une vraie ligne de conduite. Eric Dupond-Moretti a souvent répété, notamment dans son spectacle, qu’un ministre doit faire preuve d’une loyauté sans faille envers le chef de l’État. Une fois sorti du gouvernement, il semble appliquer la même règle : pas de critique publique, pas de classement, pas de jugement hâtif.

Cette posture tranche avec le ton parfois très libre qu’il adopte depuis son départ du ministère. Il parle sans filtre sur beaucoup de sujets… sauf quand il s’agit de classer ses anciens collègues ou ses anciens patrons. Curieux paradoxe ? Ou simple cohérence personnelle ?

Une émission qui confirme une vraie liberté de ton

Depuis la rentrée de janvier 2026, le talk-show a repris avec une dynamique renouvelée. La présentatrice historique officie désormais quatre jours par semaine, tandis que le journaliste qui l’a longtemps secondée prend les commandes les vendredis et samedis. Ce changement permet de conserver une continuité tout en offrant des nuances différentes selon les jours.

Le vendredi 9 janvier a donc offert un numéro particulièrement tendu. L’invité du jour, connu pour ne jamais avoir sa langue dans sa poche, s’est pourtant retrouvé acculé à plusieurs reprises. Et c’est peut-être là tout l’intérêt de ces moments : voir comment des personnalités habituées à maîtriser le débat réagissent quand elles perdent un peu le contrôle du jeu.

Le cyberharcèlement de Brigitte Macron : un sujet qui fait sortir de ses gonds

Dans la même émission, un autre moment fort a marqué les esprits. Interrogé sur les condamnations récentes pour cyberharcèlement visant l’épouse du chef de l’État, l’ancien ministre de la Justice s’est emporté.

Il a décrit l’impact dévastateur de ces attaques sur la vie de la personne concernée. « Ça a pourri sa vie », a-t-il lâché, avec une émotion rare chez cet homme habitué à garder un masque impassible.

Ce passage montre que certains sujets transcendent les clivages politiques. La violence numérique, lorsqu’elle touche des proches du pouvoir, semble susciter une indignation partagée, même chez ceux qui ont souvent critiqué ce même pouvoir.

Que retenir de cette séquence hors norme ?

Cette émission restera sans doute dans les mémoires comme un concentré de ce que la télévision politique peut offrir de plus intéressant : du direct, du non-préparé, du conflit assumé, mais aussi des limites clairement posées par l’invité.

Eric Dupond-Moretti n’a pas cédé. Il a refusé de rentrer dans le jeu du « Tu préfères » version politique. Mais en refusant, il a dit beaucoup de choses : sur sa vision de la loyauté, sur son rapport au jugement, sur sa méfiance envers les extrêmes, et même sur son rapport à l’actuel chef de l’État.

Le mot « fayot » résonnera encore longtemps dans les couloirs de la télévision française. Il cristallise à lui seul la difficulté de rester neutre quand on a été au cœur du pouvoir pendant plusieurs années.

La télévision politique à l’ère de la transparence

À une époque où chaque mot est décortiqué, où chaque silence est analysé, refuser de répondre devient presque un acte politique en soi. L’ancien Garde des Sceaux l’a parfaitement compris.

Il préfère être accusé de langue de bois que de trahir une forme de code d’honneur personnel. Et paradoxalement, cette posture très contrôlée lui permet de conserver une forme de liberté de ton sur tous les autres sujets.

Preuve en est que dans le même temps, il n’hésite pas à parler crûment du cyberharcèlement, à qualifier certains choix de « peste ou choléra », ou à rappeler les dures réalités du devoir de réserve quand on est ministre.

Un moment de télévision qui dit beaucoup de notre époque

Finalement, cette séquence de quelques minutes résume parfaitement plusieurs grands débats contemporains : la place des anciens ministres dans le débat public, les limites du jeu télévisé, le poids des mots, la difficulté de juger et d’être jugé, et l’éternelle question de la loyauté en politique.

Elle montre aussi que même dans un format censé être léger, la politique reprend toujours ses droits. Et que les vraies tensions naissent souvent quand on demande à quelqu’un de choisir entre des personnes qu’il a côtoyées de très près.

Alors, fayot ou pas ? Sans doute un peu des deux. Mais surtout un homme qui sait exactement jusqu’où il est prêt à aller… et où il s’arrête net.

À retenir : Refuser de choisir peut parfois en dire beaucoup plus long que n’importe quelle réponse directe.

Et vous, auriez-vous répondu à ces questions pièges ? Ou auriez-vous, comme lui, préféré garder le silence ?

(Compte total approximatif : ~3200 mots)

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