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Elon Musk Regrette DOGE : « Je Ne Le Referais Pas »

Elon Musk vient de lâcher une bombe : il ne referait plus jamais la commission DOGE avec Trump. "J'aurais dû rester dans mes entreprises", dit-il. Mais alors, pourquoi ce revirement brutal ? Ce qu'il s'est vraiment passé en coulisses risque de vous surprendre...

Imaginez passer des mois à promettre de sauver 2 000 milliards de dollars pour le contribuable américain, mobiliser des milliers de personnes, puis réaliser que tout cela vous a coûté bien plus cher personnellement que ce que vous avez réussi à économiser. C’est exactement ce qu’Elon Musk vient d’avouer publiquement.

Elon Musk enterre la commission DOGE

Invité sur le podcast conservateur animé par Katie Miller, l’ancienne porte-parole de la fameuse commission DOGE, le patron de Tesla et de SpaceX n’a pas mâché ses mots. À la question directe « Le referiez-vous ? », sa réponse a fusé : « Non, je ne pense pas. »

Le ton était calme, presque résigné. Lui qui avait pourtant investi temps, énergie et une partie de sa réputation dans cette aventure gouvernementale semble aujourd’hui la considérer comme une erreur stratégique majeure.

« J’aurais tout simplement dû travailler à mes entreprises. Et ils n’auraient pas brûlé les voitures. »

Elon Musk

Un succès… en demi-teinte

Malgré tout, Musk refuse de parler d’échec total. Selon lui, la commission a tout de même permis de « mettre un terme à beaucoup de financements qui n’avaient aucun sens » et qui relevaient purement du gaspillage.

Le compteur officiel de la commission affichait, à sa dernière mise à jour le 4 octobre, 214 milliards de dollars d’économies réalisées. Un chiffre déjà très éloigné des 2 000 milliards promis pendant la campagne, puis des 1 000 milliards espérés en début de mandat.

Mais même ce montant est contesté. Le site indépendant « DOGE Tracker » n’arrivait, en mai, qu’à un total de 12 milliards d’économies réellement vérifiables au moment où Musk a claqué la porte.

Économies promises vs réalité

  • Campagne 2024 → 2 000 milliards annoncés
  • Début 2025 → objectif ramené à 1 000 milliards
  • Compteur officiel (oct. 2025) → 214 milliards
  • DOGE Tracker indépendant → 12 milliards (mai 2025)

Le prix personnel payé par Tesla

Le plus douloureux pour Musk reste sans doute l’impact sur Tesla. Son engagement aux côtés de Donald Trump a déclenché une vague mondiale de contestations contre la marque.

Boutiques vandalisées, véhicules clés, stations Superchargeur incendiées, appels massifs au boycott… Les images ont fait le tour du monde. En Europe particulièrement, les ventes ont chuté de façon spectaculaire dès le premier trimestre 2025.

« Ils n’auraient pas brûlé les voitures », répète Musk avec une pointe d’amertume. Cette phrase résume à elle seule le sentiment d’un homme qui pensait servir son pays et qui se retrouve avec une partie de l’opinion publique qui associe désormais Tesla à l’extrême droite américaine.

Une commission née dans l’euphorie

Rappelons le contexte. Dès l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, la « Department of Government Efficiency » (DOGE) est créée par décret. Objectif affiché : tailler dans les dépenses fédérales et alléger la bureaucratie.

Elon Musk et Vivek Ramaswamy sont nommés co-dirigeants. L’idée séduit : appliquer à l’État les méthodes de rationalisation extrême utilisées chez Tesla ou SpaceX. Licenciements massifs, suppression pure et simple d’agences, coupes brutales dans l’aide internationale.

Pendant quelques mois, l’opération bénéficie d’un soutien médiatique important dans les milieux conservateurs. On parle alors de « révolution administrative.

Les méthodes radicales qui ont divisé

Pour atteindre les objectifs, l’administration n’y est pas allée avec le dos de la cuillère :

  • Incitation massive au départ volontaire de fonctionnaires
  • Licenciements directs dans plusieurs agences
  • Suppression ou fusion d’organismes entiers
  • Réduction drastique des programmes d’aide à l’étranger

Ces mesures, applaudies par une partie de l’électorat trumpiste, ont provoqué une levée de boucliers chez les fonctionnaires, les ONG et une large partie de l’opinion internationale.

Des tensions internes fatales

Derrière les caméras, ça grinçait déjà depuis plusieurs mois. Les relations entre Elon Musk et certains poids lourds de la Maison Blanche se sont détériorées rapidement.

Le départ officiel a eu lieu en mai 2025, sur fond de désaccords stratégiques et alors que les chiffres réels d’économies étaient très en deçà des promesses. Depuis, Musk n’avait plus publiquement évoqué l’épisode… jusqu’à cette interview.

Katie Miller, le lien qui reste

Le choix du podcast n’est d’ailleurs pas anodin. Katie Miller, l’animatrice, a été la porte-parole de DOGE avant de rejoindre le privé chez… Elon Musk. Elle est également l’épouse de Stephen Miller, directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche et figure incontournable de l’administration Trump.

Un cercle très fermé où les loyautés se croisent, mais où les désaccords peuvent aussi être violents.

Que retenir de cette expérience ?

Au-delà du cas Musk, cette aventure pose une question plus large : un entrepreneur, aussi brillant soit-il, peut-il vraiment réformer l’État quand ses méthodes radicales heurtent de plein fouet des décennies de culture administrative et une partie importante de l’opinion ?

Elon Musk semble aujourd’hui répondre par la négative. Et il n’est pas le seul : plusieurs observateurs estiment que l’expérience DOGE a surtout servi à polariser encore davantage le débat public américain.

Une chose est sûre : l’homme le plus riche du monde a appris, à ses dépens, que gouverner n’est pas exactement comme diriger une start-up de la Silicon Valley.

Aujourd’hui, il dit vouloir se concentrer sur ses entreprises. Chez Tesla, on respire : les ventes repartent doucement en Chine et les nouveaux modèles commencent à séduire à nouveau. Comme si, finalement, le meilleur moyen pour Musk de changer le monde restait… de continuer à construire des voitures électriques et des fusées.

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