Dans un contexte de tensions politiques persistantes, le Conseil national électoral (CNE) vénézuélien a annoncé mercredi le report d’un mois des élections législatives et des gouverneurs, désormais prévues pour le 25 mai. Une décision présentée comme visant à « faciliter et promouvoir la participation » de la société, mais qui intervient alors que l’opposition brandit la menace d’un boycott si un « processus de négociation » n’est pas engagé.
L’opposition pose ses conditions
La principale coalition d’opposition, la Plateforme unitaire démocratique (PUD), a en effet conditionné sa participation à « une négociation formelle » qui prendrait en compte « la vérité du 28 juillet ». Date à laquelle, selon elle, son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia, aujourd’hui exilé en Espagne, l’aurait emporté face au président sortant Nicolas Maduro, proclamé vainqueur avec 52% des voix par le CNE.
Les détracteurs du pouvoir dénoncent des fraudes, pointant notamment l’absence de publication des procès-verbaux des bureaux de vote, que le CNE affirme avoir perdus dans un « piratage informatique » jugé peu crédible. L’opposition assure de son côté détenir des procès-verbaux conférant à son champion plus de 67% des voix. Outre la « reconnaissance » de cette « vérité », elle exige la « libération immédiate de tous les prisonniers politiques« .
Des manifestations meurtrières post-électorales
L’annonce de la réélection de Maduro pour un troisième mandat en 2024 avait provoqué des manifestations spontanées qui, selon les autorités, se sont soldées par 28 morts, 200 blessés et près de 2400 arrestations, dont quelque 2000 personnes ont été libérées par la suite. Elle n’a pas été reconnue par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine, accentuant l’isolement international de Caracas.
Le CNE appelle au respect des résultats
Face à ces contestations, le pouvoir ne dévie pas de sa ligne. Le CNE a demandé aux partis et candidats du scrutin désormais fixé au 25 mai de s’engager « à respecter et à se conformer à tous les événements relatifs à l’élection » ainsi qu’aux « résultats publiés ». En plus de ce rendez-vous électoral, l’autorité prévoit l’organisation d’un référendum sur une réforme constitutionnelle promue par le président Maduro.
C’est dire si la crise politique est loin d’être résolue dans le pays. La défiance prédomine entre le gouvernement et ses opposants, qui peinent à s’unir. Malgré quelques concessions, comme le léger report des législatives, le pouvoir campe sur ses positions. Quant à l’opposition, entre boycott et volonté de négocier, elle peine à adopter une stratégie claire face à un scrutin crucial pour l’avenir du pays. Dans ce bras de fer, c’est une fois de plus la démocratie vénézuélienne qui vacille.