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El Mencho Abattu : La Chute du Chef du CJNG

Dimanche, l'armée mexicaine a éliminé Nemesio "El Mencho" Oseguera, le patron du redoutable Cartel Jalisco Nueva Generacion, dans une opération choc. Une prime de 15 millions de dollars pesait sur lui depuis longtemps. Sa disparition provoque déjà un chaos violent dans plusieurs États mexicains... Quel avenir pour le narcotrafic ?

Imaginez un homme capable de faire trembler tout un pays par sa seule réputation, un baron de la drogue qui n’hésitait pas à défier ouvertement les autorités les plus puissantes. Dimanche, ce chapitre s’est brutalement refermé au Mexique avec la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, plus connu sous le surnom d’El Mencho. À 59 ans, le fondateur et chef incontesté du Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) a perdu la vie lors d’une opération militaire d’envergure, marquant potentiellement un tournant dans la lutte contre le narcotrafic.

Cette disparition n’est pas anodine. Elle intervient alors que le CJNG s’était imposé comme l’organisation criminelle la plus puissante et la plus violente du pays, surpassant même les anciens géants comme le cartel de Sinaloa après l’incarcération de ses leaders historiques aux États-Unis. Les autorités mexicaines ont confirmé que El Mencho a succombé à ses blessures après des échanges de tirs intenses, alors qu’il était transporté vers la capitale.

La fin d’une ère de terreur : la mort d’El Mencho

L’opération qui a coûté la vie à El Mencho s’est déroulée dans l’État de Jalisco, son fief historique. Les forces armées mexicaines, soutenues par des renseignements précis, ont lancé une offensive visant à le capturer. Grièvement blessé lors des affrontements, il n’a pas survécu au transfert médical. Washington avait placé une prime exceptionnelle de 15 millions de dollars sur sa capture, signe de l’importance stratégique qu’il représentait pour les deux pays.

Spécialistes du narcotrafic décrivent El Mencho comme un homme de nature particulièrement violente, prêt à affronter frontalement les institutions quand d’autres cartels préféraient la discrétion. Cette audace a contribué à sa légende noire, mais aussi à sa chute finale.

Un parcours marqué par la violence extrême

Le CJNG sous la direction d’El Mencho s’est distingué par des actes d’une brutalité inouïe. En 2020, ses hommes ont orchestré une attaque spectaculaire contre un haut responsable de la sécurité publique, alors en charge de la police de la capitale. L’assaut a laissé plusieurs morts, dont des gardes du corps, et a gravement blessé la cible. Cet épisode illustre parfaitement la volonté du cartel de frapper au cœur du pouvoir.

Cinq ans plus tôt, en 2015, le groupe avait déjà multiplié les provocations. Une embuscade contre des forces de police avait abouti à la destruction d’un hélicoptère militaire à l’aide de lance-roquettes. Des barrages routiers et des incendies avaient suivi, causant la mort de dizaines de personnes, dont une vingtaine de policiers et neuf militaires. Ces opérations démontraient une capacité militaire quasi-étatique.

« Violent de nature », selon un expert du narcotrafic, il s’en prenait de front aux autorités, quand d’autres organisations similaires restaient sur la défensive.

Ces exemples ne sont que la partie visible d’une stratégie globale basée sur l’intimidation et la démonstration de force. Le cartel n’hésitait pas à laisser des messages macabres, comme en 2011 avec la découverte de 35 corps près d’une réunion de procureurs dans l’État de Veracruz. Ce massacre symbolique marquait l’entrée fracassante du CJNG sur la scène nationale.

Des origines modestes à la tête d’un empire criminel

Nemesio Oseguera est né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacán, une région où les cultures illicites de cannabis étaient omniprésentes. Jeune, il émigre aux États-Unis où il est condamné dans les années 1980 pour trafic d’héroïne. Après avoir purgé sa peine, il est expulsé vers le Mexique.

De retour au pays, il intègre d’abord le cartel del Milenio avant d’en être évincé suite à des conflits internes. Il migre alors vers l’État voisin de Jalisco et fonde en 2009 les Mata Zetas, un groupe qui évolue rapidement pour devenir le Cartel Jalisco Nueva Generacion en 2011. Sous son commandement, l’organisation grandit à une vitesse fulgurante, profitant du vide laissé par les arrestations de figures comme Joaquin « El Chapo » Guzman et Ismael « Mayo » Zambada.

Le CJNG s’impose alors comme le cartel dominant au Mexique, contrôlant de vastes territoires et diversifiant ses activités criminelles. Outre le trafic de drogue, le groupe s’engage dans l’extorsion, le vol de carburant, le trafic d’armes, la traite des migrants et même l’exploitation illégale de minerais.

Une discrétion calculée malgré sa puissance

Malgré son pouvoir immense, El Mencho restait extrêmement prudent en public. Peu d’images récentes de lui circulaient. Sur les avis de recherche américains, on le voit avec un visage anguleux, cheveux impeccablement peignés et fine moustache. Des photos plus anciennes, datant des années 1980, montrent un homme aux traits plus rudes et aux cheveux frisés.

En 2025, il fait de rares apparitions lors de concerts de narcocorridos, ces chansons glorifiant les trafiquants. Mais ces sorties restaient exceptionnelles. « Il faisait très attention à ne pas s’exposer publiquement, on sait peu de choses sur sa vie », confie un spécialiste interrogé par l’AFP.

Cette discrétion contrastait avec la visibilité de certains rivaux et contribuait au mythe autour de sa personne. Peu de détails sur sa vie personnelle filtraient : divorcé, père de trois enfants, dont certains impliqués dans les affaires du cartel.

Une famille plongée dans le crime organisé

L’entourage proche d’El Mencho n’a pas échappé à la justice. Son ex-épouse et deux de ses fils ont été arrêtés. L’un d’eux, surnommé « El Menchito », a été condamné à la perpétuité aux États-Unis. L’ex-épouse a été libérée par la suite. Ces arrestations illustrent comment le cartel impliquait souvent les familles dans ses activités.

Cette dynamique familiale renforçait la loyauté interne mais exposait aussi les proches aux risques judiciaires internationaux. Les États-Unis ont joué un rôle clé dans ces poursuites, considérant le CJNG comme une menace majeure pour leur sécurité nationale.

Expansion internationale et diversification

Face à une concurrence féroce pour le contrôle de la frontière avec les États-Unis, El Mencho a orienté son empire vers d’autres marchés. L’Europe, l’Asie, l’Afrique et même l’Australie offraient des opportunités lucratives où la drogue se vendait beaucoup plus cher et où la compétition mexicaine était moindre.

En 2025, les autorités américaines ont officiellement désigné le CJNG comme organisation terroriste, soulignant son caractère transnational et sa présence quasi-nationale au Mexique. Cette classification reflétait l’ampleur des crimes imputés au groupe : trafic de stupéfiants, armes, extorsions, enlèvements et bien plus.

Le bilan humain de la guerre contre les cartels depuis 2006 est effarant : plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus. Le CJNG a contribué de manière significative à ces chiffres par sa brutalité sans précédent.

Les conséquences immédiates de sa mort

La disparition d’El Mencho a immédiatement provoqué des troubles dans plusieurs États. Des véhicules incendiés, des barrages et des affrontements armés ont éclaté, signe que le cartel réagit violemment à la perte de son leader. Les autorités craignent une période d’instabilité alors que des luttes internes pour le pouvoir pourraient émerger.

Ce scénario s’est déjà produit par le passé avec d’autres cartels décapités. La fragmentation peut engendrer plus de violence à court terme avant une éventuelle stabilisation. Les forces de sécurité restent en alerte maximale.

Un vide qui pourrait redessiner la carte du narcotrafic

Avec la chute d’El Mencho, considéré comme le dernier grand parrain mexicain encore en liberté, une page se tourne. Le CJNG, désormais orphelin de son fondateur, pourrait connaître des divisions. D’autres groupes pourraient tenter de profiter de la situation pour grignoter des territoires.

Les autorités mexicaines et américaines espèrent que cette opération portera un coup décisif au trafic de fentanyl et autres substances qui ravagent les deux pays. Mais l’histoire du narcotrafic montre que les organisations s’adaptent souvent rapidement.

Restent les questions : qui succédera à El Mencho ? Le cartel va-t-il se fragmenter ou se restructurer sous une nouvelle direction ? Les prochains mois seront cruciaux pour comprendre l’évolution de cette menace persistante.

En attendant, le Mexique retient son souffle face aux possibles représailles. La mort d’un homme aussi puissant ne passe jamais inaperçue dans l’univers impitoyable des cartels. Elle ouvre une nouvelle ère, incertaine et potentiellement encore plus sanglante.

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