Imaginez une usine flambant neuve, où des milliers de travailleurs s’affairent à assembler des SUV rutilants, soudain plongée dans le silence. C’est la réalité brutale qui frappe Stellantis, géant mondial de l’automobile, alors que de nouveaux droits de douane bouleversent ses plans. Depuis le 3 avril 2025, une surtaxe de 25 % sur les véhicules non fabriqués aux États-Unis a forcé le groupe à suspendre temporairement deux usines majeures, l’une au Mexique et l’autre au Canada, tout en ralentissant la cadence dans quatre autres sites américains. Une onde de choc qui soulève une question brûlante : l’industrie automobile peut-elle survivre à cette tempête économique ?
Une Crise Transfrontalière aux Répercussions Massives
Le couperet est tombé rapidement. Dès l’entrée en vigueur des nouvelles mesures douanières, Stellantis a dû réagir. Au sud du Mexique, l’usine de Toluca, un site clé employant près de 2 700 personnes, mettra ses chaînes de montage à l’arrêt dès lundi prochain, et ce, pour tout le mois d’avril. Cette usine produit des modèles phares comme le Jeep Compass et le Wagoneer S, un SUV électrique très attendu. Pendant ce temps, au Canada, l’usine Chrysler de Windsor, qui compte environ 4 000 salariés, fermera ses portes pendant deux semaines. Pourquoi ? Les coûts d’importation vers les États-Unis, principal marché du groupe, sont devenus prohibitifs.
Le Mexique Face à l’Incertitude
À Toluca, l’ambiance est lourde. Cette pause, bien que qualifiée de temporaire par une porte-parole du groupe, laisse planer un doute sur l’avenir. La présidente mexicaine a tenu à rassurer vendredi dernier en affirmant qu’aucun licenciement n’était à l’ordre du jour. Selon elle, il s’agit simplement d’une halte stratégique pour ajuster la production, notamment celle des véhicules électriques, dont la demande reste timide. Mais peut-on vraiment y croire alors que l’économie locale dépend fortement de ces emplois ?
C’est un arrêt temporaire pour évaluer les besoins de production.
– Une voix officielle mexicaine
Pourtant, cette décision n’est pas anodine. Les SUV électriques, comme le Wagoneer S, représentent l’avenir pour beaucoup de constructeurs. Mais avec un marché encore hésitant et des coûts d’importation en hausse, Stellantis doit jongler entre innovation et rentabilité.
Le Canada dans la Tourmente
De l’autre côté de la frontière, la situation n’est pas plus rose. L’usine de Windsor, spécialisée dans les modèles Chrysler, subit elle aussi les conséquences directes de cette politique protectionniste. Deux semaines d’arrêt, cela peut sembler court, mais pour les 4 000 employés et leurs familles, c’est une éternité. D’après une source proche du dossier, cette fermeture vise à limiter les pertes face à des véhicules désormais trop chers pour être compétitifs sur le sol américain.
Les États-Unis : Licenciements et Ajustements
Aux États-Unis, le tableau est tout aussi sombre. Quatre usines de pièces détachées, situées dans le Michigan et l’Indiana, vont voir leur rythme ralentir, entraînant le licenciement temporaire d’environ 900 travailleurs. Une mesure dure, mais jugée nécessaire par la direction pour absorber le choc des surtaxes. Le patron américain du groupe a d’ailleurs appelé à une résilience collective dans une lettre adressée à ses équipes, soulignant la gravité de la situation.
Il faudra de la résilience et de la discipline pour traverser cette période difficile.
– Le dirigeant américain de Stellantis
Une Réponse Marketing Audacieuse
Face à cette crise, Stellantis ne baisse pas les bras. Le groupe a lancé une campagne marketing d’envergure baptisée America’s Freedom of Choice. Objectif ? Attirer les clients en concession avec des remises agressives et des messages patriotiques. Une stratégie qui rappelle celle d’un autre géant du secteur, avec sa propre campagne axée sur le made in America. Mais ces efforts suffiront-ils à compenser la hausse des prix inévitable ?
- Remises massives sur les modèles Jeep et Chrysler.
- Publicités jouant sur la fibre nationale.
- Objectif : maintenir les ventes malgré les surtaxes.
Les Conséquences sur le Marché Automobile
Ces droits de douane ne touchent pas que Stellantis. Ils redessinent les contours de l’industrie automobile mondiale. Les constructeurs dépendant des importations vers les États-Unis risquent de voir leurs marges s’effondrer. Pour les consommateurs, c’est une autre mauvaise nouvelle : les prix des véhicules, déjà élevés, pourraient grimper encore. Un SUV Jeep Compass, par exemple, pourrait devenir un luxe hors de portée pour beaucoup.
Pays | Usine | Impact |
Mexique | Toluca | Arrêt total en avril |
Canada | Windsor | Fermeture de 2 semaines |
États-Unis | Michigan/Indiana | 900 licenciements temporaires |
Quel Avenir pour Stellantis ?
Le cinquième constructeur mondial est à un tournant. Entre la transition vers l’électrique, les tensions commerciales et les attentes des consommateurs, les défis sont immenses. Certains experts estiment que cette crise pourrait pousser Stellantis à relocaliser davantage de production aux États-Unis. Mais à quel coût ? Les investissements nécessaires seraient colossaux, et rien ne garantit que le marché suivra.
En attendant, les salariés, qu’ils soient au Mexique, au Canada ou aux États-Unis, retiennent leur souffle. Cette pause, aussi temporaire soit-elle, révèle la fragilité d’un secteur pris en étau entre politique et économie. Et si c’était le début d’une transformation profonde de l’automobile mondiale ?
À retenir : Stellantis fait face à une crise sans précédent, mais tente de rebondir avec audace. L’avenir dira si cette stratégie portera ses fruits.