Un acte d’une violence inouïe qui hante encore les consciences
Le 22 juin 2022, dans une micro-crèche à Lyon, une matinée ordinaire a basculé dans l’horreur. Une auxiliaire de puériculture, seule avec les premiers enfants arrivés, a commis un geste irréparable. Pour faire cesser les pleurs d’une fillette nommée Lisa, elle lui a administré de force une quantité massive d’un produit corrosif à base d’acide sulfurique, habituellement utilisé pour déboucher les canalisations.
Ce produit, extrêmement dangereux, provoque des brûlures immédiates et intenses. Les experts médicaux l’ont confirmé : un enfant qui en avale accidentellement recrache instinctivement en raison de la douleur fulgurante. Pourtant, ici, la dose ingérée était telle que la petite n’a pu que subir les conséquences effroyables.
Après quatre heures de souffrance extrême, malgré les tentatives désespérées des secours et des médecins, Lisa est décédée. Ses parents, effondrés, ont dû affronter l’insoutenable : dire au revoir à leur bébé, le corps ravagé par les brûlures internes et externes.
Les parents face à la cour : un cri du cœur déchirant
Au deuxième jour du procès en appel, la mère de Lisa, Sophie, a pris la parole avec une émotion palpable. Elle a supplié les jurés de ne pas transformer l’audience en débat sur les conditions de fonctionnement des crèches privées, même si des manques de personnel existaient.
« On ne veut pas de débat sur les crèches, même s’il y avait des problèmes de personnel », a-t-elle lancé, avant de décrire l’accusée comme un « monstre » ayant détruit leur famille. Elle a insisté pour que la justice reconnaisse l’intention homicide et prononce une période de sûreté incompressible, afin d’éviter qu’une personne capable d’un tel acte ne soit libérée trop tôt.
Lisa, je t’aime, tu étais tout pour nous, je te demande pardon, une maman ça doit protéger son enfant, je n’ai pas su te protéger.
Ces mots ont résonné dans une salle plongée dans un silence lourd. Des larmes ont coulé chez les jurés, une juge assesseure, et même chez l’accusée. Sophie a ensuite raconté l’attente interminable à l’hôpital, le moment où le médecin leur a annoncé qu’il fallait venir dire au revoir à leur fille.
« Elle était brûlée partout (…), j’ai posé mes mains sur elle, je lui ai chanté une chanson et on nous a dit que c’était fini… », a-t-elle murmuré, la voix brisée.
Le déroulement tragique de cette matinée fatale
Le père, Fabio, avait déposé Lisa à la crèche ce matin-là. L’auxiliaire, recrutée depuis seulement trois mois et titulaire d’un diplôme petite enfance obtenu de justesse, se trouvait seule pour accueillir les enfants. Huit minutes plus tard, deux mères présentes ont découvert l’employée paniquée, prétendant que la petite avait avalé de la gouache.
Pendant que l’une tentait de soulager le bébé et que l’autre appelait les pompiers, l’auxiliaire a même badigeonné son pantalon de gouache pour étayer son mensonge. Le lendemain, elle a avoué la vérité : il s’agissait d’un produit déboucheur. Elle a répété n’avoir « pété un câble ».
Les médecins experts ont été clairs : pour ingérer une telle quantité, la tête de l’enfant a dû être maintenue en arrière, la bouche ouverte de force. Ce geste délibéré contredit toute idée d’accident ou d’ignorance totale.
Le profil controversé de l’accusée
Myriam Jaouen, âgée de 27 ans au moment des faits, a été décrite par les experts comme immature et présentant une déficience intellectuelle. Elle a maintenu devant la cour qu’elle voulait seulement faire taire l’enfant, sans intention de tuer, ignorant prétendument la dangerosité extrême du produit.
Cette version a été contestée par les enquêteurs, les psychiatres et les médecins. Même une personne en difficulté cognitive sait que ce type de produit est corrosif et toxique. Le père de Lisa a murmuré : « On nous dit qu’elle est immature, pas intelligente… Mais même un fou ne serait pas capable de faire ça et de monter une mise en scène. Elle, c’est le mal incarné. »
L’accusée a pleuré à plusieurs reprises, répétant ses regrets, mais sans expliquer vraiment le pourquoi de cet acte barbare.
Du premier jugement à l’appel : une quête de reconnaissance de l’intention
En première instance, l’accusée avait été condamnée à 25 ans de réclusion pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort, sans que l’intention homicide soit retenue. Cette décision a provoqué la colère des parents, qui ont poussé le parquet à faire appel.
Aujourd’hui, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Les parents espèrent que la cour reconnaîtra pleinement la volonté de donner la mort, pour que justice soit rendue à leur petite fille et pour protéger d’autres enfants d’une éventuelle récidive.
La directrice de la crèche à l’époque a assumé une part de responsabilité, évoquant le manque d’effectifs et le recrutement d’une personne peu expérimentée. Mais les parents refusent que cela devienne le centre du débat. Leur douleur se focalise sur l’acte lui-même, sur la perte irrémédiable.
Les implications plus larges pour la sécurité des enfants
Ce drame a soulevé des questions sur les conditions d’accueil en petite enfance, particulièrement dans les structures privées. Les manques de personnel, les recrutements hâtifs, les dérogations pour les micro-crèches ont été pointés du doigt par certains. Pourtant, les parents insistent : le vrai responsable est celui qui a commis l’irréparable.
Ce cas rappelle cruellement que la confiance accordée à une personne pour veiller sur un enfant est immense. Quand cette confiance est trahie de manière aussi extrême, les conséquences sont dévastatrices.
Les témoignages des experts ont souligné la brutalité du geste : maintenir un bébé pour lui faire ingérer un corrosif nécessite une détermination froide. Cela dépasse la simple perte de contrôle passagère.
L’attente d’une justice à la hauteur de la souffrance
Les parents de Lisa portent le poids d’une culpabilité qu’ils ne méritent pas. Confier son enfant à une crèche est un acte de confiance quotidienne pour des milliers de familles. Ici, cette confiance a été anéantie par un acte inconcevable.
Ils demandent une sanction exemplaire, une reconnaissance claire de l’intention meurtrière. Leur peur est palpable : sans cela, une personne dangereuse pourrait un jour recouvrer la liberté.
Ce procès en appel ravive la douleur, mais il offre aussi l’espoir que la justice rende un verdict à la mesure de l’horreur subie par leur petite fille.
Chaque détail révélé – les pleurs étouffés, les mensonges initiaux, la mise en scène maladroite – renforce l’idée d’un acte prémédité dans sa violence, même s’il est né d’un moment de rage incontrôlée.
La société entière suit cette affaire avec émotion. Elle interroge sur la protection des plus vulnérables, sur la formation des professionnels, sur la vigilance collective.
Mais au centre de tout reste Lisa, une enfant innocente dont la vie a été arrachée de la façon la plus cruelle. Ses parents, par leur dignité et leur courage, rappellent que l’amour d’un parent ne s’efface jamais, même face à l’inimaginable.
Le procès continue, et les débats à venir seront déterminants. Pour la mémoire de Lisa, pour la paix de ses parents, et pour que de tels actes ne se reproduisent jamais sans conséquences proportionnées.









