Ce lundi 12 janvier 2026 restera gravé dans les mémoires des passionnés de football et des amateurs de grandes personnalités du micro. Une nouvelle brutale a traversé le paysage médiatique français : la disparition de l’une des voix les plus reconnaissables et des caractères les plus hauts en couleur du ballon rond. À 72 ans, une légende s’en est allée, laissant derrière elle des milliers d’histoires, des coups de gueule mémorables et un amour inconditionnel pour le jeu.
Une voix légendaire s’éteint, l’émotion submerge les plateaux
Dans le petit monde très fermé des consultants sportifs, rares sont ceux qui parviennent à devenir de véritables personnages à part entière. Lui y est parvenu avec une évidence déconcertante. Son accent chantant, sa gouaille méridionale, son franc-parler parfois cash mais toujours sincère ont construit au fil des décennies une relation unique avec le public. Ce 12 janvier, cette voix s’est tue pour toujours.
Quelques heures après l’annonce officielle de sa disparition, les réactions se sont multipliées. Parmi elles, l’une des plus touchantes est venue d’un animateur qui n’est pourtant pas principalement connu pour être un pur produit du football : Cyril Hanouna. Dans son émission quotidienne diffusée en soirée, il a décidé de consacrer plusieurs minutes à cet homme qu’il admirait profondément.
Le moment suspendu sur le plateau de W9
Dès les premières secondes de l’émission, l’ambiance était différente. Le ton habituellement très énergique et parfois explosif laissait place à une gravité inhabituelle. Cyril Hanouna, visiblement touché, a pris la parole avec une émotion rare pour parler de celui qu’il qualifiait sans hésiter de « légende ».
« Il y a l’une des légendes les plus emblématiques du monde du football qui nous a quitté ce matin et un monsieur que j’adorais. C’est un des plus grands entraîneurs de foot, décédé à l’âge de 72 ans. Il a été joueur professionnel puis un très grand entraîneur. »
Ces quelques phrases, prononcées avec une voix légèrement tremblante, ont immédiatement posé le ton. Ce n’était pas simplement un hommage protocolaire. On sentait une affection sincère pour l’homme, au-delà du professionnel.
Le témoignage bouleversant de Daniel Riollo
Pour illustrer cet attachement et rendre l’hommage encore plus personnel, l’animateur a choisi de diffuser un extrait particulièrement poignant. Il s’agit du témoignage de Daniel Riollo, compagnon de route historique de la légende disparue sur les ondes d’une grande radio sportive pendant plus de deux décennies.
Dans cet enregistrement, l’émotion est palpable. Entre deux silences lourds, l’ancien confrère raconte leur relation faite de débats enflammés, de fous rires interminables et d’une complicité rare dans le milieu très concurrentiel des médias sportifs.
« Je crois qu’il aurait aimé qu’on continue à se marrer parce que c’est ce qu’il aimait faire, à parler foot. Mais aujourd’hui ça va être compliqué quand même… On a fait tellement de soirées, des briefs de match ensemble, même quand on s’engueulait autour du foot, on finissait toujours par se marrer parce qu’il avait cette espèce de ton qui te faisait rire, quoi qu’il en soit. »
Il évoque ensuite avec tendresse le côté très « sud » de son complice, ses anecdotes rocambolesques sur ses jeunes années, ses histoires de casino racontées comme personne, ce mélange unique de gouaille marseillaise et d’humour ravageur qui faisait dire à beaucoup : « quand il parle, on a l’impression d’être dans un film ».
Un parcours hors norme au service du football
Avant de devenir cette voix si particulière des ondes, il avait déjà écrit une belle page de l’histoire du football français en tant qu’acteur de terrain. Né à Marseille, il commence sa carrière professionnelle en 1971 et la termine en 1985 après avoir porté les couleurs de plusieurs clubs importants de l’Hexagone.
Mais c’est véritablement sur le banc de touche qu’il va laisser une trace durable. Dès les années 80, il prend les rênes de plusieurs équipes avec un style bien à lui : autoritaire, passionné, parfois clivant, souvent efficace. Il remporte notamment un titre de champion de France et connaîtra plusieurs passages remarqués dans des clubs historiques.
Son caractère bien trempé et ses sorties médiatiques parfois très tranchées lui valent rapidement le surnom de « grande gueule », qualificatif qu’il ne reniera jamais et qu’il portera même avec une certaine fierté.
Plus de vingt ans à faire vibrer les auditeurs
C’est au début des années 2000 qu’il entame une seconde carrière, celle qui le rendra véritablement populaire auprès du grand public : consultant radio. Pendant plus de vingt ans, il sera l’une des signatures les plus fortes d’une tranche horaire mythique du sport en direct.
Son style inimitable – mélange d’analyse technique pointue, d’anecdotes savoureuses, de coups de sang légendaires et d’humour parfois très potache – en faisait un élément incontournable de l’émission. Les auditeurs attendaient ses interventions comme on attend le moment fort d’un spectacle.
« Il pouvait passer en trente secondes d’une analyse tactique très fine à une vanne absolument destructrice sur un joueur, un entraîneur ou même un confrère… et tout le monde riait, y compris la cible. C’était son génie. »
— Un ancien collègue anonyme
Cette capacité à naviguer entre sérieux et dérision, entre colère et tendresse, entre foot et culture populaire méridionale, explique pourquoi sa disparition touche autant de personnes différentes : supporters, journalistes, anciens joueurs, animateurs, auditeurs lambda…
Un héritage qui dépasse largement le rectangle vert
Car au-delà du sportif et du consultant, c’est aussi un certain art de vivre qui s’en va. Celui d’un homme du Sud, truculent, généreux dans ses emportements comme dans ses moments de tendresse, qui n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, même quand cela dérangeait.
Dans un monde médiatique de plus en plus policé, où les prises de parole sont souvent formatées, il représentait une forme de liberté d’expression brute, sans filtre, parfois excessive, mais toujours authentique.
Il était l’incarnation d’une certaine idée du football populaire, loin des discours trop lisses, des communicants trop parfaits et des consultants trop « corporate ». Il parlait comme on parle dans les bars de supporters marseillais, dans les cours d’immeubles du Sud, dans les familles où l’on vit le foot comme une religion.
Les réactions continuent d’affluer
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, de très nombreuses personnalités du football et des médias ont tenu à saluer sa mémoire. Anciens joueurs qu’il a coachés, entraîneurs qu’il a croisés, consultants avec qui il a débattu pendant des années, tous évoquent le même mélange : respect professionnel immense et affection très personnelle.
Les réseaux sociaux, souvent lieu de défouloir, se sont cette fois transformés en un immense livre d’or numérique où se croisent des messages de tristesse, de gratitude et d’anecdotes personnelles très touchantes.
Un dernier mot de Cyril Hanouna
À la fin de cet hommage télévisé, Cyril Hanouna a conclu par quelques mots simples mais très forts :
« On pense fort à sa famille. Je l’adorais, c’est vraiment tout ce que j’aimais. C’est une grande gueule, il disait ce qu’il pensait, l’accent, toujours en train de rigoler. »
Ces quelques mots résument parfaitement l’homme : une grande gueule au grand cœur, un râleur magnifique, un amoureux du foot et de la vie, parti trop tôt mais qui laisse derrière lui une empreinte indélébile.
Le football français, les médias sportifs et tous ceux qui ont eu la chance de croiser sa route ne seront plus jamais tout à fait les mêmes. Il emporte avec lui une certaine idée du débat passionné, de la gouaille méridionale et de l’amour viscéral du ballon rond.
Repose en paix, grand monsieur. Et merci pour toutes ces soirées où tu nous as fait vibrer, rire, tressaillir et parfois même nous énerver… mais toujours avec passion.
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