Imaginez un instant : vous êtes un animateur ou chroniqueur connu du petit écran, une émission prestigieuse vous fait les yeux doux, mais votre patron actuel vous fixe droit dans les yeux et lâche une phrase qui claque comme un coup de fouet. C’est exactement ce qu’a vécu Matthieu Delormeau il y a quelques années, et l’histoire refait surface aujourd’hui de la manière la plus croustillante qui soit.
Dans le milieu ultra-concurrentiel de la télévision française, les loyautés se payent parfois au prix fort. Entre promesses alléchantes et pressions sans concession, les trajectoires professionnelles peuvent basculer sur une simple discussion de couloir… ou sur une menace très directe.
Quand Cyril Hanouna sort l’ultimatum
L’affaire remonte à 2016, mais elle garde aujourd’hui toute sa saveur. À l’époque, Matthieu Delormeau, déjà bien installé dans l’écurie de l’animateur le plus puissant du PAF, reçoit un appel qui ferait rêver beaucoup de personnalités du petit écran : la production de Danse avec les Stars souhaite sa participation.
Pas en tant qu’animateur, non. En tant que candidat, sur le parquet mythique de l’émission de TF1. Treize primes en vue, une visibilité énorme, l’opportunité de montrer une autre facette de sa personnalité… Le rêve, en somme. Sauf que le rêve s’est rapidement transformé en mauvais film d’action.
L’avertissement qui a tout changé
Informé de la proposition, Cyril Hanouna n’a pas pris de gants. Selon les souvenirs très précis rapportés par Matthieu Delormeau lui-même, la sentence est tombée sans détour : « Tu fais ce que tu veux, mais si tu y vas, tu perds l’émission et toutes tes productions sur C8 ».
Autrement dit : un pied dans le camp d’en face et c’est la porte qui claque derrière vous. Une menace d’une rare violence dans un milieu où les contrats sont souvent précaires et les egos particulièrement sensibles.
« C’était clair, net et précis. Il n’y avait pas trente-six solutions. »
Matthieu Delormeau se remémorant l’échange
À cet instant précis, le choix devient cornélien : la gloire éphémère d’une aventure dansante ou la stabilité (relative) d’une collaboration déjà bien huilée avec celui qui, à l’époque, régnait en maître sur une case horaire ultra-stratégique.
Un second coup fatal porté par la production
Comme si la menace n’avait pas suffi, un autre élément a définitivement enterré le projet. Lors d’un échange téléphonique avec un membre important de la production de l’émission, Matthieu Delormeau a entendu des propositions qui l’ont profondément choqué.
Le producteur aurait en effet évoqué, sans le moindre filtre, un scénario très précis pour les premiers primes : torse nu dès le premier soir, puis un prime émotion autour du décès de sa mère, avec musique larmoyante à l’appui. La réponse du principal intéressé ne s’est pas fait attendre : un « Va te faire f*** » très senti a mis fin à la conversation… et au projet.
Entre la menace de perdre son gagne-pain principal et la perspective d’une exploitation émotionnelle jugée indécente, le verdict était sans appel : pas de Danse avec les Stars pour Matthieu Delormeau.
Une fidélité à double tranchant
Dix ans plus tard, l’histoire refait surface dans un contexte bien différent. Matthieu Delormeau a retrouvé une place de choix aux côtés de Cyril Hanouna, cette fois sur une chaîne du groupe Canal+. L’émission Tout Beau, Tout Neuf cartonne, l’ambiance est électrique, et les confidences fusent.
C’est dans ce cadre que l’ancien chroniqueur de Touche Pas à Mon Poste a choisi de raconter cet épisode marquant, avec un certain amusement rétrospectif. Cyril Hanouna, de son côté, a feint l’étonnement avant de reconnaître que l’avertissement était bien réel.
Cette anecdote pose une question de fond sur le fonctionnement du petit écran français : jusqu’où peut-on aller au nom de la fidélité à une personnalité ou à un groupe ? Et surtout, à quel prix ?
Le cas Stéphane Bern ravive le débat
Quelques semaines plus tôt, le même Cyril Hanouna s’était étonné publiquement de la participation de Stéphane Bern à Danse avec les Stars. Animateur historique de France Télévisions, l’historien vedette avait accepté l’aventure sur TF1, déclenchant une petite polémique sur la question des « infidélités » télévisuelles.
Certains chroniqueurs ont défendu le droit de chacun à multiplier les expériences. D’autres, plus proches de l’animateur, ont vu là une forme de trahison. Le débat est loin d’être clos dans un univers où les appartenances se vivent souvent comme des histoires d’amour… ou de possession.
Les coulisses d’une rivalité historique
Derrière cet ultimatum se dessine aussi le portrait d’une rivalité ancienne entre deux géants de l’audience : TF1 et le groupe Canal+ (via C8 à l’époque). Danse avec les Stars reste l’une des locomotives incontestées du samedi soir sur la Une depuis de nombreuses saisons.
À l’opposé, les programmes portés par Cyril Hanouna ont toujours cultivé une identité forte, clivante, très polarisante… et souvent en opposition frontale avec les codes plus policés des grandes chaînes généralistes. Dans ce contexte, laisser un de ses poulains aller « danser » chez le concurrent revenait presque à un acte de reddition symbolique.
Que reste-t-il de cette histoire en 2026 ?
Aujourd’hui, Matthieu Delormeau ne semble pas nourrir la moindre rancune. Bien au contraire : il raconte l’anecdote avec le sourire, presque comme une preuve d’attachement. La menace, aussi violente ait-elle été, est désormais rangée au rayon des souvenirs de guerre d’un milieu qui ne pardonne pas facilement les écarts.
Quant à l’émission Danse avec les Stars, elle continue de faire rêver des centaines de personnalités chaque année. Mais pour certains, le prix à payer pour fouler le parquet mythique reste encore trop élevé… surtout quand le patron s’appelle Cyril Hanouna.
Et vous, seriez-vous prêt à risquer votre place actuelle pour tenter l’aventure ? Ou préférez-vous la sécurité d’une collaboration blindée, même si elle s’accompagne parfois d’un ultimatum sans appel ? Le milieu de la télévision réserve décidément bien des surprises… et des leçons de vie très particulières.
Petite réflexion perso : Dans un monde où tout le monde filme tout, les vraies confidences de plateau deviennent presque des bijoux rares. Celle-ci en fait clairement partie.
À l’heure où les carrières se construisent autant sur les réseaux que sur les plateaux, cette vieille histoire rappelle une vérité simple : dans le PAF, la liberté a souvent un coût. Et parfois, ce coût s’appelle une menace murmurée entre deux portes… mais qui résonne très fort.
Et dire que tout ça a commencé par une simple proposition de valse.









