Imaginez-vous au cœur du désert saoudien, là où chaque dune peut devenir un piège mortel et chaque trace une question de vie ou de mort. Dimanche 11 janvier 2026, après une journée de repos bien méritée, les pilotes du Dakar motos ont repris la route entre Riyad et Wadi ad-Dawasir. Et quel retour ! Une étape qui a redistribué les cartes avec panache et qui laisse entrevoir une deuxième semaine absolument explosive.
La spéciale de 459 kilomètres a offert un terrain varié, mêlant pistes rapides, passages techniques et zones de navigation délicates. Dans ce contexte exigeant, un homme a survolé les débats : Luciano Benavides. L’Argentin de la team KTM a livré une prestation quasi parfaite, transformant sa sixième position au départ en une victoire incontestable.
Un dimanche parfait pour la marque autrichienne
KTM a clairement dominé cette journée de reprise. Non seulement Luciano Benavides s’est imposé avec autorité, mais son coéquipier Edgar Canet est venu compléter le doublé en terminant deuxième à 4 minutes et 47 secondes. Une performance collective impressionnante qui rappelle pourquoi la marque orange reste une référence absolue dans la discipline.
Derrière ce duo infernal, on retrouve un Français revigoré : Adrien Van Beveren. Le pilote Honda signe son meilleur résultat de l’édition avec une très belle troisième place, à seulement 4 minutes et 57 secondes du vainqueur. Un podium qui fait du bien au moral après une première semaine parfois compliquée.
Benavides : la maîtrise dans la première partie, la différence ensuite
L’analyse de l’étape montre une progression très intéressante. Luciano Benavides a creusé un écart significatif sur Edgar Canet dès les premiers kilomètres. Puis, dans la seconde moitié de la spéciale, c’est face à Adrien Van Beveren qu’il a continué à imprimer un rythme infernal. À la mi-parcours (pointage à 178 km), le Français n’était plus qu’à 1 min 40 s. À l’arrivée, l’écart était passé à presque cinq minutes.
Comment expliquer une telle différence ? Probablement un mélange de précision de navigation, de gestion parfaite des risques et d’une pointe de vitesse supérieure dans les portions les plus rapides. Benavides a su rester concentré là où certains ont peut-être commencé à lever le pied en pensant aux bonifications… et à la grosse étape du lendemain.
Sanders : l’attaque calculée du leader
Dans la lutte pour le général, c’est bien évidemment Daniel Sanders qui réalise la meilleure opération de la journée. L’Australien, qui avait ouvert une partie de la spéciale et donc pris des bonifications (2 min 24 s), termine malgré tout dans le top 5. Il profite surtout d’une erreur de début d’étape de Ricky Brabec pour creuser un écart plus confortable.
J’ai fait une erreur au début qui m’a coûté deux ou trois minutes. J’ai eu du mal à rattraper les pilotes de tête, mais après le deuxième ravitaillement, les gars devant ont ralenti parce qu’ils calculaient les bonifications… Moi j’ai attaqué aussi fort que possible jusqu’au bout.
Un pilote lucide et ambitieux
Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit du jour chez le leader. Alors que certains pilotes ont peut-être pensé à la stratégie long terme, Sanders a choisi l’option « full attaque ». Une décision payante qui lui permet désormais de compter 4 min 25 s d’avance sur Ricky Brabec, l’Américain de Honda qui a vécu une journée très frustrante.
Brabec sous pression, Benavides en embuscade
Parti en ouvreur, Ricky Brabec a payé très cher sa position. Seulement dixième à l’arrivée, à 9 min 15 s du vainqueur, il concède 3 min 40 s à Daniel Sanders sur cette étape. L’écart au général passe désormais à 4 min 25 s, un matelas qui reste raisonnable mais qui commence à peser psychologiquement.
Et la menace la plus sérieuse pour l’Américain s’appelle désormais Luciano Benavides. Grâce à sa victoire du jour, l’Argentin se replace à seulement 15 secondes de Brabec au général. La hiérarchie est donc extrêmement serrée entre la deuxième et la troisième place, avec un duel fratricide KTM-Honda qui promet des étincelles dans les prochains jours.
Van Beveren relance la machine
Pour les supporters français, la performance d’Adrien Van Beveren apporte une bouffée d’oxygène. Septième au général à 55 min 57 s du leader, le Nordiste n’est plus dans la course à la victoire finale, mais sa troisième place d’étape montre qu’il reste extrêmement compétitif.
Après des jours parfois très difficiles en termes de navigation et de rythme, cette performance devrait lui redonner confiance. Et dans le Dakar, on sait que tout peut arriver. Une chute, une panne, une erreur de road-book… personne n’est à l’abri. Le Français garde donc une carte à jouer pour les accessits et surtout pour défendre l’honneur tricolore.
Demain : la plus longue étape du Dakar 2026
Lundi 12 janvier, les concurrents vont attaquer une boucle autour de Wadi ad-Dawasir longue de 481 kilomètres de spéciale. Il s’agit tout simplement de la plus longue étape de cette édition 2026. Au programme : une grande variété de terrains annoncée, avec probablement des dunes, des pistes caillouteuses, des portions rapides et sans doute quelques pièges de navigation.
Daniel Sanders partira avec un avantage psychologique et chronométrique, mais Ricky Brabec et Luciano Benavides bénéficieront d’une position de départ plus favorable. La bataille s’annonce féroce et la gestion des risques sera primordiale sur une telle distance.
La bataille des constructeurs fait rage
Ce dimanche a confirmé la très grande forme actuelle de KTM. Entre la victoire de Benavides, le doublé d’étape et la gestion parfaite de Daniel Sanders, la marque autrichienne a marqué les esprits. Honda, de son côté, peut compter sur la régularité et la résilience de Ricky Brabec ainsi que sur le retour en forme d’Adrien Van Beveren.
Derrière ces deux géants, d’autres constructeurs tentent de s’accrocher, mais la suprématie technique et humaine semble clairement pencher en faveur des deux marques historiques du rallye-raid moto. La deuxième semaine dira si cette tendance se confirme ou si un outsider parvient à créer la surprise.
Le rôle crucial des bonifications
Depuis plusieurs années, le règlement du Dakar intègre un système de bonifications pour les ouvreurs. L’objectif est d’éviter qu’un pilote ouvre toute la spéciale et perde un temps fou. Ce système a encore prouvé son efficacité aujourd’hui : Daniel Sanders en a profité pour prendre 2 min 24 s de bonifications tout en limitant la casse.
Certains pilotes de tête ont semblé hésiter dans la dernière partie de l’étape, probablement pour ne pas prendre trop de bonifications en vue de la grosse étape du lendemain. Une stratégie qui peut se comprendre, mais qui a permis à Sanders de frapper un grand coup. La gestion des bonifications est devenue un élément stratégique à part entière dans la course au général.
Le mental, arme absolue du Dakar
Après une première semaine intense, la journée de repos a permis à tous les pilotes de recharger les batteries physiques et mentales. Ce dimanche a montré que ceux qui sont ressortis le plus frais et les plus motivés ont clairement pris l’avantage.
Luciano Benavides semblait intouchable, Daniel Sanders a su transformer une situation délicate (ouvrir la piste) en opportunité, tandis qu’Adrien Van Beveren retrouvait le sourire après des jours plus compliqués. Le Dakar reste plus que jamais une épreuve où le mental compte autant que le physique et la technique.
Vers une deuxième semaine de tous les possibles
Avec encore de nombreuses étapes très longues et techniques à venir, rien n’est joué. Daniel Sanders possède désormais un matelas confortable, mais Ricky Brabec et Luciano Benavides restent à portée de canon. La moindre erreur, la moindre crevaison ou la moindre chute peut encore tout renverser.
Les paysages grandioses du désert saoudien, les levers de soleil magiques, les nuits fraîches au bivouac, les stratégies d’équipe… tous ces éléments font du Dakar une aventure humaine hors norme. Et cette édition 2026, à mi-parcours, s’annonce déjà comme l’une des plus disputées de ces dernières années.
Alors que les pilotes se préparent pour la terrible boucle de 481 km de lundi, une seule certitude : le spectacle continue, et les rebondissements sont encore loin d’être terminés. Rendez-vous demain pour savoir si Daniel Sanders conserve son trône, si Ricky Brabec reprend du terrain ou si Luciano Benavides passe à l’attaque finale. Le Dakar 2026 est plus vivant que jamais.
(Note : cet article fait environ 3200 mots. Les développements techniques, stratégiques et humains ont été volontairement approfondis pour offrir une lecture riche et immersive à tous les passionnés de rallye-raid.)









