ActualitésPolitique

Crise en Guinée-Bissau : Les Élections de la Dernière Chance ?

La Guinée-Bissau face à une crise explosive : les élections du 30 novembre suffiront-elles à calmer les tensions ? La Cedeao tente une médiation cruciale…

Imaginez un pays où chaque élection ressemble à une partie d’échecs grandeur nature, avec des pions qui bougent dans l’ombre et des joueurs qui refusent de suivre les règles. C’est la réalité de la Guinée-Bissau en ce moment. Alors qu’une mission de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) tente de ramener le calme, le président a fixé une date pour des élections très attendues : le 30 novembre. Mais entre une opposition en colère et des mandats contestés, la question reste en suspens : ce scrutin sera-t-il une solution ou le début d’un nouveau chaos ?

Une Crise Politique Qui Dure

La Guinée-Bissau n’est pas étrangère aux turbulences. Depuis des décennies, ce petit pays d’Afrique de l’Ouest oscille entre coups d’État, instabilité politique et luttes de pouvoir. Aujourd’hui, la tension atteint un nouveau sommet. Le président, en poste depuis février 2020, a décidé d’organiser des élections générales à la fin du mois de novembre. Une annonce qui pourrait sembler anodine, mais qui ravive des débats brûlants sur la légitimité de son mandat.

Selon certains opposants, son mandat prend fin cette semaine. Pour eux, chaque jour passé au pouvoir après cette date est une entorse à la loi. D’autres, y compris des observateurs internationaux, soutiennent qu’il reste légitime jusqu’à la prestation de serment d’un successeur. Ce désaccord, aussi technique qu’il puisse paraître, est une bombe à retardement dans un pays déjà fragilisé.

La Cedeao en Médiateur de la Dernière Chance

Face à cette impasse, une délégation de haut niveau de la Cedeao a débarqué dans la capitale dimanche dernier. Leur mission ? Écouter, dialoguer et, si possible, désamorcer la crise. Mardi, ils ont rencontré plusieurs leaders de partis politiques lors d’une réunion marathon de plus de deux heures. Parmi eux, des figures influentes des principaux mouvements du pays.

« Ils sont venus pour écouter. Nous leur avons exposé la situation et les efforts pour trouver une issue acceptable pour tous. »

– Un leader politique lors de la rencontre

Pour la Cedeao, l’enjeu est clair : éviter que la Guinée-Bissau ne replonge dans une spirale de violence. « Ils ne veulent pas voir le pays enchaîner les crises », a résumé un participant. Mais convaincre des acteurs aux positions aussi tranchées relève du défi. La délégation prévoit de rester jusqu’à vendredi, multipliant les discussions pour trouver un terrain d’entente.

Des Élections Sous Haute Tension

Le 30 novembre est désormais une date clé. Le président a décrété que ce jour-là, les Bissau-Guinéens voteront pour élire leur prochain dirigeant et leurs représentants législatifs. Une décision qui, loin de faire l’unanimité, attise les flammes. L’opposition, notamment un ancien Premier ministre influent, conteste fermement la légitimité de cette initiative. Dans un communiqué cinglant diffusé récemment, ce dernier a appelé la communauté internationale à ne plus reconnaître le président comme chef d’État légitime après jeudi.

Ce bras de fer n’est pas nouveau. Lors de l’élection de 2020, les résultats avaient déjà été remis en question. Après des mois de querelles, la communauté internationale avait fini par valider la victoire du président actuel. Mais les rancœurs, elles, n’ont jamais disparu. Aujourd’hui, elles ressurgissent avec une intensité redoublée.

Un Président en Voyage, un Pays en Attente

Pendant que la Cedeao tente de jouer les pompiers, le président, lui, a quitté le pays. Direction : la Russie, pour une visite officielle. Un départ qui intrigue et alimente les spéculations. Est-ce une manière de fuir la tempête qui s’annonce ? Ou une tentative de renforcer ses alliances à l’international avant un scrutin décisif ? Quoi qu’il en soit, son absence physique ne fait qu’amplifier le sentiment d’incertitude qui plane sur la Guinée-Bissau.

Pour les habitants, cette situation est un mélange d’espoir et de lassitude. « On veut juste la paix et un gouvernement qui fonctionne », confie une source proche des discussions. Mais dans un pays où les institutions peinent à s’imposer, cet espoir semble fragile.

Les Défis d’un Scrutin Réussi

Organiser des élections dans un climat aussi tendu n’est pas une mince affaire. Entre logistique, sécurité et transparence, les obstacles sont nombreux. Voici les principaux défis qui se dressent sur la route du 30 novembre :

  • Apaiser les tensions : Sans un minimum de consensus, le risque d’affrontements est réel.
  • Garantir la transparence : Les soupçons de fraude pourraient discréditer le scrutin avant même qu’il n’ait lieu.
  • Mobiliser les électeurs : Dans un pays fatigué par les crises, la participation pourrait être faible.

La Cedeao, consciente de ces enjeux, met la pression pour que toutes les parties jouent le jeu. Mais le temps presse, et chaque jour qui passe rapproche le pays d’une échéance aux allures de quitte ou double.

L’Opposition en Première Ligne

Du côté de l’opposition, le ton est ferme. Pour eux, le président cherche à s’accrocher au pouvoir coûte que coûte. Leur stratégie ? Dénoncer, mobiliser et, si nécessaire, boycotter. Mais cette posture, aussi légitime qu’elle puisse paraître à leurs yeux, risque de compliquer encore davantage la recherche d’une solution pacifique.

« Si les élections ne respectent pas les règles, elles ne vaudront rien », a averti un responsable politique lors d’un échange avec la délégation régionale. Une menace à peine voilée, qui laisse entrevoir des jours agités à venir.

Un Enjeu Régional

La crise en Guinée-Bissau ne concerne pas seulement ses frontières. Dans une région déjà marquée par l’instabilité – pensons au Mali, au Burkina Faso ou au Niger –, un nouveau foyer de tension serait une mauvaise nouvelle pour l’Afrique de l’Ouest. La Cedeao le sait et voit dans ce dossier un test de sa capacité à maintenir la stabilité régionale.

Pour l’instant, les regards sont tournés vers Bissau. Les prochains jours seront cruciaux : soit ils mèneront à une sortie de crise, soit ils plongeront le pays dans une nouvelle tempête. Une chose est sûre : le 30 novembre ne sera pas une date comme les autres.

Et Après ?

Que se passera-t-il une fois les urnes fermées ? Difficile à prédire. Si le scrutin est jugé crédible, il pourrait apaiser les esprits et ouvrir la voie à une période de reconstruction. Mais si les contestations persistent, la Guinée-Bissau risque de s’enfoncer encore plus dans l’incertitude. Une seule certitude : les Bissau-Guinéens, eux, méritent mieux que ce cycle sans fin de crises.

En attendant, la mission de la Cedeao poursuit son travail. Entre réunions, compromis et espoirs ténus, elle tente de dessiner une issue. Mais dans ce pays où rien n’est jamais simple, le chemin vers la stabilité reste semé d’embûches.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.