Aux États-Unis, la nouvelle formule de la Coupe du Monde des Clubs peine à susciter les passions. L’Inter Miami, qualifié de manière controversée, devait être le fer de lance de l’engouement, porté par la présence de sa méga-star Lionel Messi. Pourtant, à quelques mois du coup d’envoi, l’enthousiasme est pour le moins timide du côté de la Major League Soccer et des supporters.
Une invitation polémique de l’Inter Miami
En octobre dernier, la FIFA annonçait de manière surprise que l’Inter Miami de David Beckham serait l’équipe américaine invitée à participer à la prochaine édition de la Coupe du Monde des Clubs, aux côtés des champions continentaux. Un choix qui a immédiatement fait polémique. « Le critère de sélection, ce sera l’équipe avec le plus de rose sur le maillot » aurait ironisé une source au sein de la MLS selon The Athletic, en référence à la tenue de la franchise floridienne.
Pourtant, sportivement, l’Inter Miami n’avait pas de légitimité particulière pour recevoir cette invitation. La jeune franchise, créée en 2020, n’a encore jamais remporté le championnat nord-américain. La présence dans son effectif de Lionel Messi depuis l’été 2023, arrivé en grande pompe en provenance du PSG, a sans doute pesé lourd dans la décision des instances.
Le casse-tête du calendrier
Au-delà des critiques sur le choix de l’équipe, c’est le format et le calendrier de cette nouvelle Coupe du Monde des Clubs qui posent question. Étalée sur près d’un mois en pleine trêve estivale, la compétition risque de perturber sérieusement la préparation des internationaux, à un an de la Coupe du Monde 2026 organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
C’est une aberration de placer cette compétition à ce moment-là. Les joueurs ont besoin de souffler, de récupérer, pas d’enchaîner les matches à haute intensité.
Un dirigeant de la MLS
D’après nos informations, plusieurs cadres de sélections sud-américaines et européennes auraient déjà fait part de leurs réticences à leur club quant à leur participation. Un casse-tête en perspective pour les entraîneurs, pris en étau entre les exigences de la FIFA et la volonté de préserver leurs troupes.
La concurrence de la Gold Cup
À ce manque d’enthousiasme des acteurs s’ajoute la concurrence d’un autre événement footballistique majeur programmé quasiment aux mêmes dates : la Gold Cup 2024, le championnat continental de la CONCACAF. La 17ème édition de cette compétition populaire réunissant les nations d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes se tiendra du 20 juin au 14 juillet aux États-Unis.
Pour de nombreux supporters américains mais aussi mexicains, costaricains ou honduriens, il n’y a pas photo. « Entre voir Messi évoluer avec l’Inter Miami face au champion d’Asie et supporter Team USA contre le Mexique, le choix sera vite fait. On regardera la Gold Cup ! » nous confie Mike, un fan de soccer de Portland.
Un lourd défi économique et sportif
Face à cette concurrence de calendrier, les clubs participants à la Coupe du Monde des Clubs version 2024 risquent d’avoir du mal à remplir les stades et à attirer des diffuseurs. Un vrai défi économique, alors que la FIFA espère dégager d’importants bénéfices de sa compétition réformée.
Même avec la présence de Lionel Messi, l’aspect sportif semble relégué au second plan. Pour son édition inaugurale, cette nouvelle Coupe du Monde des Clubs doit avant tout assurer sa viabilité et son attractivité. Faute d’engouement populaire et de légitimité sportive, elle risque de rester une compétition anecdotique. Un sacré pari pour la FIFA et le soccer business américain !