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Corée du Sud: le président Yoon survit de peu à une destitution

Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol échappe de justesse à une motion de destitution, mais son ancien ministre de la Défense a été arrêté. La Corée du Sud plonge dans une crise politique majeure après la proclamation avortée de la loi martiale. Que va-t-il se passer maintenant ?

La Corée du Sud traverse une crise politique majeure après les événements tumultueux qui ont secoué le pays ces derniers jours. Au cœur de la tempête : le président Yoon Suk Yeol, qui a survécu de justesse à une motion de destitution, et son ancien ministre de la Défense, arrêté pour son rôle dans la proclamation controversée de la loi martiale.

Le président Yoon temporairement sauvé

Samedi, le parlement sud-coréen a voté sur une motion visant à destituer le président Yoon Suk Yeol, 63 ans, suite à sa décision choc de déclarer la loi martiale dans le pays. Mais le parti du pouvoir, le PPP, a boycotté le scrutin, le rendant invalide faute du quorum nécessaire de 200 députés. Seuls 195 élus ont participé.

Le PPP a justifié ce blocage en disant vouloir « éviter une grave fracture et le chaos », et a assuré avoir obtenu de M. Yoon la promesse qu’il se retire. En attendant sa démission effective, le Premier ministre et le PPP assureront l’intérim. Mais l’opposition ne désarme pas et promet de continuer à se battre pour obtenir le départ du président, désormais considéré comme « politiquement mort ».

L’ex-ministre de la Défense arrêté

Si le président a échappé à la destitution, son ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun n’a pas eu cette chance. Considéré comme l’un des principaux artisans de la proclamation de la loi martiale, il a été arrêté et placé en détention dimanche matin après s’être présenté de lui-même aux autorités.

Son téléphone portable a été confisqué et il était aussi sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire. La police a également ouvert une enquête contre Yoon Suk Yeol pour « rébellion », ajoutant à la pression sur le président affaibli.

Un « désespoir présidentiel » face à l’opposition

Yoon Suk Yeol a tenté de s’expliquer samedi matin dans une allocution télévisée, présentant ses excuses pour avoir déclaré la loi martiale. Il a invoqué son « désespoir en tant que président », alors que le Parlement dominé par l’opposition bloquait toutes ses initiatives.

« J’ai causé de l’anxiété et des désagréments au public. Je présente mes excuses sincères »

a déclaré le président sud-coréen en s’inclinant devant les téléspectateurs.

Mais ces excuses n’ont pas suffi à apaiser la colère de la rue. Près de 150 000 manifestants, selon la police, se sont massés devant le Parlement samedi pour exiger la démission de Yoon Suk Yeol. Les organisateurs ont même revendiqué une participation d’un million de personnes.

Une crise politique partie pour durer

L’échec de la motion de destitution ne signe pas la fin de la crise, bien au contraire. Comme l’analyse Vladimir Tikhonov, professeur d’études coréennes à l’université d’Oslo, cela « implique une crise politique de plus longue durée ».

« Nous aurons un président politiquement mort, tout simplement incapable de gouverner une seconde de plus, et des centaines de milliers de personnes dans les rues chaque semaine jusqu’à ce que Yoon soit remplacé. »

prédit l’expert.

L’opposition, menée par Lee Jae-myung, promet ainsi de continuer le combat « coûte que coûte » pour obtenir le départ de celui qu’elle considère comme « le plus grand danger pour la Corée du Sud ». De son côté, le PPP va devoir gérer l’après-Yoon et l’intérim dans un contexte de défiance exacerbée.

Cette grave crise institutionnelle et politique plonge la 10e économie mondiale dans une période d’instabilité et d’incertitude, alors que les défis régionaux et internationaux s’accumulent, entre menaces nord-coréennes et rivalités sino-américaines. La jeune démocratie sud-coréenne affronte l’un de ses plus grands tests depuis son avènement il y a 35 ans.

Si le président a échappé à la destitution, son ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun n’a pas eu cette chance. Considéré comme l’un des principaux artisans de la proclamation de la loi martiale, il a été arrêté et placé en détention dimanche matin après s’être présenté de lui-même aux autorités.

Son téléphone portable a été confisqué et il était aussi sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire. La police a également ouvert une enquête contre Yoon Suk Yeol pour « rébellion », ajoutant à la pression sur le président affaibli.

Un « désespoir présidentiel » face à l’opposition

Yoon Suk Yeol a tenté de s’expliquer samedi matin dans une allocution télévisée, présentant ses excuses pour avoir déclaré la loi martiale. Il a invoqué son « désespoir en tant que président », alors que le Parlement dominé par l’opposition bloquait toutes ses initiatives.

« J’ai causé de l’anxiété et des désagréments au public. Je présente mes excuses sincères »

a déclaré le président sud-coréen en s’inclinant devant les téléspectateurs.

Mais ces excuses n’ont pas suffi à apaiser la colère de la rue. Près de 150 000 manifestants, selon la police, se sont massés devant le Parlement samedi pour exiger la démission de Yoon Suk Yeol. Les organisateurs ont même revendiqué une participation d’un million de personnes.

Une crise politique partie pour durer

L’échec de la motion de destitution ne signe pas la fin de la crise, bien au contraire. Comme l’analyse Vladimir Tikhonov, professeur d’études coréennes à l’université d’Oslo, cela « implique une crise politique de plus longue durée ».

« Nous aurons un président politiquement mort, tout simplement incapable de gouverner une seconde de plus, et des centaines de milliers de personnes dans les rues chaque semaine jusqu’à ce que Yoon soit remplacé. »

prédit l’expert.

L’opposition, menée par Lee Jae-myung, promet ainsi de continuer le combat « coûte que coûte » pour obtenir le départ de celui qu’elle considère comme « le plus grand danger pour la Corée du Sud ». De son côté, le PPP va devoir gérer l’après-Yoon et l’intérim dans un contexte de défiance exacerbée.

Cette grave crise institutionnelle et politique plonge la 10e économie mondiale dans une période d’instabilité et d’incertitude, alors que les défis régionaux et internationaux s’accumulent, entre menaces nord-coréennes et rivalités sino-américaines. La jeune démocratie sud-coréenne affronte l’un de ses plus grands tests depuis son avènement il y a 35 ans.

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