Quatre jours après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, les réactions continuent d’affluer des quatre coins du globe. Si le spectacle grandiose imaginé par Thomas Jolly a séduit et ému une large part des téléspectateurs, il a aussi suscité de vives controverses dans certains pays. Retour sur une soirée qui ne laisse décidément personne indifférent.
De la Chine à la Turquie, des réactions contrastées
D’un côté, la cérémonie a rencontré un franc succès populaire en Chine. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont été nombreux à s’enthousiasmer pour la prestation de Philippe Katerine, surnommé « l’artiste Schtroumpf » en raison de son costume bleu pailleté. Les scènes présentant des couples homosexuels n’ont d’ailleurs pas été censurées par les autorités, fait suffisamment rare pour être souligné.
À l’inverse, dans plusieurs pays à majorité musulmane, des responsables religieux ont vivement critiqué certains tableaux du spectacle, y voyant une attaque contre leurs valeurs. C’est le cas en Turquie, où le président Recep Tayyip Erdoğan a affirmé avoir été dissuadé de se rendre à la cérémonie par sa petite-fille, scandalisée par des images vues sur Instagram. En Égypte, l’institution sunnite al-Azhar a condamné des « scènes d’irrespect envers le Christ » et une « promotion de l’homosexualité ».
Donald Trump dénonce « une honte », les évêques français déplorent des « outrances »
Les critiques sont également venues d’Occident. Aux États-Unis, l’ancien président Donald Trump, en campagne pour 2024, a jugé sur Fox News que le spectacle était « une honte », s’offusquant notamment des drag-queens présentes lors d’un défilé. En France, la Conférence des évêques a regretté « l’outrance et la provocation » de certains passages, dont des « scènes de dérision et de moquerie du christianisme ».
Face à ces réactions, les créateurs de la cérémonie ont tenu à répondre. Thomas Jolly a assuré n’avoir eu « aucune volonté de moquerie » et avoir simplement voulu faire « une grande fête païenne ». L’historien Patrick Boucheron, qui a participé à l’écriture, a défendu un spectacle conçu comme « un manifeste contre la peur ».
Au-delà des clivages, un show qui marque les esprits
Malgré les polémiques, force est de constater que cette cérémonie d’ouverture ne ressemblait à aucune autre. Par son ambition artistique, ses partis-pris audacieux et sa volonté d’embrasser la diversité du monde, elle a marqué les esprits et suscité le débat bien au-delà du sport.
Certains y verront un dangereux mélange des genres, d’autres un vent de fraîcheur et de modernité sur l’olympisme. Une chose est sûre : en faisant le pari de bousculer les codes et de s’adresser à tous les publics, Paris 2024 est parvenu à capter l’attention de la planète entière. Reste à savoir si les prochaines cérémonies, celles des Jeux d’hiver de Milan-Cortina en 2026 et des JO de Los Angeles en 2028, oseront à leur tour sortir des sentiers battus.