Imaginez-vous flâner dans les couloirs majestueux de l’Hôtel de Ville de Paris, et tomber sur une plaque en marbre gravée de lettres dorées. Soudain, un détail saute aux yeux : des points médians qui transforment « conseillers » en « conseiller·e·s ». Ce n’est pas une fantaisie passagère, mais une réalité qui vient d’être confortée par la plus haute juridiction administrative française.
Une Décision Qui Fait Date dans le Débat sur la Langue
En ce début d’année 2026, le Conseil d’État a rendu une décision qui ne passe pas inaperçue. Pour la première fois, il valide explicitement l’utilisation de l’écriture inclusive – y compris le fameux point médian – sur des supports publics comme des plaques commémoratives. Cette affaire concerne précisément la Ville de Paris, qui avait choisi cette graphie pour honorer ses anciens élus.
Le contexte remonte à plusieurs années. Des plaques installées dans l’Hôtel de Ville rendaient hommage aux présidents du Conseil de Paris et aux conseillers ayant accompli plus de vingt-cinq ans de mandat. Lors d’une actualisation, la municipalité a opté pour des formulations comme « président·e·s » et « conseiller·e·s ». Une association de défense de la langue française traditionnelle s’est alors émue, demandant le retrait de ces inscriptions au motif qu’elles dénaturaient le français.
Mais les juges, après un parcours contentieux passant par le tribunal administratif puis la cour d’appel, ont tranché autrement. En refusant d’admettre le pourvoi, le Conseil d’État entérine le constat : cette forme d’écriture relève bien de la langue française. Elle n’est pas une altération étrangère, mais une évolution acceptable.
Qu’est-ce Que l’Écriture Inclusive, Au Juste ?
Pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents, rappelons les bases. L’écriture inclusive vise à rendre visible le féminin dans la langue, traditionnellement dominée par le masculin générique. Ses outils principaux sont :
- La double flexion : écrire « les Français et les Françaises »
- Le point médian : ce petit point qui permet d’abréger, comme dans « citoyen·ne·s »
- Des formulations neutres : préférer « les droits humains » à « les droits de l’homme »
Promue par certains milieux féministes et progressistes, elle est défendue comme un moyen de lutter contre les stéréotypes de genre. Mais elle cristallise aussi les oppositions, accusée de compliquer la lecture et de fracturer l’unité de la langue.
Dans le cas parisien, c’est bien le point médian qui était en cause. Et le Conseil d’État, en validant son usage sur ces plaques, pose un jalon important : cette graphie n’est pas exclue du français légitime, même dans l’espace public.
Le Parcours Judiciaire : Des Tribunaux à la Plus Haute Instance
L’histoire commence avec une demande de retrait adressée à la maire de Paris. Face au silence, une décision implicite de rejet naît, attaquée devant le tribunal administratif. Celui-ci rejette la requête, estimant que rien n’interdit cette forme d’écriture.
En appel, la cour administrative confirme : l’écriture inclusive avec point médian est du français, et son emploi ne constitue pas une prise de position idéologique excessive. Enfin, le Conseil d’État, saisi en cassation, refuse d’admettre le pourvoi. Le moyen critiquant le caractère français de cette graphie est jugé non sérieux.
Cette non-admission équivaut à une validation définitive. Pour la première fois, la juridiction suprême administrative reconnaît explicitement que l’écriture inclusive fait partie de notre langue. Un tournant, quand on sait que d’autres décisions passées interdisaient son usage dans certains contextes administratifs ou éducatifs.
« L’écriture dite « inclusive » ne saurait être regardée comme l’usage d’une autre langue que le français. »
Extrait des motifs retenus par la jurisprudence
Cette citation, issue des étapes précédentes et non contredite en cassation, résume l’esprit de la décision.
Les Arguments des Deux Camps
Les partisans de l’écriture inclusive y voient une avancée nécessaire. Dans une société qui prône l’égalité entre femmes et hommes, pourquoi la langue resterait-elle figée sur des règles héritées d’un passé masculin dominant ? Le point médian permet, disent-ils, une visibilité immédiate du féminin sans alourdir les textes.
Ils soulignent aussi que la langue évolue constamment. Des mots nouveaux entrent chaque année dans les dictionnaires. Pourquoi refuser cette innovation graphique qui promeut l’inclusion ?
À l’opposé, les critiques sont virulents. L’Académie française, gardienne des usages, a qualifié cette pratique d' »aberration » mettant en péril la langue. Le point médian rend la lecture plus difficile, surtout pour les personnes dyslexiques ou apprenant le français.
Des circulaires gouvernementales ont même interdit son usage dans les textes officiels publiés au Journal officiel, pour des raisons de clarté et d’intelligibilité. Et dans l’éducation, son enseignement est proscrit pour ne pas compliquer l’acquisition des bases grammaticales.
Mais la décision du Conseil d’État nuance ce paysage : si l’État peut l’interdire dans sa sphère, les collectivités locales conservent une liberté d’usage.
Les Conséquences pour l’Avenir
Cette validation ouvre la voie à une généralisation ? Pas nécessairement. Elle concerne des plaques commémoratives, supports statiques et symboliques. Dans les documents administratifs courants, les règles de clarté pourraient encore primer.
Toutefois, pour les villes et régions souhaitant adopter cette graphie dans leurs communications ou signalétiques, l’argument juridique d’illégalité tombe. D’autres municipalités pourraient suivre l’exemple parisien.
Sur le plan sociétal, le débat est relancé. Va-t-on vers une langue plus inclusive au quotidien ? Ou cette décision va-t-elle galvaniser les opposants, menant à de nouvelles initiatives législatives pour l’encadrer ?
- Une reconnaissance juridique de l’évolution linguistique
- Une liberté accrue pour les collectivités
- Un clivage persistant dans l’opinion publique
En attendant, ces plaques parisiennes restent en place, gravées non seulement dans le marbre, mais désormais dans la jurisprudence.
Et l’Académie Française Dans Tout Ça ?
L’institution immortelle a souvent tonné contre l’écriture inclusive. Ses déclarations passées parlent de « péril mortel » pour le français. Mais la justice administrative rappelle que l’Académie n’a pas force de loi. Ses avis sont respectables, mais non contraignants.
Le Conseil d’État, en validant cette graphie, affirme implicitement la primauté du droit sur les recommandations académiques en matière d’usage public.
Cela n’empêche pas le débat culturel de continuer. La langue est vivante, et son évolution se nourrit de tensions créatrices.
Comparaison Avec d’Autres Décisions Récentes
Pour bien mesurer l’impact, regardons d’autres cas. Dans l’éducation, une circulaire interdit le point médian à l’école, jugée légale par le Conseil d’État pour faciliter l’apprentissage.
Dans certains règlements universitaires, son usage excessif a été annulé pour manque de clarté. Mais pour des plaques symboliques, la liberté prévaut.
| Contexte | Décision | Motif principal |
|---|---|---|
| Textes officiels (JO) | Interdiction | Clarté et intelligibilité |
| Enseignement scolaire | Interdiction | Facilité d’acquisition |
| Plaques commémoratives | Autorisation | Relève du français, pas idéologique |
Ce tableau montre la nuance : pas de blanc ou noir, mais des contextes variés.
Vers Une Langue Plus Inclusive ? Perspectives
À long terme, cette décision pourrait influencer les pratiques. Des entreprises, associations ou médias pourraient se sentir plus libres d’adopter ces formes.
Mais la résistance reste forte. Beaucoup préfèrent la féminisation classique : accorder au féminin quand nécessaire, sans points médians. Une approche jugée suffisante pour l’égalité.
Le français, langue de Molière et de Voltaire, continue son chemin. Entre tradition et modernité, il s’adapte, parfois dans la douleur.
Cette affaire des plaques parisiennes n’est qu’un épisode. Mais un épisode qui grave dans le droit une possibilité nouvelle. Reste à voir si la société saura l’embrasser ou la contourner.
En définitive, la langue appartient à ses locuteurs. Et aujourd’hui, le Conseil d’État leur rappelle qu’elle peut évoluer, même avec des points inattendus.
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