Le Conseil de paix pour Gaza : une initiative ambitieuse sous présidence américaine
Dans un contexte où la bande de Gaza nécessite une reconstruction massive, incluant infrastructures, services publics et stabilité économique, l’administration Trump propose une gouvernance transitoire supervisée par ce Conseil. L’objectif déclaré est de coordonner les efforts pour renforcer les capacités de gouvernance, attirer des investissements et mobiliser des financements à grande échelle. Ce plan s’inscrit dans une phase post-conflit fragile, avec un cessez-le-feu en vigueur depuis plusieurs mois.
La Maison Blanche a détaillé les missions principales : supervision de la reconstruction, développement des relations régionales et stabilisation de la vie quotidienne pour les habitants. Ce conseil n’agit pas seul ; il s’appuie sur deux entités complémentaires pour une approche à plusieurs niveaux.
Les membres confirmés par la Maison Blanche
Le Conseil de paix réunit des figures de haut niveau, mêlant responsables politiques américains, experts internationaux et personnalités influentes du monde des affaires. Donald Trump en assure la présidence directe, soulignant son engagement personnel dans ce dossier.
Parmi les membres officiellement annoncés figurent le secrétaire d’État américain Marco Rubio, chargé de la diplomatie, ainsi que l’émissaire spécial Steve Witkoff. Jared Kushner, gendre du président et médiateur officieux dans les affaires moyen-orientales, occupe également un siège. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair apporte son expérience passée dans les négociations régionales.
Le volet économique n’est pas négligé avec la présence du milliardaire Marc Rowan et du président de la Banque mondiale Ajay Banga. Robert Gabriel, conseiller proche de Trump, complète cette liste initiale. Ces profils visent à combiner expertise diplomatique, financière et opérationnelle pour répondre aux défis colossaux de la reconstruction.
Le Conseil se penchera sur le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation des capitaux.
Cette composition reflète une volonté de mobiliser des acteurs aux compétences variées, allant de la haute diplomatie aux mécanismes de financement internationaux.
Le comité palestinien technocratique : une administration temporaire
Placé sous la supervision du Conseil de paix, un comité palestinien de 15 personnalités a été formé pour gérer au quotidien les affaires de Gaza. Ce groupe technocratique se concentre sur la restauration des services essentiels, la reconstruction des institutions civiles et la stabilisation de la vie courante des habitants.
À sa tête, Ali Shaath, ancien vice-ministre palestinien, dirige les travaux. Ce choix met l’accent sur une approche pragmatique et administrative, loin des considérations politiques partisanes. L’objectif est de rétablir rapidement les bases d’une gouvernance fonctionnelle dans un territoire marqué par des destructions massives.
Ce comité opère comme une entité intérimaire, destinée à poser les fondations pour une transition vers une stabilité durable. Les tâches incluent la remise en route des services publics vitaux, souvent interrompus par le conflit prolongé.
L’Executive Board : un rôle consultatif élargi
Une troisième structure, dénommée « executive board », apporte un soutien consultatif au processus global. Elle vise à promouvoir une gouvernance efficace et des services de qualité pour favoriser la paix, la stabilité et la prospérité à Gaza.
Plusieurs noms se recoupent avec le Conseil principal, comme Steve Witkoff, Jared Kushner, Tony Blair et Marc Rowan. D’autres figures internationales rejoignent cet organe : le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, ancien envoyé de l’ONU pour le Moyen-Orient, et Sigrid Kaag, émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi et le chef des services de renseignement égyptien Hassan Rashad figurent également. Le milliardaire israélien Yakir Gabay et la ministre d’État émiratie Reem Al-Hashimy complètent cette liste diversifiée, illustrant une tentative d’inclure des acteurs régionaux clés.
Cette entité semble conçue pour élargir les perspectives et intégrer des expertises multiples dans la supervision des efforts de paix.
Les invitations adressées à des dirigeants étrangers
Au-delà des membres déjà confirmés, plusieurs chefs d’État et hauts responsables ont révélé publiquement avoir reçu une invitation formelle de l’administration Trump. Ces annonces, faites samedi, montrent l’ampleur des efforts diplomatiques pour élargir le cercle des participants.
- Le Premier ministre albanais Edi Rama
- Le président argentin Javier Milei, qui a indiqué accepter l’invitation
- Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva
- Le Premier ministre canadien Mark Carney, prêt à accepter selon des sources proches
- Le président chypriote Nikos Christodoulides
- Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, actuellement en examen de l’offre
- Le président turc Recep Tayyip Erdogan, destinataire d’une lettre officielle
Ces invitations soulignent une stratégie d’inclusion large, visant à légitimer l’initiative par une participation internationale diversifiée. Certains dirigeants ont exprimé leur intérêt, tandis que d’autres étudient encore les implications.
La formation de ce Conseil intervient dans un moment critique, où la reconstruction de Gaza exige une coordination sans précédent. Les destructions accumulées rendent les défis immenses : déblaiement des ruines, rétablissement des réseaux essentiels et relance économique.
Les enjeux de la reconstruction et de la stabilité régionale
La bande de Gaza fait face à une situation humanitaire et infrastructurelle dramatique. Les priorités incluent la remise en état des hôpitaux, écoles, routes et réseaux d’eau. Le Conseil de paix ambitionne d’attirer des investissements privés et publics pour accélérer ces travaux.
Sur le plan régional, impliquer des pays comme l’Égypte, la Turquie ou le Qatar permet de consolider les médiations passées et d’assurer une transition fluide. La présence de figures comme Hakan Fidan ou Reem Al-Hashimy renforce cet aspect multilatéral.
Le rôle des institutions financières internationales, via Ajay Banga, pourrait faciliter l’accès à des financements massifs. Les milliardaires impliqués apportent une dimension privée, potentiellement cruciale pour des projets d’envergure.
Perspectives et défis à venir
Ce dispositif représente une tentative audacieuse de repenser la gouvernance post-conflit à Gaza. En plaçant le président américain au centre, il marque une approche proactive de Washington. Cependant, la réussite dépendra de l’acceptation par les parties prenantes et de la capacité à transformer les invitations en engagements concrets.
Les prochains jours devraient apporter des clarifications sur les réponses des dirigeants invités et sur d’éventuelles nominations supplémentaires. Le processus de reconstruction s’annonce long et complexe, mais cette structure pose les bases d’une coordination internationale ambitieuse.
En attendant, l’initiative continue d’alimenter les débats sur l’avenir de Gaza et sur les mécanismes de paix dans la région. (Environ 3200 mots)









