L’attaque de Qusra : un récit minute par minute
Les faits sont accablants. Des militants se trouvent sur place quand une jeep surgit à grande vitesse. Quatre hommes masqués en descendent, armés de bâtons. La scène bascule en quelques secondes. Des voix hurlent « non, s’il vous plaît, non ». Les coups pleuvent. Les assaillants repartent. Deux victimes restent à terre, l’une immobile, du sang coulant du crâne.
La vidéo, tournée par un témoin, circule rapidement. Elle montre sans filtre la soudaineté et la sauvagerie de l’agression. Les secours arrivent, les blessés sont héliportés. L’hôpital israélien devient le théâtre d’une course contre la montre pour sauver ces deux hommes.
Réactions officielles et présidentielles
Très vite, le président Isaac Herzog s’exprime publiquement. Il condamne fermement ces violences qui, dit-il, contrastent avec les principes de l’État d’Israël. Il évoque une série d’événements récents inacceptables, nuisibles à la fois à la colonisation et à l’image internationale du pays.
Ce grave incident s’ajoute à une série d’événements récents inacceptables, qui nuisent avant tout à l’entreprise de colonisation de la Cisjordanie et à la réputation d’Israël.
Ces mots traduisent une inquiétude stratégique : ces actes radicaux risquent de discréditer l’ensemble du projet de colonisation aux yeux du monde.
Dénonciations fortes des ONG israéliennes
B’Tselem, organisation israélienne dédiée aux droits humains dans les territoires occupés, parle sans détour de violence d’État. Pour elle, ces attaques s’inscrivent dans une politique globale soutenue par les autorités, visant à parachever la mainmise sur les terres palestiniennes via un système d’apartheid.
Les attaques déchaînées menées par des colons dans l’ensemble de la Cisjordanie constituent une violence d’État. Elles sont menées avec le plein appui, la participation et l’aide des autorités étatiques, dans le cadre de la stratégie du régime d’apartheid israélien.
De son côté, l’association Rabbins pour les droits de l’Homme emploie le terme de terrorisme juif. Son directeur appelle la société israélienne à se réveiller pour enrayer ce phénomène qu’il juge endémique.
Le sang de nos amis pacifistes est sur les mains de ceux qui soutiennent et financent le terrorisme juif, soit directement, soit par le biais du gouvernement, soit en fermant les yeux.
Un climat de violence croissante en Cisjordanie
Cet incident s’ajoute à une longue liste. Depuis des mois, les attaques de colons radicaux augmentent. Encouragées par certains discours politiques extrêmes, elles visent Palestiniens mais aussi Israéliens pacifistes. L’ONU parle d’annexion rampante, soulignant les déplacements forcés et les destructions.
L’armée, qui contrôle le territoire depuis 1967, annonce des recherches pour retrouver les suspects. Mais la récurrence des faits pose question sur l’efficacité réelle des enquêtes et sur l’ampleur de l’impunité.
Impacts profonds et avenir incertain
Ces violences touchent des civils engagés pour la paix. Elles installent la peur, brisent la confiance et compliquent tout dialogue. La société israélienne se retrouve confrontée à un miroir troublant : jusqu’où ira cette radicalisation ?
Les appels à la raison se multiplient. Mais tant que les actes ne sont pas sanctionnés fermement, le risque d’escalade persiste. Qusra pourrait devenir un symbole : celui d’une dérive qu’il est encore temps d’enrayer, ou d’un point de non-retour.
La question reste ouverte : la société israélienne saura-t-elle répondre à ces appels internes avant que la spirale ne devienne incontrôlable ? L’histoire récente montre que chaque incident compte. Celui-ci, par sa visibilité et ses échos, pourrait peser lourd dans la balance.









